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Venom › Resurrection

cd 1 • 14 titres • 55:23 min

  • 1Resurrection
  • 2Vengeance
  • 3War Against Christ
  • 4All There Is Fear
  • 5Pain
  • 6Pandemonium
  • 7Loaded
  • 8Firelight
  • 9Black Flame (Of Satan)
  • 10Control Freak
  • 11Disbeliever
  • 12Man Myth & Magic
  • 13Thirteen
  • 14Leviathan

line up

Cronos (chant, basse), Mantas (guitare), Antton (batterie)

remarques

chronique

Styles
metal
Styles personnels
www.satan.com

Venom... Je me souviens de ce groupe de metal aussi archaïque que le silex, ce groupe d'un gugusse grimaçant et pas content contre la Bible qui s'appelle Conrad, et dont les beuglements m'évoquent le stade le plus primitif de la couillitude... J'ai récemment vu une une interview de Lemmy, mettant en avant la longévité de son groupe et, dans un sarcasme cruel et dédaigneux, demandant où sont Venom maintenant. Elle date de 1995 ou 96, c'est à dire peu avant que Cronos ne reprenne la barre, après une errance de dix ans, et ne ressuscite Venom.

Je me souviens je me rappelle, comme dirait le Daniel, de l'an 2000. De ce supermarché local, qui avait un espace disques attribué en marge de ses rayons. Ce Venom marron-occulte y avait été mis en vente à sa sortie, 100 francs environ. Je l'y ai vu traîner sa pauvre vieille pochette de vieille légende du metal sur le retour, pendant des années, à peu près une décennie en tout. À chaque fois que je passais par cet espace multimédia un peu minable mais touchant, avec son pauvre rayon metal dégarni, je le voyais, ressurgir pendant mes pérégrinations au fil des petits boîtiers en plastique qui basculent. Je le regardais de haut ce Venom nouveau, déjà poussiéreux, de plus en plus sale de doigts et de temps, avec une cellophane de plus en plus écorchée, ternie... J'ai laissé moisir, à chaque fois que je me retrouvais devant je le laissais là. J'ai préféré acheter un King Diamond, j'ai préféré ne rien acheter, j'ai préféré me faire une idée simple et suffisamment nutritive de ce qu'il contenait. Puis un jour vers 2010, migration stratégique, obsolescence du compact disc, ou autres raisons dont je me fous : l'espace disques allait disparaître. Le Venom était toujours là. La cellophane n'en était plus vraiment, elle était si craquelée qu'elle ressemblait désormais à du parchemin. Ils l'avaient descendu à 1 euro. Les salauds. J'ai fini par le prendre, mais j'étais depuis longtemps persuadé que je n'avais même pas besoin de l'écouter, parce que j'en avais inventé la musique dans ma tête à partir de la pochette.

Et au final, en l'écoutant, je n'étais pas tombé loin. C'est grosso merdo ce que j'imaginais, dès ce "Rrresurrrrection" aux R roulés avec absolue délectation : du Venom chromé et lustré, thrashisant et mosh, grossièrement mis au goût des années 90 finissantes. Soit le chant de Cronos, avec des riffs groovy-patator et une production tout-terrain, toute belle toute propre (ce qui a dû faire tousser les fans des premiers), avec de ci de là des dissonances (des "crissements de riff" comme je disais quand j'avais pas internet) pour passer ni vu ni connu dans la génération millenium qui bouffe neo et cyber - mais sans perdre le côté rudimentaire et barbare de Venom. Un peu ce que Slayer feront, plus agressivement, sur God Hates us All : un retour de darons en mode ultra-frontal, primordial, dans tout leur satanisme bourrin franc et affirmé, qui cherche ni à être finaud ni à être inventif, ni quoi que ce soit de pas metal. Mais ramené au gabarit plus roquet de Venom, de sa vision du rock luciférien : sans volonté d'extrémisme, juste mal embouché et pas prise de tête. Sataniquement beauf, de façon réjouissante. Avec quand même quelques beaux solos fleuris sur l'amas de ferraille et de grognements patibulaires (avec même une forme d'élégance sur le final "Leviathan"). Si on peut trouver des titres comme "Vengeance" ou "Control Freak" hyper-mega clichesques, et y retrouver ce fameux côté semi-parodique de Venom, ils sont drus et crus, et ce chant est d'une spontanéité et d'une vitalité communicatives. Cette canaille de Cronos pète le feu ! Il a l'énergie d'une brute féroce, inversement proportionnelle à sa gueule de mini-Gene Hackman chevelu. Remise en forme et patate de forain vocale sous lesquelles riffs et batterie font un job minimal qui devient un peu plus que ça, et déroule ce qui ressemblerait à une usine à tubes façon Venom ou pas loin (essayez un peu d'oublier le refrain de "All There Is Fear" pour voir). Et puis merde, on sent bien d'où viennent les "HOU !" de Lee Dorrian : de ce gosier aussi ancestral que le "HOU !" du premier homme a avoir tenu une massue, ou dans ces eaux-là. Un "HOU !" de Cronos, c'est comme une grosse noix de beurre sur le steak, comme la moutarde qui lui monte au nez à l'ancienne, c'est comme une époque très lointaine où les métaphores culinaires étaient encore fraîches dans une chronique, et où les "comme" n'étaient pas des béquilles pour ces feignasses de chroniqueurs du nouveau millénaire. Resurrection sonnait sûrement has been en 2000, mais il a mieux vieilli que la majorité des trucs qui sont sortis cette année-là. L'effet Cronos, encore. Venin de garde.

note       Publiée le jeudi 4 février 2021

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taliesin › vendredi 5 février 2021 - 11:03  message privé !

Clairement bien meilleur que ce qu'ils ont sorti ensuite !

Note donnée au disque :