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Chairlift › Something

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Membre Note Date
Seijitsu      jeudi 3 juin 2021 - 08:26
(N°6)      mercredi 2 juin 2021 - 22:28

cd • 11 titres • 41:29 min

  • 1Sidewalk Safari3:49
  • 2Wrong Opinion5:03
  • 3I Belong in Your Arms3:27
  • 4Take It Out on Me3:53
  • 5Ghost Tonight3:06
  • 6Cool as a Fire3:56
  • 7Amanaemonesia5:01
  • 8Met Before2:54
  • 9Frigid Spring3:48
  • 10Turning2:59
  • 11Guilty as Charged3:33

extraits vidéo

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enregistrement

Produit par Dan Carey

line up

Caroline Polachek (chant, synthétiseurs, piano, percussion), Patrick Wimberly (chant, basse, guitare, batterie)

Musiciens additionnels : Leo Taylor (batterie additionnelle), Kurt Feldman (guitare), Leah Cary (choeurs), Jorge Elbrecht (guitare, programmation), The Samps (programmation), Rob Corradetti (guitare), Jennifer Polacheck (chant duo), Dan Carey (bruits)

remarques

chronique

Styles
pop
indie rock
new wave
psychédélique
Styles personnels
synthpop arty

C’est beau l’affinage. Chairlift, duo (ex-trio avec un ex en moins) vieilli en fût de synthpop eighties dans une pure brasserie craft de Brooklyn. Ils en distillent le parfum, les arômes, les sensations et encore bien plus que ça, tellement ils fignolent le processus. Chairlift, c’est un peu l’IPA du revival synthpop. Chairlift, c’est arty et à la limite un peu agaçant à force de louvoyer avec une grâce prodigieuse entre dream-pop percussive et indie-rock synthétique. D’ailleurs même la pochette est agaçante, le côté « On est jeune, on est beau, on est des hipsters millennials », ça sent le pantalon slim et le burger vegan à plein nez, manquerait plus que l’entourage soit fait avec des petites briques so vintage (au lieu de ces zébrures provoquant une illusion d'optique perturbante). Oui mais voilà, quand on écoute l’album, de suite on ferme sa grande gueule et on se prend la grâce en pleine face. Est-ce l’excellence de la production (Dan Carey, le gars sûr de ce nouveau millénaire) ou celle des compositions (pas une qui ne soit un petit bijou) ? Ou plus surement, la voix de Caroline Polacheck, qui de toute façon survole tellement tout débat qu’elle rendrait à la fois singulier et classe à peu près n’importe quoi (vraiment n’importe quoi, même « Toucher la chatte à la voisine » ou « Les ricains », sans doute). Polacheck, c’est la plus belle voix féminine de ces vingt dernières années, voilà, c’est dit, fin de partie pour les autres chanteuses pop, rock, r’n’b ou ce que vous voudrez, c’est mort, pas la peine de vous aligner les filles. Ses circonvolutions vocales ont toujours le trait de l’élégance absolue que se soit dans l’aérien gracile ou le tranchant net en fin de phrase, aussi bien en envolée dans les aigus qu’en intimité plus grave. Alors quand en plus le duo pond des merveilles de pop synthétique pour training-montage élégiaque comme « I Belong In Your Arms » ou de délicieuse ballade en suspension tel « Cool As A Fire », c’est la combinaison du coffre-fort magique. C’est le mot juste : Caroline Polacheck ce serait un peu une magical girl tout droit sortie d’une VHS retrouvée dans la chambre d’enfant, la petite fée dans des clips aux crédits tout en police VCR OSD Mono, synthés imprécis sur l’écran, synthés glacés-glossy et entêtants dans les oreilles.

Mais Chairlift n’ont pas le regard tourné seulement sur un passé de la musique fantasmé comme meilleur, Chairlift le ré-assemble pour en tirer plus qu’une version mise à jour, une esthétique en forme de dystopie musicale, un avenir-présent qui se serait dérouté, la sensation de revisiter quelque chose de familier, alors redevenu à la mode, mais à travers un étrange miroir. Au point d’équilibre parfait, le génial single « Amanaemonesia » et son clip outrageusement rétro et bizarre, où Polacheck en tenue de danseuse se livre à une chorégraphie à la fragile frontière du fascinant et du cringe sur une surface rosâtre (au-delà du clin d’oeil évident à Kate Bush, les interprétations vont bon train), déroulant ce texte cryptique et vaguement inquiétant, avec ces effets de voix effrayants et tordus au refrain et ce pont au psychédélisme « hypnagogique » (ah, ces effets d’usure volontaire sur les synthés). Chairlift n’en délaisse pas pour autant une approche plus rock comme sur « Met Before », très indé-à-guitare (et donc finalement un peu moins singulier que le reste, mais néanmoins hyper efficace avec ces contrepoints vocaux et sa grosse prod total réverb). D’autres guitares ailleurs, absolument rêveuses, le solaire « Frigid Spring » où la voix de Caroline fait montre encore une fois de tout son caractère ensorceleur, rappellent qu’à la base, Chairlift était bien issu de cette scène florissante de Brooklyn qui aura vu ce renouveau psyché un peu branché dans les années deux-mille (mais en évitant la période néo-hippie à barbe savamment taillée et coiffe d’indien gênante). "Something", c’est le moment où Chairlift se recentre sur son obsession pour la musique à synthé arty des eighties, c’est donc beaucoup de rythmiques claquantes et démultiplication de couche de claviers à néons au sonorités, pour y revenir, affinées avec un soin presque maniaque. Et puis bien sûr, l’ingrédient qui transforme tout en sortilège, la voix, la voix et encore la voix de Caroline Polacheck (sur laquelle il est bon de ne jamais s’arrêter de s’ahurir). Une dernière preuve ? Le refrain de « Ghost Tonight ». Ça se passe de commentaire. D’ailleurs terminée la chronique, Chairlift est la merveille sous-estimée des ces années-là, parfois noyées dans trop de hypes passagères. S’il ne devait en rester qu’un…

note       Publiée le mercredi 2 juin 2021

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