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Suede › Dog Man Star

  • 1994 • Nude NUD 477811 2 • 1 CD

détail des votes

Membre Note Date
Seijitsu      mardi 23 février 2021 - 07:46
Kissthecatconcept      mardi 23 février 2021 - 08:56
Richard      mardi 23 février 2021 - 10:03
Aladdin_Sane      mercredi 24 février 2021 - 09:23
Raven      lundi 22 février 2021 - 23:56
Shelleyan aka Twilight      mardi 23 février 2021 - 00:15
EyeLovya      mardi 23 février 2021 - 14:26

cd 1 • 12 titres • 57:59 min

  • 1Introducing the Band
  • 2We Are the Pigs
  • 3Heroine
  • 4The Wild Ones
  • 5Daddy's Speeding
  • 6The Power
  • 7New Generation
  • 8This Hollywood Life
  • 9The 2 of Us
  • 10Black or Blue
  • 11The Asphalt World
  • 12Still Life

line up

Brett Anderson (chant), Bernard Butler (guitares, piano, "choses"), Mat Osman (basse), Simon Gilbert (batterie)

Musiciens additionnels : Phil Overhead (percussions), Simon Clarke (trompette), Roddy Lorimer (saxophone, flûte), Richard Edwards (trombone), Andrew Cronshaw – cymbalum, bawu), Tessa Niles (voix), Sinfonia of London (orchestre) Brian Gascoigne (arrangements, direction), The Tricycle Theatre Workshop (voix d'enfants)

remarques

chronique

Styles
pop
rock
batcave
Styles personnels
glam frelaté

Elle a longtemps traîné sa misère dans mes méninges, cette pochette. Le genre de couverture magnético-moche assez typique de cette esthétique années 90 du morbide (on peut penser à Dirt) qui vous colle de sa sale odeur ensuquée. J'ai imaginé pas mal de musiques possibles sur ce nu morne, avant de découvrir celle qu'il cachait en vrai. Et... Je me souviens que je m'attendais à moins flamboyant. Et moins goth. Brett Anderson, ce blanc-bec maniéré à souhait, n'est pas le premier petit branleur androgyne à se prendre pour Bowie (qui lui même se prenait pour un autre), mais d'entre tous ces narcisses estampillés "pop britonne", il a la voix la plus vénérienne. Sans déconner, ce bêlement glitter plus écœurant qu'une tranche de jelly après une tartine de pâte Marmite, cette tonalité pisseuse et poisseuse bien réverbérée, qui pourrait surgir d'un spécimen cabaret-goth du début des années 80 ? Bien sûr, faut pouvoir le digérer sur le long format, ce timbre arty-putassier au mascara dégoulinant. Pouvoir en accueillir la flamboyance haut perchée sur les guitares crispées et couineuses de Butler. Mais si ça passe on se laisse cueillir, par ce charme de paillettes et de souillures... Dog Man Star est boursouflé, mais c'est un jardin pop-rock à part, aussi fleuri que ses modèles glamouzes. Une créature souvent agaçante de préciosité, mais pas avare en moments qui vous collent... Cohérente, autant qu'une soirée dans cette vilaine mais confortable pochette, à se peindre mentalement des galas sans avoir la force de quitter le plumard... Et en même temps la mixture est bigarrée, chaque chanson étant bien démarquée de l'autre, suivant une forme de parade crâneuse, d'éventail maladivement coloré, dans des teintes qui allient le doré et le glauque. Même quand ça sent la fanfare, y a cafard sous le scintillement, malaise dans le flonflon. Les apparats orchestraux sont comme un parfum hors de prix couvrant la moisissure, dans l'esprit d'un Berlin. C'est peut-être l'idée. Quand ces starlettes émaciées décident de sortir leur "album sombre", avec des histoires qui vont bien pour l'aura journalistico-racoleuse (guitariste endeuillé, groupe sur le point de la rupture ou choisissant la voix des ténèbres au lieu du star-system) ça vous donne cette parade aussi clinquante que blême, emphatique mais désabusée. Grandiloquente à l'image de son premier tube, qui sonne comme du vieux U2 vicié par du Bauhaus, ou son "Heroine" impérieuse au pouvoir d'attraction dégoûtant, qui s'impose saillante à la toute première écoute et ne vous lâche plus jamais... Et pourtant, effilée du pathos comme Suede peuvent aussi l'être, feutrés dans les belles parures. Énergique mais languissants comme ces "come rescue me" ou leur morceau pseudo-psyché-prog aux lamentations électriques. Contrastes un peu nauséeux, entre la croûte musicale et le tableau de maître, la frontière se brouille, le raffinement est celui d'une bourgeoisie ruinée, le zombie de Ziggy pointant sa gueule dans le spleen flasque de "Daddy's Speeding", mais couleur hareng saur. Ma gerbe est latente, les draps puent la marée. Et je vous épargne les moments Scott Walker invité à Starmania... Dog Man Star déploie ses ailes d'ange rassis entre les murs de la piaule, au tapin en heures sup dans le suranné, l'interlope, caressant rêveusement les costumes et les bijoux d'un temps proche mais révolu... Ampoulé, cet album l'est en effet, et pas qu'un peu. Il demande à être percé comme la cloque pour en laisser suinter le suc, mêlant dans une même lymphe le stupre et l'abattement, les appétits de grandeur et la déchéance.

note       Publiée le lundi 22 février 2021

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notes

Note moyenne        7 votes

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Aladdin_Sane › mercredi 24 février 2021 - 09:24  message privé !

Très bon cet album, probablement mon préféré du groupe. Et si je me souviens bien, les faces B de cette période sont vraiment intéressantes...

Note donnée au disque :       
Richard › mardi 23 février 2021 - 10:03  message privé !

C'est juste ce que tu soulignes Shelleyan aka Twilight. C'est parce que l'on présentait Anderson comme un mix de Bowie et du Mozz qu'en midinette, je me suis penché dessus. Si on accepte la voix ampoulée au possible d'Anderson (Morrissey passant pour un austère janséniste à côté), je retiens un album bien troussé et des souvenirs des années lycée.

Note donnée au disque :       
Nicko › mardi 23 février 2021 - 08:29  message privé !
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L'un de mes premiers concerts ! J'avais 13 ans ! J'ai toujours beaucoup aimé leur premier album !

Shelleyan aka Twilight › mardi 23 février 2021 - 00:15  message privé !
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Ooooh, quelle bonne idée ! J'ai vite été déçu par ce groupe mais les deux premiers restent, avec une préférence pour celui-ci. C'est devenu courant maintenant mais je trouve qu'à l'époque, l'ami Brett détonait par son aspect androgyne entre Bowie et Morrissey...

Note donnée au disque :