Vous êtes ici › Les groupes / artistesZJohn Zorn › Masada Anniversary Edition Vol. 5: Masada Rock

John Zorn › Masada Anniversary Edition Vol. 5: Masada Rock

  • 2005 • Tzadik TZ 8103 • 1 CD

cd • 10 titres • 47:54 min

  • 1Bahir4:08
  • 2Makom5:19
  • 3Zidon4:39
  • 4Shadrakh4:57
  • 5Chorek4:58
  • 6Anakim5:16
  • 7Zemanim3:45
  • 8Ahavah3:24
  • 9Arad3:01
  • 10Terumah8:27

enregistrement

Enregistré le 4 et 6 Avril 2005 à Frank Booth, Brooklyn, NYC, USA.

line up

Shanir Ezra Blumenkranz (basse électrique, oud), Jon Madof (guitare), Mathias Künzli (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Rashanim, Marc Ribot (guitare 1, 4)

remarques

design : Heung-Heung Chin. Peinture : Karen Liebowitz

chronique

Styles
jazz
rock
Styles personnels
masada jazz-rock

Avec le dernier opus de la série spéciale anniversaire de Masada, John Zorn vient conclure les enregistrements de son premier livre de mélodies, celui composé à la base pour son fameux quartet, le magique. De justesse, alors que la série sur le deuxième livre de Masada, le Book of Angels, vient déjà de débuter sur le même mode, à savoir une formation/artiste par album. D’ailleurs ce Masada Rock pourrait tout aussi bien en faire partie, aucun des morceaux présents ici n’ayant par ailleurs été enregistré auparavant. L’effet de délicieuse familiarité ne jouant pas cette fois, il n’en reste pas moins qu’un thème de Masada reste un thème de Masada, et par ce truisme il s’agit moins de dire qu’un thème en vaut bien un autre et qu’ils se ressemblent tous un peu que de souligner la constante qualité du travail de Zorn sur ce qui restera sans doute sa plus grande oeuvre. Masada, c’est beau, quelque soient les interprètes. Ce cinquième et dernier (le der des ders, c’est juré) album est ainsi dévolu à Rashanim, trio déjà présent dans deux autres volumes (c’est dire qu’ils ont bien marqué le coup) et livrant une interprétation des plus enthousiasmantes et aussi, et ça n’est pas toujours le cas avec la famille élargie de Zorn, des plus accessibles. Rock, pas si sur, même si il s’agit bien d’un power trio électrifié guitare/basse/batterie, la base, mais fusion sans aucun doute. Avec l’ami Marc Ribot en invité de marque qui ramène ses riffs surf à gogo sur un premier titre qui ouvre le bal sur du bien groovy, du jazz-rock hébraïque pour twister à Tel-Aviv. Ribot se case aussi sur le très méxicali « Shadrak » où les guitares acoustiques en duo (pas en duel) font montre de merveille de délicatesses ensoleillées.

Et donc sinon, Rashanim en tant que tel ? Du Masada qui rocks bien comme il faut, en conservant une approche jazz bien sûr, avec de l’espace pour développer les improvisations pas seulement à la guitare, le bassiste Shanir Ezra Blumenkranz (un nom à retenir dans la galaxie zornienne, en général si ce particulier est présent c’est toujours très bon signe) apportant parfois une touche orientale plus littérale au son du oud, en sus des circonvolutions expressives et toujours mélodiques de Madof, qui n’hésite pas à faire rugir quelques soli dissonants au passage. En bon album de Masada, on y trouve toutes les ambiances du livre, sans jamais cependant tomber dans ses accès de violence ou d’atonalité, c’est du Masada cool. Pas juste laid-back comme le plus acoustique « Anakim » avec son solo de basse (à la sonorité si pleine de rondeur) bien rêveur, mais simplement très généreusement accueillant pour ceux qui trouveraient l’univers de Zorn un peu intimidant, voire pour les rétifs au quatuor free-jazz-klezmer original (idée presque impensable, mais il y en a surement). Quand il s’agit de faire péter du décibel, comme sur « Zamanim », Rashanim évoquerait presque un rock stoner-doomy aux saveurs moyen-orientales, avec du riff bien huileux et une basse qui fait vrombir la mezouzah du voisin. Avec de magnifiques touches de mélancolie, magistral « Ahavah » déjà envoutant avant même l’arrivé du oud qui l’emporte alors loin vers d’autres paysages. Masada Rock, c’est donc le dernier voyage au pays du premier livre, dans ses recoins les plus mystérieux et inconnus, préfaçant ainsi d’abord les trente-deux volumes du Book of Angels, puis les onze volumes du Book Beri’ah. Moins la fin d’un voyage en fait que le début d’une Odyssée. Et si jamais il n’y a personne pour vous en raconter l’histoire chapitre après chapitre, permettez-moi de vous la résumer de la façon la plus triviale qui soit, les mots n’étant pas toujours des plus faciles à trouver : Masada, c’est trop bien.

note       Publiée le mardi 6 juillet 2021

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Masada Anniversary Edition Vol. 5: Masada Rock".

notes

Note moyenne        1 vote

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Masada Anniversary Edition Vol. 5: Masada Rock".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Masada Anniversary Edition Vol. 5: Masada Rock".