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Chris & Cosey › Heartbeat

lp • 11 titres • 00:00 min

  • 1Put Yourself In Los Angeles 3:46
  • 2This Is Me 2:58
  • 3Voodoo 2:27
  • 4Moorby 2:38
  • 5Radio Void 2:19
  • 6Just Like You 3:18
  • 7Bust Stop 4:06
  • 8Useless Information 4:41
  • 9Moving Still 4:29
  • 10Manic Melody (Hairy Beary) 3:41
  • 11Heartbeat 5:51

line up

Chris Carter (chant, synthétiseurs, claviers, drums électroniques, guitares, voix sur bandes), Cosey Fanni Tutti (chant, cornet à piston, bandes, synthétiseurs, claviers)

remarques

chronique

On a beaucoup parlé du punk, il n’était que la face visible de l’iceberg, celle d’une époque en plein bouillonnement culturel. La Seconde Guerre Mondiale a représenté la fin d’un monde, d’un modèle, l’émergence de nouveaux schémas de sociétés, à commencer par l’apparition de l’adolescence en tant que groupe distinct avec ses codes, ses habitudes: finie l’époque où l’on passait du stade d’enfant à celui d’adulte. Le Conflit n’a pourtant pas éradiqué une certaine manière de penser le précédant qui puisera jusqu’au bout dans son poumon d’acier pour durer avant que la fin des 60’s ne la fasse vaciller à coups de butoir (mai 68, le mouvement hippie…). Pas assez radical encore. Dans l’ombre de ses structures industrielles vacillantes, l’Empire Britannique était en train d’engendrer une génération de vers qui s’attelleraient de manière durable et pernicieuse à ronger ses fruits. Les plus purs du lot ? Throbbing Gristle qui eux-mêmes donneront naissance à un véritable arbre généalogique d’artistes underground majeurs à l’influence inébranlable: Coil, Psychic TV, sans oublier les plus discrets Chris & Cosey. Transfuges de T.G., le couple sort en 1981 un album qui marque le lien entre les travaux industriels du combo et l’âge synthétique en plein devenir. Si certaines structures brassent une forme de synthie pop dadaïste dans la plus pure tradition de Cabaret Voltaire (‘This is me’), comme ces derniers, il n’y a aucune tentative consensuelle. Le disque sonne étonnamment brouillon et maitrisé à la fois, très spontané et travaillé. Les mélodies, les rythmiques, sont souvent simples, presque gaies par moment (‘Moorby’, ‘This is me’…), en parfait contraste avec des pièces telles que ‘Radio Void’, glauque et évoquant davantage des catacombes dans les sous-sols d’une usine nucléaire désaffectée ou ‘Tight fit’ qui a dû vachement inspirer un certain Bryn Jones plus tard ou ‘Manic Melody’ qui sonne comme un haut-parleur d’aéroport nippon passé au papier de verre. Les compositions les plus pop le sont dans la mesure où leurs constructions minimales (j’imagine pas le nombre de formations contemporaines du style qui ont dû écouter ce disque jusqu’à la lie) n’ont pas honte d’être dansantes mais aucun motif couplet/refrain ou quoi que ce soit d’approchant. Les voix d’ailleurs sont peu présentes, secondaires au mieux, carrément absentes sinon, ou tissées à base de collages (‘Useless information’). On affirmerait que cet album est une b.o., j’y croirais sans peine tant les ambiances abordées sont variées dans une cohérence du tout assez remarquable. ‘Heartbeat’, c’est la petite cousine à l’air nunuche dont on ne se méfie pas et qui se révèle une vraie tigresse flippante une fois entrée dans le club. 4,5/6

note       Publiée le mercredi 27 juillet 2022

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Wotzenknecht Envoyez un message privé àWotzenknecht
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Des tonnes de bons trucs sortent encore aujourd'hui oui, ces deux-là c'est le sexe dans tous ses états et carrément les plus injustement négligés du collectif TG (non pas qu'ils en aient quelque chose à faire). 'Pagan Tango' a trente ans d'avance sur Boy Harsher, il y a aussi 'Tutti' et 'Triumvirate' (Carter Tutti Void) qui sont libidineux comme pas permis, rien que pour mes préférés.

Message édité le 27-07-2022 à 12:50 par wotzenknecht

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ProgPsychIndus Envoyez un message privé àProgPsychIndus

"Songs Of Love & Lust" est dans la même veine pour moi , très chouette aussi. Ce couple mythique sort toujours des trucs intéressants , le "Cabal" de Carter Tutti est une belle réussite aussi.

Message édité le 27-07-2022 à 12:07 par ProgPsychIndus

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(N°6) Envoyez un message privé à(N°6)
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Entre post-Kraftwerk entièrement bricolé dans les poubelles et minimal-synth un peu sex trash (la phrase de conclusion de la chro est assez parfaite), ce premier Chris & Cosey c'est parfait pour les gens qui, un peu comme moi, aiment surtout Throbbing Gristle quand ils font "Hot On The Heels of Love". Tiraillé entre l'indus, la synthpop, la techno naissante (primitive, ah ah), ça a effectivement un côté un peu ébauche, pas complètement fini, mais la musique continue pendant les travaux. Pas vraiment dancefloor friendly même si y a un peu de ça aussi. Le dernier titre éponyme fonctionne vraiment bien en terme d'hypnose glauque-cheapos. Ça sera nettement plus chiadé sur le fameux album "Ford Boyard". Un joli couple ces deux-là.

Message édité le 27-07-2022 à 12:03 par (N°6)

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