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Jean-Louis Murat, Fred Jimenez & Jennifer Charles › A Bird on a Poire

  • 2004 • Labels 724347383427 • 1 CD

cd • 12 titres • 40:06 min

  • 1Mirabelle Mirabeau3:04
  • 2Monsieur craindrait les demoiselles3:37
  • 3Le temps qu'il ferait3:57
  • 4A Bird on a Poire3:03
  • 5Mashpotétisés3:15
  • 6Gagner l'aéroport3:42
  • 7French Kissing3:22
  • 8Une orgie de sainteté3:12
  • 9Tu n'auras pas le temps2:28
  • 10Elle était venue de Californie3:42
  • 11Petite luge2:51
  • 12L'anéantissement d'un coeur3:53

enregistrement

Produit par JL Murat, Fred Jimenez & Stéphane Prin. Enregistré aux studios Davout, Harryson & Gang.

line up

Jennifer Charles (chant), Fred Jimenez (instruments, choeurs), Jean-louis Murat (chant), Stéphane Reynaud (batterie, tambourin), Marie-Jeanne Séréro (arrangement de cordes), Christophe Guiot, Cyrille Lacrouts, Floriane Bonanni, Françoise Gneri, Frédéric Lagarde, Juan Fermin Ciriaco, Lysdoh Kaneko & Marie Emeline Charpentier (cordes), Raphaël Anker (trompette)

remarques

chronique

Styles
pop
chanson
Styles personnels
sunshine pop

Qui a peur de la grande méchante pop ? Manifestement pas Jean-Louis Murat, alors qu’en pleine période de suractivité du milieu des 00’s (qui va le mener tout droit au burn-out de Mockba) il sort un nouveau projet full pop, avec pochette foutrement estivale. Et pas n’importe quelle pop, celle des fans des sixties, à prendre des deux côtés de la Manche. Une histoire dans laquelle ne s’est jamais inscrit Murat, d’ailleurs ça s’entend dès les premières mesures de piano que cette musique n’est pas la sienne. C’est qu’il a laissé faire son comparse et bassiste Fred Jimenez pour tout ce qui touche à la composition, aux arrangements, jusqu’à l’interprétation. Avant de débarquer dans le pays de Murat, Jimenez, au sein de AS Dragon, accompagnait Bertrand Burgalat et avait aussi naturellement joué avec April March, l’égérie du son label Tricatel. Deux salles, deux ambiances.

Murat entre donc là-dedans comme un touriste pour y rejoindre une troisième copine tout juste débarquée de l’aéroport, Jennifer Charles, moitié du duo new-yorkais Elysian Fields, pour re-jouer l’éternel scénario du séducteur frenchy et de l’américaine avec un accent so sexy à qui on fait dire quelques conchoncetés du genre « Monsieur, vous bandez trop ». Cliché rebattu de la pop à la française depuis Gainsbourg, dont Murat est à peu près l’antithèse parfaite, l’un étant un aristocrate dandy douteux et l’autre incarnant la dignité laborieuse de l’homme du peuple (mieux, de la montagne). Y a évidemment de ça dès le fabuleux « Mirabelle Mirabeau » où le duo semble faire connaissance sur fond de mélodie très Melody ou Marilou, selon les goûts. Y a du Rhodes, y a des violons, y a du cuivre, y a de la pop sixties quoi, de la pop orchestrale rutillante tout aussi éloignée de l’univers de l’Auvergnat que de celui de la New-Yorkaise, qui semble néanmoins se délecter à chanter dans un Français dont l’approximation la rend d’autant plus charmante. Est-ce un hasard si dans « Elle était venue de Californie », elle prononce le diminutif de son prénom à le faire sonner comme « Jane » plus que « Jen », alors que Jean-Louis se met lui même en scène sur un tapis de cordes et de choeurs à faire pâlir d’envie les plus frisottés de nos chanteurs pop de l’époque ? Tiens, parlons-en un peu de l’époque, c’était pas non plus la joie, et voilà-t-y pas que le Jimenez nous fait le coup du morceau d’inspiration yéyé, Murat au bal du camping tel Bourvil dans Le Corniaud, osant un « allez twist à Saint-Tropez ! » sur le grinçant single « Mashpotétisés ». Faut-il rappeler sa théorie aussi fumeuse qu’hilarante sur l’échec de la France a produire une musique rock de qualité qui serait du à sa sortie de l’OTAN par De Gaulle ? (mais après tout, Bashung lui n’a-t-il pas découvert le rock justement parce qu’il vivait en Alsace, là où il pouvait capter les radios américaines pour les GIs occupant la Germanie ?) Murat se contentant de pondre des paroles pour lui-même et la belle Jennifer, il se laisse porter sans trop s’en faire sur le coulis pop de Jimenez, lui et sa new-yorkaise en goguette semblant parfois totalement hors-sol dans un contexte musical fleurant souvent bon l’optimisme des Trente Glorieuses (faut-il rappeler que Elysian Fields est un groupe extrêmement sombre et que Charles est plus à son aise en featuring sur des albums de John Zorn ou Foetus ?).

Reste quelques perles plus clairement muratiennes comme la sensualité suintante de « French Kissing », apex de l’album où Murat signe son meilleur texte, plein d’un désabusement érotique sur l’héritage symbolique de la France à l’humanité, le baiser à défaut d’autre chose (parce que le rock français, ma pauvre dame…). Et puis pour finir, « Petite Luge » et sa ritournelle pastorale enchainant sur une dernière louché de pop encuivrée et nostalgique, Murat qui force une élocution trainante alors qu’il est le temps de dire au revoir à la jolie vacancière, portée par la rythmique smoothie de Stéphane Reynaud, pour rester en famille, et ce final sax/choeurs chaleureux comme un coucher de soleil en Juillet. Une sorte de hors-série sans sortie de piste, lumineuse et ludique, avec juste ce qu’il faut de petites moues ravageuse. Ah, Jean-Louis, you’re so french !

note       Publiée le mercredi 14 avril 2021

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GrahamBondSwing › jeudi 15 avril 2021 - 14:30  message privé !

"sur fond de mélodie très Melody ou Marilou" Superbe !