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Lou Reed › The Blue Mask

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Shelleyan aka Twilight      vendredi 30 avril 2021 - 00:02
Nicko      vendredi 30 avril 2021 - 10:10
GrahamBondSwing      vendredi 30 avril 2021 - 20:43
Raven      jeudi 29 avril 2021 - 23:59

cd 1 • 10 titres • 40:56 min

  • 1My House
  • 2Women
  • 3Underneath The Bottle
  • 4The Gun
  • 5The Blue Mask
  • 6Average Guy
  • 7The Heroine
  • 8Waves Of Fear
  • 9The Day John Kennedy Died
  • 10Heavenly Arms

line up

Robert Quine (guitare), Lou Reed (chant, guitare), Fernando Saunders (basse, chœurs), Doane Perry (batterie)

remarques

chronique

Styles
rock
Styles personnels
made in grosse pomme pourrie

Lou Reed était, à ce qu'en disent à peu près tous ceux qui... bah, à peu près tout le monde en fait, un authentique tocard. Et c'est assez manifeste à l'écoute de son album de "remise sur pied" sorti en 1982. Un de ses plus dépouillés, dont les premiers titres évoquent une connardise intense mais ultra-relax - dès "My House" où on se sent comme en présence d'une version "intello new-yorkais puant" de Neil Young, "Women" qui suinte le sarcasme rance de chez rance... Mais tocard est hagard. Livide, mais heureux d'être encore là, sans doute, alors que tant de gens sympathiques sont restés sur le carreau. Alors il se palpe sa trogne de sevré devant son miroir, et est content de réaliser qu'il est juste un mec banal. Alors il fait une chanson à la con là-dessus. Et il fait d'autres chansons lambda, de rock intello laid back, mi-roots mi-molle. C'est si cool d'être Simple. Presque excitant. Je ressens vraiment cette tocardise reedienne simplifiée, élaguée, "minimalisée", façon cuisine japonaise. Du sashimi de Lou Reed ? Un semi-foutage de gueule bien calibré pour rock critics et amis galeristes, surtout ; même si comparé à Metal Machine cette viande crue est évidemment du petit plat mitonné. Zique économe de figure avant-gardiste frelatée, ambiance de studio à minuit. Si on focalise sur les cordes, c'est souvent joli, faut dire. Puriste même, avec la basse bien ancrée au centre qui rutile, les deux guitares qui se causent en éclats de rouille qui scintille. La coquetterie de Reed en cause d'ailleurs un peu, façon "je joue avec la jolie guitare en plexi illustrée au verso, et tu l'entendras à droite de la stéréo"... Tenu par son (précieux) nouveau guitariste, Reed la joue ici "rehab pépère" à fond. Cela fonctionne et foire en même temps, selon la tolérance de chacun à ce type, et l'acceptation de la part d'escroquerie inhérente au personnage. Un peu à l'image du morceau-"fragment de vie" sur le jour où Kennedy a mangé ses bastos ; ou de "The Heroine", qui n'est pas vraiment "Heroin". Ce Reed est à la fois rugueux comme du Loner, et penaud comme celui d'une vieille référence craignos et usée, parfois même juste moisi, plus faisandé que les Stones du moment pour tout dire. Seul le titre épo réveille un peu, et le final constitue l'unique vrai moment de grâce. Disque d'un mec qui se laisse balloter dans son blues flasque, sa flaque de poésie périmée. Qui a encore quelques restes, mais juste aucune envie de faire plus. L'acidité conserve, et ce vieux fond de bile est toujours prompt à remonter dans le larynx. Mais ça restera au niveau du ronron. La pochette déclinaison de Transformer est emblématique, mais la musique n'en a pas le magnétisme, même si ce reyclage bleuté-néon tout warholien m'a plus marqué que l'originale. The Blue Mask un des Reed les plus confortables, et pourtant de ceux avec lesquels j'ai ce lien amour-haine. Il ronronne, ouais, il clapote comme un ragout abandonné sur la flamme bleue ; grince parfois (le titre éponyme encore - le meilleur en fait). Blue Mask, c'est un Lou survivant mais surtout dévitalisé à l'orée des années 80, frais dispo mais périmé de longue, qui fait sa feignasse fétichiste du son cru et des paroles sobres (ou juste plates ?), en faisant mine de tomber le masque pour ce qui peut servir d'album-portrait, délesté de ses fanfreluches glitter et autres trolleries bruitistes. Écrin austère, aux mélodies de copeaux secs. Vétéran qui se tire nonchalamment sur le bout de corde, son clope plein d'amertume au coin du sourire morne, le vide javellisé dans son regard d'artiste quarantenaire désintoxiqué. Purifié. Rincé.

note       Publiée le jeudi 29 avril 2021

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jacques d. › dimanche 2 mai 2021 - 14:18  message privé !

Robert Quine, tout de même et, ici, Fred Maher en cerise sur le gâteau pour un (mini) tsunami de vagues de trouille https://www.youtube.com/watch?v=_Vi9iLZ4vYs

Le pire viendra fatalement : "magic and loss" par exemple ?

GrahamBondSwing › vendredi 30 avril 2021 - 20:43  message privé !

Comment passer sous silence les fantastiques solos epiléptiques de Robert Quine (1942-2004) sur « the blue mask » et « Waves of fear » ? C’est l’intêret principal du disque. Un gratteux plus compétent que moi, viendra éventuellement expliquer que c’est juste des notes au hasard ou quelques effets de chromatisme… Ce à quoi je répondrais du tac au tac : dans ce cas-là pourquoi le style du mec est reconnaissable entre mille ?
Je pense qu’il ne faut pas écarter l’hypothèse qu’il fut une influence secrète du jeune Kerry King (j’t’ai fait rire là, hein ?)

Note donnée au disque :       
(N°6) › vendredi 30 avril 2021 - 14:35  message privé !
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A l'époque, les jeunes auraient sans doute dit de Lou Reed qu'il était ringard. En utilisant le vocable d'aujourd'hui, un album de boomer. Ça sent l'accès à la propriété et la vie de famille bien rangée avec juste ce qu'il faut de distortion pour se rappeler au bon souvenir des no-waveux et des punks comme étant leur parrain rangé des voitures. Et cette pochette customisée sur les souvenirs d'autant, façon trop moderne (c'est quoi cette police déjà ?), sauf que la musique, elle, pue la chaise comme dirait Murat. Loulou essaie de maquiller sa misogynie ordinaire avec une niaiserie au facteur de génance Frank Michael/20. Il se remémore le jour où John Kennedy est mort, comme un vieil écrivain respectable dans son grand appart downtown. Lou Reed est une plume, plus dans le cul comme à la fin de la décennie précédente, certe, mais une plume avec de la vrai guitare qui joue des notes. Le son de la rue, c'est le hip-hop et l'électro, Lou Reed, lui, fait du son de son salon. Il est à ça de nous narrer ses vacances en Irlande en Saab. Lou ride.

Shelleyan aka Twilight › vendredi 30 avril 2021 - 00:02  message privé !
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Oh quelle bonne idée de continuer Lou Reed...je suis assez d'accord avec l'idée d'album-portrait à une certaine époque et ce disque, je l'aime bien. Pas forcément pour des raisons rationnelles.

Note donnée au disque :