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KoЯn › The Nothing

  • 2019 • Elektra 16861 7409 2 • 1 CD

cd 1 • 13 titres • 44:01 min

  • 1The End Begins
  • 2Cold
  • 3You'll Never Find Me
  • 4The Darkness Is Revealing
  • 5Idiosyncrasy
  • 6The Seduction Of Indulgence
  • 7Finally Free
  • 8Can You Hear Me
  • 9The Ringmaster
  • 10Gravity Of Discomfort
  • 11H@rd3r
  • 12This Loss
  • 13Surrender To Failure

line up

Jonathan Davis (chant), Fieldy (basse), Munky (guitare), Head (guitare), Ray Luzier (batterie)

remarques

chronique

Entame digne des chiottes de la presse spécialisée j'en conviens, mais force est de constater que, même si son titre est de toute évidence une référence à la perte de l'être cher, The Nothing le porte comme un gant chirurgical : cet album n'apporte rigoureusement rien. Mais il le fait bien. Un peu comme son intro à la cornemuse servant de tapis à chouineries, "signature de l'artiste". Un peu comme son ambiance de tragédie aux émotions plastifiées, dans des décors à la THX-1138, ou plutôt à la Andrew Niccol, ou plutôt sur un plateau de Yann Barthès. Enfin froid quoi. Si on a apprécié le retour d'un Korn inspiré avec The Serenity of Suffering (écoutez cet album les aminches !), The Nothing est le cas classique de la suite en moins bien... Mais il n'est pas médiocre pour autant, et, il faut bien le souligner : moins indigent que ce que Korn ont usiné pendant plus de dix ans entre Take a Look et The Serenity (fusion délitée ou revival tiède), voire plus recommandable que le surestimé Life is Peachy, avec son titeuf-core boiteux et bidule qui joue le ouf zinzin comme Cassel dans Sheitan. The Nothing, à défaut d'envoûter vraiment, a la cohérence d'un monochrome de Whiteman. Le glacis du son aussi impeccable qu'un inox neuf, à la Take a look in the Miror-nettoyant métaux, les riffs "promo à l'hypermarché", les dissonances-échos des albums cultes de 1994 et 1996 (et Issues sur "The Darkness is Revealing"), les harmonies vocales chatoyantes ou nawak d'un Davis dans son énième performance "this shit is for real", l'investissement, l'écho laqué et le son power-raide... tout ou presque a déjà été entendu en plus catchy, punchy et pêchu sur The Serenity of Suffering, à la suite duquel The Nothing coule naturellement, pus propre, épanchement morbido-anesthésié de wimp-cold-groove-wave-metal, dont la moitié des morceaux environ me parlent sans trop me glisser dessus, comme la thématiquement centrale "This Loss", qui à défaut d'avoir un couplet à la Britney très inspiré, se paie une éclosion majestueuse à la Freddie Mercury, et surtout le plus beau refrain du Davis endeuillé, pour tout dire... élégant ? Oui, mon fauteuil pivote à tous les coups sur celle-là ! Sinon, hein ? Korn font du post-Korn, aussi convaincants du côté depeche-modien (touchante "Surrender to Failure" de clôture) que lisses dans leur ricainitude ("H@rder" ou "Cold" avec leurs airs de recalés au casting pour Untouchables). Accrocheurs sur un couplet bien chaloupé-cadencé ou une petite mélodie synthé-motrice, confortablement installés en pilotage automatique, avant de nous emmener à la piscine sur des refrains obispotents, édulcorés à l'aspartame. Des tubes efficaces, mais qui ne laisse pas de trace ("The Darkness is Revealing", "You'll never find me", "Can you hear me") sinon la sensation tenace que tout est là, turbinant à plein régime, mais qu'un truc essentiel manque... C'est aussi vu sous cet angle, que cet album est triste.

note       Publiée le lundi 15 février 2021

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notes

Note moyenne        4 votes

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saïmone › vendredi 19 février 2021 - 14:02  message privé !
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Gravity Of Discomfort n'est pas sur SoS les frères !

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surimi-sans-mayo › jeudi 18 février 2021 - 22:13  message privé !

Grâce à cet échange j'ai redonné sa chance à Serenity et je me range du côté de Raven. Celui-là je l'ai direct kiffé à sa sortie, mais maintenant je le trouve un peu trop rodé et mécanique, au contraire de Serenity qui coule plus tranquillement.

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Raven › jeudi 18 février 2021 - 21:52  message privé !
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Y a du chocolat noir dans le précédent, Insane par exemple, c'est muffin double choco. Et pour la sombritude torturée mal dans sa peau, SoS a ce qu'il faut dans le chargeur. Mais oui il a des pépites multicolores, de la nonpareille et tout, ça lui donne un bon potentiel de réécoute à la récré. Là c'est plus Oreo blanc (comme la pochette).

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Kissthecatconcept › jeudi 18 février 2021 - 21:12  message privé !

Hmm, c'est donc une question de goût. Le muffin SoS, c'est plutôt fruits confits multicolores, alors que le muffin the nothing, c'est pépites de chocolat noir. Je préfère le korn plus sombre, rageur-éploré. Et Davis fait une sacrée performance, tout en contraste. Perso, rien que les refrains de a different world, die yet another night ou black is the soul sur SoS me font préférer le dernier. Bon, 6 boulets, ce serait tout de même exagérer. 4,5.

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Raven › mercredi 17 février 2021 - 21:27  message privé !
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Réécouté les deux l'un après l'autre, parce que vous avez instillé en moi le doute d'avoir peut-être surestimé SoS, chenapans. Je campe sur mes positions, l'herbe y est plus fraîche. SoS a plus d'épaisseur, il y a plus de pépites dans le muffin c'est indéniable.

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