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Compilations - Divers › Hotline Miami (OST)

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Nerval      dimanche 2 mai 2021 - 18:00
Nokturnus      samedi 1 mai 2021 - 20:11
sergent_BUCK      lundi 3 mai 2021 - 21:06
Dioneo      samedi 1 mai 2021 - 16:16

fichiers/lps • 26 titres • 118:06 min

  • 1Sun Araw – Horse Steppin8:42
  • 2M.O.O.N. – Paris4:31
  • 3Perturbator – Miami Disco4:31
  • 4Scattle – Knock Knock4:04
  • 5Jasper Byrne – Hotline3:36
  • 6M.O.O.N. – Crystals4:50
  • 7Perturbator – Vengeance5:01
  • 8Elliott Berlin – Musikk Per Automatikk3:05
  • 9CoConuts – Silver Lights7:32
  • 10M.O.O.N. – Hydrogen4:50
  • 11El Huervo (feat. Shelby Cinca) – Daisuke2:42
  • 12Scattle – It's Safe Now2:44
  • 13Eirik Shurke – A New Morning2:28
  • 14Scattle – Flatline2:14
  • 15M.O.O.N. – Release6:02
  • 16El Huervo – Turf4:57
  • 17Scattle – To the Top3:12
  • 18Jasper Byrne – Miami3:55
  • 19Sun Araw – Deep Cover8:01
  • 20Scattle – Inner Animal3:41
  • 21El Huervo – Crush2:27
  • 22Perturbator – Electric Dreams4:45
  • 23El Huervo – Rust (El Huervo Remix)5:58
  • 24M.O.O.N. – Subbygroove5:27
  • 25Jasper Byrne – Hotline (Analog Mix)3:39
  • 26Perturbator – Angel Dust5:14

line up

Sun Araw, M.O.O.N., Perturbator, Scattle, Jasper Byrne, Elliott Berlin, Coconuts, El Huervo, Shelby Cinca, Eirik Suhrke

remarques

La version de 2013 (mp3 320 kbps) ne comprend que 22 titres. Les autres versions en comptent 26 (reportés ici en tracklist).

chronique

Des heures et des heures cramées là-dessus, nocturnes, des paquets de neurones, des pètes aux nerfs – planqué derrière une porte à guetter le geste-faute-fatale du porte-flingue suivant, concentré comme le kawa qui me tenait les paupières, tassé comme la roquette qui me rougissait la cornée, afin de choper l'instant d'estourbir ledit type sans avoir à coup de pétoire férir, le finir à la main à la micro-seconde près pour que celui d'encore après n'ai pas le temps de voir venir et de rameuter le restant de la cohorte... Le voilà, le contexte !

Et sans doute que là-dedans, ça compte. Peut-être en partie en "vertu" de ça que ces – quand-même – presque deux heures bien tassées de bande-son, même écoutées hors-images, hors-jeu, hors insomnies chroniques et choyées (ça va mieux de ce côté-ci en effet, pour moi, merci de demander...) passent encore crème de bout en bout, ici. D'accord, mais il n'y a pas que ça – je veux dire, l'habitude ! Ça n'explique pas tout. Que même les morceaux de Perturbator, par exemple – qu'en temps normal j'ai globalement du mal à piffer – m'accueillent cette fois comme un capiton-coton-molleton si ajusté. Le mec ne m'a rien fait, au fait, en passant, hein... Ce n'est sans doute pas le « pire », de plus, dans cette scène synthwave qui en général me laisse au mieux froid ; dont au pire les produits, jaquettes comprises, nostalgie plastique du son plus qu'incluse, induite dans le package, aurait tendance à me les briser menu en trois mesures recta... Toujours est-il que donc, là : Perturbator et d'autres « synthwaveux » – Scattle, en particulier... Eh bien allez comprendre, disais-je : ça m'attrape, ça me dit des choses. Je trouve qu'agencé comme ça – avec le souvenir du jeu, donc, mais plongé dans la musique sans cette dimension là, d'action sur l'écran, d'images sommaires et saturées – ça fait encore grandement le taf, la projection cinétique, l'exhalation atmosphérique mais pas du tout intangible. Sans doute aussi parce que cette bande son, comme le jeu lui-même, assume pleinement son statu de machin purement mécanique, artificiel – c'est à dire dans ce cas précis : construit de toute pièce sur des souvenirs et des fantasmes simples, des « impressions concrètes ». Des années 80 – 1989, d'après le scénario, la toute fin de la décade, donc, quand débute la sale histoire – reconstruites à posteriori, sur des clichés et des études d'items fluo mais pour cette fois pas TROP parfaitement reconstituées, façon équipe de choc d'accessoiristes et costumiers persuadés que si, c'était « ça » la vérité pleine et entière de l'époque, là-bas (même s'ils étaient nés trop tard ou trop ailleurs pour y avoir foutu les pieds, dans cet espace-temps). A vrai dire, la grossièreté apparente du design – lignes de script, mélodiques, de boîtes à rythme émulées, contours en pixels, néons pseudo-cathodiques – fait très certainement partie de ce qui rend l'ambiance si tangible, si crédible. Si prenante, lâchons le mot.

Et puis : il y a plus, là-dedans, d'autres genres, d'autres plages. L'impression récurrente d'autres bouffées qui s'instillent, s'installent – viciées à autre chose qu'au Tangerine Dream circa Michael Mann/machines préhisto-numériques, qu'au simili-Carpenter (l'original, pas l'estampillé « Brut » – celui-là d'ailleurs absent ici mais recruté, il me semble, sur la B.O. du deuxième volet du jeu). Des nuages qui changent le filtrage de ce putain de soleil méchant, bouffe-crâne, au réveil – et des néons, encore, des enseignes criardes, vulgaires, de leurs halos sur le béton, bitume cradoc, encore trop chaud, l'haleine toujours souillée. D'autres lignes, disions-nous – et oui, évidemment, je pense à celles-là aussi : PCP (Angel Dust... le seul titre en passant que je trouve vraiment pénible là-dedans, placé tout à la fin... et bah tien : c'est du Perturbator, justement, ce défilement de crédits), coco, brunes. Des substances prises en vrac, en trop, pas conseillées quand on a ce taf là à faire, sûrement – dessouder en masse de l'homme de main, comme dit plus haut, du pégrillon russe dans les hôtels luxe-tapageur et autre lieux borgnes de Miami, Floride. Enfin... Probable qu'au début ça booste, ça mette le cœur à l'ouvrage (ou alors de côté) mais bon... Visiblement – si on en croit la vision qui se dégrade, la perception de plus en plus dépenaillée, décalquée, de « Jacket » (le personnage qu'on joue, à l'écran) à mesure des missions et des pauses, des trajets et glanages de bouts d'explications... Eh bien oui, ça finit par tout vous casser, ces cocktails-là, question cohérence interne. Et puis bon : si on croit aussi les deux plages phénoménales de Sun Araw, pour en revenir à ça, sur cette B.O. ! Horse Steppin et Deep Cover, ces deux pavés délités d'un psychédélisme totalement grillé, matin transpercé, je répète, dévoré par ce foutu SOLEIL – persistant, comme permanent, à force. L'horreur qui se dessine et se meut dans les motifs des chemises à palmiers. Les twangs – de guitares, de claviers qui les imite ? – qui se dissolvent dans cet éther sale, les éclats de voix psychotiques zoomés en même temps que pulvérisés dans la réverbe... Psychotiques, ces deux plages – à n'en plus savoir si c'est de la pure félicité ou du non moins pur mauvais trip. (Ça peut faire ça dans la tronche du joueur, aussi – quand il refait pour la millième fois un tableau, ou qu'il finit par venir à bout du machin, se retrouve aux tréfonds à effleurer le pourquoi du bidule...). Irradiantes – et qui débordent, c'est vrai, sur tout le reste. Mais, car... Parce que n'empêche, je me répète : il y en a, du reste, et presque pas de remplissage. Des trous, d'accord – qui sont les plages-panneaux, les scènes de déplacements, de transitions. Pas pour rien : pour la fluidité, pour qu'on se coule dans le flot de la tracklist qui file (et des niveaux, donc, en situation, qui se succèdent). De curieux échos d'une espèce de hip-hop – pas Miami Bass ou Booty mais perturbé, à la fois corrodé et chromé, tape-à-l’œil et rongé. D'autres grosses remontées de défonce pas gentille, sous le flottement, la puissance lâche de la poussée – Silver Lights de CoConuts, qui ressemblerait presque à du Spacemen 3 tardif, dans sa perchitude chaude-fendiléle-sucrée. Des passages d'une sorte de techno minimaliste – quasi Detroit ou Chicago, versant glacé-brûlant, dancefloor et SF post-indus (Hydrogen de M.O.O.N. … on dirait presque du K-Hand époque On a Journey/Ready for the Darkness). Diverses choses, diverses orbites autour d'un seul obsessionnel noyau – qui est peut-être creux, absence... Trajectoires et retombées d'une même ambivalente sensualité – distante et le nez dedans, obnubilée mais indifférente, extatique mais amollie, sans prise sur le morne qui goutte à goutte, boucle par boucle l'anesthésie.

Bref ! Cette B.O. M'a « repris » – par rebond, d'ailleurs, assez curieusement, en lisant un roman qui m'a fait songer au jeu (et sans être sûr du tout que l'autrice dudit bouquin ait voulu le rapport... Ni du contraire, au vrai – on ne sait jamais, et je crois que ça me plairait de savoir qu'une docteure en philo se soit cogné ce genre d'objet puis ait trouvé manière, ensuite, à sortir de ça, cette espèce de rencontre, si singulière fiction). Je constate qu'elle me perdure, cette compile, moi qui en écoute peu – qu'elle peut tourner encore sans dommage, sans usure fatale, vieillissement, à mesure que les lendemains où l'aube survenait vers 15h étaient une sorte de quotidien. Je ne l'aurais pas parié. Je me demande, n'empêche : si le jeu se trouve encore quelque part à peu de voire sans frais. Histoire de voir s'il se tient encore, lui aussi, si bien, atmosphérique et addictif. En plus... Je ne suis plus trop certain d'avoir dénichée pour de bon, à l'époque, l'intégralité pleine de la collection de masques.

note       Publiée le samedi 1 mai 2021

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Rastignac › lundi 3 mai 2021 - 23:38  message privé !
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Me suis quasiment fait une tendinite sur ce jeu dément dont on ne se lasse que lorsqu'il est plié. La musique est géniale, colle parfaitement à... tout dans ce jeu. Ayant joué à kick off dans le temps, ou même aux premiers gta ou APB, ça me parlait beaucoup aussi graphiquement (moins musicalement, vu que je galérais sur ces jeux avec des musiques un peu plus rudimentaires, je pense surtout aux plus anciennes vieilleries type Short Circuit etc.). Et effectivement, ça fait une excellente compilation pour des néophytes de cette musique comme bibi.

sergent_BUCK › lundi 3 mai 2021 - 21:26  message privé !
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Oh, bien heureux de croiser cette BO ici... Dans un premier temps indissociable du jeu parce collant parfaitement à l'ambiance vaseuse/ultra nerveuse (hum, les bonnes crises de nerfs et suées de 4h du mat agrippé à la souris, je vois que je n'ai pas été le seul, haha), je me rends compte après coup que ces deux BO écoutées toutes seules (celle du Hotline Miami 2 est au moins du même calibre) font de parfaites compiles pour qui veux se faire une idée rapido de la synthwave sans devoir se farcir un album entier. Ici, outre les deux monumentales pistes de Sun Araw, ce sont les morceaux de Scattle et Jasper Byrne qui m'ont le plus retenu l'oreille.

Note donnée au disque :