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Krallice › Diotima

cd 1 • 7 titres • 69:00 min

  • 1________
  • 2Inhume
  • 3The Clearing
  • 4Diotima
  • 5Litany Of Regrets
  • 6Telluric Rings
  • 7Dust And Light

line up

Colin Marston (guitare), Mick Barr (guitare, voix), Nick McMaster (basse, voix), Lev Weinstein (batterie)

remarques

chronique

Styles
metal extrême
black metal
Styles personnels
lux in tenebris

Vous l'avez constaté à maintes reprises, sans trop y prêter attention : quand vous regardez le ciel par temps très clair, si vous vous concentrez un peu, vous ne voyez pas une étendue bleutée uniforme... Vous percevez plutôt des sortes de petits éclairs mouchetés qui fourmillent de toutes parts du champ visuel. Il s'agit d'un phénomène très banal, dit entoptique : les globules blancs se déplacent dans le liquide de vos globes oculaires, et c'est eux que vous voyez ressortir sur fond bleu, et passer devant votre rétine à toute vitesse et en tous sens. Certaines musiques font l'effet de cette sensation. Comme la shoegaze ou la noise, le black metal y réussit parfois, jusqu'au point ou un album du genre peut prendre l'apparence d'un seul et même phénomène sensoriel, uni, pouvant se révéler d'une innocuité et d'un ennui absolus en cas d'écoute détachée, autant qu'il peut vous noyer tout entier en cas d'inspection plus sérieuse... Le grésillement aigu répété des dizaines de centaines de milliers de fois sur tant et tant de disques depuis les débuts du genre, de façon obstinée, maniaque, absurde même, peut devenir propice à des visions délicieusement brouillées, dans lesquelles on peut alors laisser libre cours à son imagination, et dessiner dans ses méninges des motifs, furtifs, frémissants, incessants, aux motifs aussi changeants que ceux des cristaux de neige. Mais davantage qu'une évocation de ciel foisonnant de leucocytes, comme ces guitares brumisant de leur lèpre supra-liquide de riffs granuleux et cristallins et de leurs mélodies en mutation perpétuelle, je ressens une forme encore plus complexe d'hallucination, dans ces cascades constellées de toutes parts, leurs pulsations stroboscopiques, leur masturbation technique poussée jusqu'à la transe, leurs variations vertigineuses se révélant au fil des flashs. Je plie sous l'harmonie du flux... Et après mûre flexion, me dis que Diotima ferait un équivalent musical assez remarquable de l'eigengrau. En somme, une musique universelle.

note       Publiée le mercredi 31 mars 2021

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kama › jeudi 1 avril 2021 - 06:24  message privé !

Merci d'avoir démystifié le mystère des "champs de force", ca me hante depuis l'enfance.