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John Carpenter › Lost Themes III: Alive After Death

cd 1 • 10 titres • 40:29 min

  • 1Alive After Death
  • 2Weeping Ghost
  • 3Dripping Blood
  • 4Dead Eyes
  • 5Vampire's Touch
  • 6Cemetery
  • 7Skeleton
  • 8Turning The Bones
  • 9The Dead Walk
  • 10Carpathian Darkness

line up

John Carpenter, Cody Carpenter, Daniel Davies.

remarques

chronique

Styles
musique de film
musique électronique
Styles personnels
2021 = 1981

La synthétisane de Papy John est toujours bonne. Énième recyclage fatigué, diront les détracteurs... Mais bonne, même avec cet arrière-goût plus techno-plastoc qui va faire bam-bam dans l'enceinte bloubouse. Carpenter Junior et le filleul - qui cette fois partagent la pochette avec Papa-parrain, prothèses assumées - ont été bien inspirés de lui faire lever son cul osseux du canapé, et de l'aider à composer, parce que passer sa retraite au sous-sol sur des jeux vidéos ça va bien cinq minutes non mais oh (Big John a ce côté pépé geek attachant) et surtout parce qu'il vaut mieux qu'il fasse de la musique que du cinéma, ce monde de requins qui l'a laissé amer et rincé. Hobby d'antiquité surfant sur la vague nostalgeek (j'essaie d'évacuer le souvenir de ces vidéos de concert malaisantes à souhait) ou pas, ce troisième volet empile encore des thèmes d'une naïveté confondante mais rythmiquement et mélodiquement imparables. Carpenter c'est con comme la Lune mais ça magnétise tout pareil que sa lueur. Y a cette patte indéniable, qui fait qu'on le reconnaît à des années-lumière, le loustic. Une mélancolie sourde, émanant du cagibi des années 80, vibre toujours à travers le son de ces machines de vieux fétichiste, et même dans la guitare électrique. Cette musique c'est du synthé-synthol sur les hématomes de mon âme, de la synthé-soupe de chef dark-étoilé. "Réservé aux fans", ça va sans dire, ce tome III est qualitativement parlant à placer entre le premier et le deuxième volume, et à savourer avec la satisfaction vintage du beau bidule suranné, façonné main (title).

Dès le thème épo les fiches jack de mes neurones se reconnectent illico au gros ampli ronflant du Carpenterland, et me reviennent les ambiances mêlées de plusieurs de ses toiles, sans trop savoir lesquelles, toutes et aucune. Le brocanteur de la mélodie à un doigt a encore frappé, tranquillou depuis le salon avec fiston. Et ses séquences électroniques, qui confinent à l'enfantin, coulent toutes seules. Avec au détour d'un bouton bidouillé celui d'une zique de console portable à la Donkey Kong II ("The Dead Walk"), pourquoi pas, ou dans les moments les plus kawai ("Dripping Blood") ce p'tit parfum de B.O. à l'eau de glucose dans le boum-boum, comme la bouille d'une fraîche Sophie Marceau rêvant de son cavalier dans un songe immaculé, avant d'être étranglée par un golgoth masqué (le gros synthé là, caché sous le drap). Aussi récréative pour son auteur soit cette nouvelle collection de thèmes sans fictions - sinon celles de nos méninges - il faut le rappeler : elle rendrait caduques, si elles ne l'étaient pas déjà, ces hordes du revival synthé-horreur qui saturent tous les sons au même plan (et à qui Big John semble parfois faire un clin d'œil amusé en gonflant la cylindrée). Jean Charpentier a un feeling tellement plus prog-fluide, des strates avec des nuances, son flux est moiré, et surtout chaud comme le bon chocolat chaud, ses disciples tardifs n'ont jamais réussi à retrouver vraiment ce truc-là. L'émotion Carpenter n'est pas duplicable par ses suiveurs-USB, un peu comme l'animatronique du T. Rex ne peut l'être par les CGI. Vous mettez exactement le même matos et vous foutez devant ces gugusses lisses de la vague dite "synthwave" (quitte à faire le fan autant ventiler), ils feront un truc moins touchant, parce que... ben parce qu'ils ont pas ce vaste front dégarni et qu'ils portent pas la moustache depuis soixante ans, déjà. Parce qu'ils font pas une musique téléphonée comme Papy Carpouille... mais smartphonée. C'est pas le synthétiseur en lui-même qui fait la synthèse, sans vouloir me lancer dans une dissertation (thèse, antithèse, je t'encule Thérèse) ni la bête répétition d'une mélodie obsédante : c'est l'ADN de cette mystique de momie archaïque, comme un organe vital, où bat ce groove analogico-gluant qui lui est propre. Ça se synthétise pas, nuées de neuneus du nouveau millénaire, ça se ressent, cette ambiance crépusculaire en pixels de bakélite, ce suspense de croquemitaine du clavier, ces séquences de serial kitscher, c'est un peu ma vie, ma nuit, alala, m'en parlez pas, c'est un fragment douillet de mes angoisses... Alors v'nez pas me gonfler avec vos DJ sans rides et sans moustache, et laissez-moi rôder dans mes slashers imaginaires.

note       Publiée le lundi 15 mars 2021

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Alfred le Pingouin › mardi 16 mars 2021 - 22:03 Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

Putain je l'ai écouté seulement hier! Je le préfère aux deux autres moi, il est glaçant comme un point quotidien de Santé Publique France.

Note donnée au disque :       
Marco › mardi 16 mars 2021 - 16:32 Envoyez un message privé àMarco
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Mode régulateur de vitesse pour le Big John, mais toujours aussi attachant

Note donnée au disque :