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Radiohead › Pablo Honey

  • 1993 • Parlophone 0777 7 81409 2 4, CDPCS 7360 • 1 CD

cd 1 • 12 titres • 42:12 min

  • 1You
  • 2Creep
  • 3How Do You?
  • 4Stop Whispering
  • 5Thinking About You
  • 6Anyone Can Play Guitar
  • 7Ripcord
  • 8Vegetable
  • 9Prove Yourself
  • 10I Can't
  • 11Lurgee
  • 12Blow Out

enregistrement

Septembre-novembre 1992, Chipping Norton (Oxon)

line up

Colin Greenwood (basse), Jon Greenwood (guitare, piano, orgue), Ed O'brien (guitare, voix), Phil Selway (batterie), Thom Yorke (chant, guitare)

remarques

chronique

Tiens tiens. Pas mal, ce petit groupe shoegrunge ! Sans prétention, comme sa pochette à base de pistils et de nonpareille, sa trombine de poupon. Tableau honnête. Pas démarqué du tout-venant alt-rock/noisy pop en '93, mais vibrant de vie ! Second couteau savoureux, et plus si affinités. Pablo Honey (quel titre à la con quand même) est en effet bien planqué dans le milieu du panier alterno-poprock du moment, comme il l'était dans la tour à CD de pas mal de monde au milieu des années 90 quand "Creep" a envahi les ondes. Pas besoin de prétendre le contraire pour lui jeter des fleurs. Mais il me pique moins les oreilles que The Bends. Et ça, c'est un argument contre lequel tous les tops font flop. Pablo Honey est cool. Pablo Honey est sympa. Pablo Honey est même super, parfois. Voilà ce qu'il m'inspire, ce Radiohead estudiantin. Une zique qui pète pas plus haut que son cui-cui. Tiédasse et délavée, d'ac', mais généreuse en ampères, comme du J Mascis ou du Thurston Moore. Et qui renvoie à cette génération grunge-gaze en douceur, mais en griffant un peu les enceintes, laissant quelques mélodies bien senties dans les coins. C'est léger, mais comme un crachin, ça picote. J'voulais balancer "Meilleur que OK Computer, mais moins bon que Motörhead" en préambule, mais ça aurait été un peu facile, un peu "trolling" comme on dit sur le net... N'empêche qu'entre le gentil Pablo Honey et n'importe quel Smashing Pumpkins, mon choix est vite fait ! Oups, ça m'a échappé ! Non mais sans rire : cet album en vrai, il s'en bat les pétaux de la suite de la disco (les pétales ?) : il vit surtout dans son petit coin, nostalgicool, peinard, le Pablo Honey. Et c'est très bien comme ça. Il dit que Radiohead ont été des suiveurs, sans prétention... Mais que c'est pas grave, que c'est même confortable ! Que c'était avant qu'ils fassent de la pop complexe pour amateurs de films d'auteur et de thé vert. Que c'était quand ils étaient encore verts, mais vigoureux. Y a pourtant un lien ténu avec la suite - en plus des couplets de "Blow Out" qui sentent déjà le Radiohead futur. Le lien c'est qu'ils faisaient déjà du rock de wimp en 1993. Parce que Yorke est l'archétype de la voix de mauviette masochiste, mais aussi parce que c'était la mode. N'oublions pas qu'en ces années d'après hair metal, il était "in" de s'auto-mutiler, de se rabaisser, de se considérer comme la loque des loques... Et que s'il y avait une "Smells Like Teen Spirit" d'un côté de l'Atlantique, il fallait une "Creep" de l'autre. Des contrastes entre slow et crasse, et un tube de la lose qui reste à la fois ultra-opportuniste et singulièrement magnétique, avec son mélange de slow et d'autoflagellation. De ce point de vue, Pablo Honey était un peu la réponse anglaise à Nirvana, OK Rock'n'Folk. Mais vu de mes oreilles, il s'écoute plus comme du Swervedriver. Ou du Mudhoney, comme le suggère son titre. Une suite très homogène de titres spontanés mais ciselés qui, dès "You", délayent et délavent ce rock plus-nineties-tu-meurs, de "Stop Whispering" (qui n'a pas à rougir devant ce que faisaient U2 à l'époque) à "Prove Yourself" ou "Anyone Can Play Guitar" qui auraient pu marquer leur monde aussi bien que "Creep". "Blow Out", subtile et corrodée, souffle sur nous comme des embruns dociles. Purification par la dissonance. La voix de Yorke n'est pas le point fort de Pablo Honey, même si cet ânonnement de puceau transmet des émotions. Ce sont bien les guitares, omniprésentes, succulentes, qui font le sel de Pablo Honey, comme une broussaille fertile... Big up à Jon Greenwood et O'Brien (mais aussi à Yorke !), inspirés quand il s'agit de peindre du gribouillis harmonieux. Leur mélange de lumière et de grisaille s'impose assez naturellement, pendant mes heures de procrastination... Radiohead seront ensuite empoisonnés par une idée : développer leur personnalité. Pablo Honey n'en a pas beaucoup, mais il est sympa. Vraiment sympa. C'est con à écrire, mais c'est comme ça.

note       Publiée le vendredi 26 février 2021

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Note moyenne        5 votes

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torquemada › samedi 27 février 2021 - 15:37 Envoyez un message privé àtorquemada

Quelle abnégation de la part de Raven de chroniquer les 2 albums les moins intéressants du groupe ! J'aime bien l'idée de recommander "Soulside Journey".

Note donnée au disque :       
Dun23 › vendredi 26 février 2021 - 11:06 Envoyez un message privé àDun23

La légende veut que ce serait une tentative de saborder le morceau! Je crois moyennement à la légende. Disons que ça tombe un peu trop au bon moment, dans cette erre où Protools était pas encore la règle. Bon, ce qui me soule le plus quand même, c'est que ça doit être le titre le plus repris (ad nauseam) de Radiohead, comme si c'était tout ce qu'ils avaient créés. Mais bon, c'est probablement la plus simple à jouer. Alors que, dans le genre émotion, Street Spirit défonce. Après, le coup de rester prisonnier de la chanson, je pense effectivement que c'est totalement ça, c'est un groupe qui a toujours voulu aller de l'avant.
A la base, c'est aussi reconnu juridiquement comme un plagiat (fun fact, Lana Del Rey a été poursuivie elle aussi pour plagiat de Creep et pas de l'originale mais bon, c'est pas ça qui est dérangeant, pour moi, fan de Led Zep)

GrahamBondSwing › vendredi 26 février 2021 - 10:29 Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

Je pense surtout que Radiohead avait très peur de rester "prisonnier" de cette chanson, dans le sens qu'ils ne voulaient pas subir de pression par rapport à leur intégrité/liberté artistique et sur le fait qu'ils avaient encore beaucoup de choses à dire. Personnellement, j'ai jamais eu l'impression que Creep a été si lourdement diffusé en radio, certainement parce que je devais être un peu monomaniaque avec Metallica et Megadeth à l'époque. En fait, je ne me souviens pas du tout de la première fois que j'ai entendue Creep, par contre je me souviens de la première fois que j'ai vu clip et j'ai du me dire "ah oui, j'ai déjà entendu ça, c'est vrai que c'est pas mal foutu quand Johnny Greenwood attaque ses cordes franchement comme ça, ça fout le frisson !"

Dun23 › vendredi 26 février 2021 - 10:01 Envoyez un message privé àDun23

Creep est le morceau qui m'a tenu longtemps éloigné de ce groupe. Je HAIS ce titre, un peu comme le groupe, d'ailleurs, qui ne s'en cache pas et faisait jouer le titre par leurs premières parties, histoire d'en être débarrassé. Mais pas My Iron Lung, sur le suivant, c'est une bonne chanson, j'aime beaucoup le suivant.

nicola › vendredi 26 février 2021 - 09:55 Envoyez un message privé ànicola

On entend bien les influences sur ces deux premiers disques.