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King Midas Sound › Solitude

cd 1 • 12 titres • 60:00 min

  • 1You Disappear
  • 2Zeros
  • 3In the Night
  • 4Too Late
  • 5Alone
  • 6Who
  • 7Lies
  • 8The Lonely
  • 9Bluebird (After Bukowski)
  • 10Missing You
  • 11Her Body
  • 12X

line up

Kevin Martin (production), Roger Robinson (voix)

remarques

Sorti officiellement le jour de la St Valentin. Il existe une version entièrement instrumentale de l'album, mise en ligne en 2020 via Intercrannial (le nouveau label de K. Martin).

chronique

Solitude... La pochette + le titre = le programme. Simple, sans équivoque : dresser un tableau radical et sans issue de l'après-rupture. Une ère glaciaire post-séparation. L'abîme de l'absence, la nécrose des sentiments. Et tout autour de soi, un blanc aveuglant et infini. La musique de King Midas Sound, qui n'était déjà pas très chaleureuse, plonge dix ans après le frigorifico-chamanique Waiting for you au plus profond de la neige mentale (impossible de pas se sentir dans la couverture décidément), et tandis que Roger Robinson égrène son journal intime dans la chambre froide, Kevin Martin fige le temps et l'espace, avec une de ses plus fascinantes (et sinistres) créations, bien plus qu'un décor pour ces textes, beaucoup plus. Comme un rêve en stase, dans une étendue gelée sans horizon où le ciel se confond avec le sol, les fourmillements et frémissements parasites indissociables du brouillard omniprésent. Dimension à la fois duveteuse et inquiétante que traverse une narration sans affect, ânonnement rectiligne comme un slam avec le flingue sur la tempe, pire que du Grand Corps En Phase Terminale. Ambiance... Ambiance rare, infiniment profonde, avec si peu. Ce disque est de ceux qui semblent vides mais sont d'une densité indicible. De ces albums qu'il faut écouter religieusement, isolé entre les membranes, pour en saisir la matière et se sentir disparaître dans leur musique, comme la silhouette s'éloignant dans le blizzard. Le genre de disque qui peut vous ruiner une journée, sans dépenser plus d'énergie qu'un macchabée dans son sac zippé. Mais en vous observant fixement du coin de l'œil, en vous saisissant de sa lecture imperturbable et de son phrasé monocorde-de-pendu. Avec cette voix mais seul, car l'humain derrière cette voix n'est déjà plus là, son âme en peine s'est évanouie dans les confins de cette dimension. Seul, dans l'immensité peinte par Martin, à travers laquelle on perçoit d'exquis échos de Re-Entry, sans trop tendre l'oreille. Dans laquelle on se laisse dériver, après avoir lâché prise au détour d'un fantasme de crash. Vous l'aurez compris, Solitude n'est pas le genre de disque qui se posera sur la platine tous les quatre matins... mais il fallait l'enregistrer. Et il faut l'écouter, au casque, pas autrement. Avant de retourner à la brume de ses propres songes, l'attente de sa propre dissolution dans le néant.

note       Publiée le jeudi 11 mars 2021

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Note moyenne        3 votes

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Raven › samedi 13 mars 2021 - 03:02 Envoyez un message privé àRaven
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Tout à fait Damo : tétanisant, sans bruit ni "darkitude" cliché. Ou quand le son le plus diffus et impalpable te bouffe tout entier, mieux que n'importe quelle avalanche de saturation.

Note donnée au disque :       
Damodafoca › vendredi 12 mars 2021 - 10:52 Envoyez un message privé àDamodafoca

Dur, très dur. Je suis très fan de Martin, et KMS est un excellent projet. Mais là, j'avoue que j'y reviens peu et que je le trouve vraiment dur. Mais aussi un tour de force : sans être bruyant, terrorisant, et même sans verser dans le "dark" ambient, l'album fait parti des oeuvres les plus sombres et terrifiantes que je connaisse.

Note donnée au disque :