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We Hate You Please Die › Kids Are Lo-Fi

cd • 10 titres • 33:00 min

  • 1Rita Baston2:46
  • 2Melancholic Rain2:43
  • 3Minimal Function3:03
  • 4Hortense1:59
  • 5Got the Manchu3:34
  • 6True Men Don't Drink Milk2:25
  • 7Figure It Out7:02
  • 8Kill Your Buddy2:30
  • 9Sturcture2:10
  • 10We Hate You Please Die4:48

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré par Hugo Magontier et Maritime Manson. Masterisé par Robin Plante.

line up

Raphaël Balzary, Chloé Barabé, Joseph Levasseur, Mathilde Rivet

remarques

Photo : Bambi Biche. Design : Louise Péron.

chronique

Oui, j'aime bien ces gens-là – jeunes ou pas, sans doute, à vrai dire je ne leur ai pas demandé et on s'en fout un peu. Il se trouve, à la place, que leur musique, garage-punk ou pas, références ou pas – ne sonne pas à mes oreilles comme une connerie « revival » de plus, fétichisme analogique-nuggets, collection morte. D'ailleurs lorsque qu'une télé, pour une « capsule culture », leur commande une reprise sur le thème « c'est quoi le punk », eux et elles, au lieu de nous exhiber un quelconque incunable sixties farfisa et guitares-chromes-bakélite en avant, choisissent plutôt la meuf Arulpragasam – aka M.I.A., ouais, on parle bien de celle-là, ses samples et ses bombes de couleurs, sa musique pas du tout bloquée sur le culte Rickenbacker-et-gomina, ses brassages trash-flash-glitches et collages à la main. Ben moi, ça me plaît. Ça me sonne FRAIS – sans que le mot pour cette fois fasse fonction de condescendance-daron. Comme leur musique à eux, à vrai dire – celle qu'ils signent eux-mêmes – me semble fraîche, acception « pas encore eu le temps de sécher » comprise. Comme le choix de leur nom me cause bien, tiens, maintenant que j'ai percuté – oui, ça vient de Scott Pilgrim, c'est l'un des morceaux de quelques secondes à peine de Crash and the Boys, là-dedans, avec leur batteuse écolière et leur chanteur nerdo-flippant, leur approche brève, expéditive même, pince-sans-rire et totalement brute... Voilà pour l'anecdocte.

Certes ! Mais la musique, allez, revenons-en. Eh bien : garage, donc – parce que c'est la seule pièce où tient la batterie (tambourin inclus). Parce que oui, nettement, c'est ancré là-dedans. Parce que oui : ça poursuit l'approche à l'arrache mais avec le goût du détail, de l'accroche, le goût de l'explicite et du bien-tourné, qu'a toujours impliqué, défini le vocable – au-delà du flou (et tant mieux) de l'étiquette en terme de style. Ça poursuit ou ça trouve la même, d'ailleurs – spontanément ET trucs écoutés avant (compulsivement ou au hasard) compris... Sans aucun doute, compris ! Garage parce qu'aussi – c'est dit dans le titre – lo-fi. Fait pour cracher. Fait pour le rendu subjectif – sali parce qu'il fait moche dans la vie, à Rouen et ailleurs, sans aucun doute mais qu'on ne va pas se faire tous-gris pour autant. Parce que bon, c'est si chiant, ennuyeux, l'uniforme... (Enfin, ça dépend de la matière et du contexte mais.... Hum, pardon, je m'égare. C'est là aussi une question de goût, certains vous diraient). Et donc, à la place : cette musique a du goût, justement, décidément. Une saveur crue, chimique et pur-grain, grumeau, à la fois. Du bois vert en volées et des claviers plastoc-fendu. Quelque chose de campé mais qui ne fait pas poseurs. Des sous-couches subtilement fondues – enfin, adroitement, habilement – dans le rendu sidérurgique/atelier premier. Des inflexions post-punks, « cold » par moments – qui pour une fois et ça fait du bien ne s'habillent pas en Iancurtis et TR-chaipacombien « comme si c'était 1979 à Manchester ». (Par ailleurs je n'ai pas l'impression pour autant qu'ils soient rétifs à l'usage des machines, de l'électronique qui fait du son, hein, ne me faite pas dire... Lofi et DIY, ça n'a jamais été synonyme strict de « vintage » ou « tout en palissandre »... J'insiste, oui : c'est que ça m'emmerde, décidément, le « c'était mieux avant, la preuve, on n'était même pas nés ». Donc j'apprécie, oui, que là, ce soit autre chose). Puis oui, aussi : parfois, ça fait comme des bouffées psychédéliques mais pas du tout baba – j'ignore et je me fous de savoir si pour faire ça ils carburent aux acides, au grin-vodka-etc. ou autre chose (et je ne dis pas ça seulement pour le clip de Minimalm Function...) ou à l'eau plus ou moins claire et courante (ça dépend aussi d'où on cause, ça... perso, d'où je suis, ça shoote au chlore tout de suite et méchamment, chopé direct au robinet, le dénommé clair et courant). BREF ! Digression à part, donc : ça tape aussi dans les neurones, leur histoire, alors je dis « psyché » parce que dans ce cas, le raccourci mène je crois bien au bon endroit. Un pas tranquille, où ça tangue. J'y viens pour ça, perso – les berceuses et la méditation c'est ailleurs. Alors je n'irai pas me plaindre si ça distord les membranes des HP. (Pour « haut-parleurs », hein, pas l'AUTRE sens d'HP... Quoi que les Cramps et le Napa Hospital, par exemple, ça ait un coup fait pas mal bon ménage, dans le genre rencontre incongrue, rock-psycho et psychiatrique institution... Je m'égare encore).

Concluons ! J'aime ça, disais-je, leur court album, son apparente simplicité, tout ce qui en déborde, en dépasse, cette évidence que si ça sonne pas-raboté aux arêtes et entournures, c'est complètement voulu. Cette approche tout sauf chichiteuse qui à part ça ne se refuse aucune idée, j'ai l'impression, à priori – c'est à dire surtout pas sur une à priori. J'aime aussi me dire que ça embrasse sans complexe le fini rugueux du premier jet (en tout cas du premier truc rendu public au-delà d'un cercle local, communal, de milieu), sans chercher encore à tout y mettre, en n'affectant pas malgré ça d'en retenir trop pour que ça tape. Ça tape, de fait. Ça chante, aussi – juste et pas poli. Et je me dis que sans doute, après, ce sera encore autre chose, que ça va grandir, s'affirmer sans doute davantage encore, trouver des pistes où balancer cette énergie qui gueule, craquelle et cisèle des couplets-ponts-refrains. On verra, bientôt, de quoi il va retourner – au moment où je vous l'écrit, le nouvel album doit sortir dans même pas un mois, hasard de ma non-programmation et de leur calendrier. J'y serai, bien vite, pour me rendre compte ! J'espère bien qu'on pourra dans pas trop s'en prendre un coup en direct, aussi, en scène, en cave ou rade ou ailleurs. Ah oui... Et « We Hate You Please Die », au fait, la chanson : NON, ce n'est pas une reprise, pas la même que dans le film. C'eut été la bonne blague, d'accord, vue la longueur, je disais, du truc original. A la place, c'en est une, donc – d'originale. Avec ce truc exultant – mais sinistrement, un poil, voilé menace-angoisse qui éclatent. En somme : le truc assez parfait pour après ça faire OFF (en fomentant ou pas, encore, la suite, les, ou le noir temporaire).

note       Publiée le dimanche 23 mai 2021

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