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GFOTY › Ham Chunks and Wine

téléchargement • 5 titres • 17:48 min

  • 1Wide3:08
  • 2Magicians Wand0:54
  • 3Rid of All4:16
  • 4By My Side4:26
  • 5Here With Me5:04

extraits vidéo

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line up

Polly Salmon, Count Baldor (feat. 3, production 3, 4)

remarques

chronique

Styles
electro
pop
trance
Styles personnels
hyperpop

Ce qu’il y a de tellement satisfaisant avec GFOTY, c’est que même sans jamais bien savoir à quoi s’attendre, il existe toujours cette possibilité d’être vraiment surpris. Et rien ne présageait vraiment à la sortie d’un morceau comme « Here With Me » dont l’artwork explicite orne ce nouvel EP, enregistré en pleine pandémie et donc en plein lockdown. Quant à savoir qui l’accompagne dans ces conditions, et suivant deux morceaux aux titres aux résonances paradoxalement antinomiques (« Débarrassé de tout » puis « À mes côtés » pour en arriver donc à « Ici avec moi » ), quelques minutes de patience. Hors donc revoilà celle dont le single « Friday Night » sept ans plus tôt (Sept ans déjà ! Autant dire une vie !) contribuait à lancer la vague bubblegum-bass, à savoir de loin le bidule le plus intéressant dans la pop musique (au sens très large) de la décennie précédente. On y retrouve un peu de ce breuvage bubblegum en dilution douce, avec production bubbly et voix pitchounée pour une approche plus pop, voire même hyperpop, lâchons le mot puisqu’il désigne la nouvelle Pokévolution de la chose, avec ce qu’il faut de bizarreries métallico-aquatiques et de hoquètements pour assurer un résultat bien déstabilisant, tout comme cette petite minute où GFOTY répète « baguette » en français dans le texte (d’où le titre) sur fond de beat claqués (au sol, sans doute).

Mais la substantifique moelle de cet EP, ce sont les trois morceaux suivants, Count Baldor ressortant des poubelles de l’électro-pop des décennies passées de quoi pondre deux tourneries à la frontière très ténue entre débilité profonde et… un je ne sais pas trop quoi de génial ou en tout cas d’irrésistible. Rien que l’effet de clavier Ushuaïa qui introduit « Rid of All » vend du rêve, et si la voix de GFOTY reste relativement sobre dans les passages quasi ambient (avec des relents de BO pour film promotionnel de secte new-age sponsorisée par Red Bull), faut l’entendre pris dans les affres d’un autotune grotesque (genre arpégiator en pleine épilepsie) dès que le morceau prend son envol en trance hilare qui vomit un EDM nauséeux. Encore plus con ou génial, si c’est possible, mais visant littéralement à l’extase, GFOTY nous refait le coup de son EP précédent (où elle hackait sans scrupule un morceau de Justin Bieber, culture légitime en PLS merci bien) en plongeant son épuisette magique dans une eurodance de sinistre mémoire, transformant une vieille scie dégueulasse de Eiffel 65 en salle de shoot à dopamine, « By My Side » ou ce vieux style honteux (mais que celui ou celle n’ayant jamais kiffé un bon gros refrain de Gala jette la première pierre à Polly) transféré des auto-tamponneuses de la fin des nineties pour égayer nos apéro-Zoom les plus mornes avec ce cri du coeur « Je te veux juste à mes côtés ». C’est ça la pop, des messages envoyés, des loves songs à distance, parfois un peu cryptiques et ambivalentes.

Car enfin vient « Here With Me », ou plutôt d’abord puisque qu’il était sorti sur Youtube en avance sous forme de ce clip d’une sobriété (wink wink) sidérante, avec une GFOTY ayant l’air mise à nue pour la première fois. Non, rien ne préparait vraiment pour une ballade au piano, apparemment littérale, avec un refrain qui monte et monte en polyphonies, avec juste quelques nuées synthétiques vaporeuses et ce léger dérangement dans la voix du à l’autotune. Mais bordel c’est juste beau et triste et émouvant (mais merde ce refrain déchirant !) ! C’est que GFOTY, non, Polly, sait écrire des vraies chansons en fait. Tiens, ce pont instrumental très Philipp Glass qui amène une coda toute en fragilité où l’autotune s’évapore, laissant la voix de GF… de Polly, à nue, clarifier la terrible sentence « Tu es ma raison de vivre, alors je te bois jusqu’à disparaitre ». Car il ne s’agit pas d’une love song triste du tout, même si elle en à l’air, mais bien d’une complainte sur l’addiction alcoolique. C’est comme quand Ween pond le tragique et sublime « If You Could Save Yourself (You'd Save Us All) » à la fin de Quebec, tout ceux qui les prenait pour des petits rigolos sans profondeur en sont pour leur frais (mais comme pour GFOTY, fallait un peu ouvrir les oreilles). Voilà. C’est fait. Après les pastiches sarcastiques, les expérimentions radicales, l’album shitposting, GFOTY démontre encore si besoin était (non !) qu’il faut la prendre au sérieux, qu’elle déconne à fond les ballons ou non. La vraie GOTD des '10 dans mon coeur.

note       Publiée le vendredi 25 juin 2021

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