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Sopor Aeternus And The Ensemble Of Shadows › Island of the dead

cd • 11 titres

  • 1Minotaur
  • 2Poison
  • 3Black magic spell
  • 4Deathhouse
  • 5Mourning
  • 6The void
  • 7Saturn rising
  • 8Burial ground
  • 9Nightbreed
  • 10Cold
  • 11Goodbye

extraits vidéo

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enregistrement

Tidalwave Recording Studios, Karlsdorf, Allemagne.

line up

Anna-Varney Cantodea (chant, instruments)

Musiciens additionnels : Nikos Mavridis (violon), Jonas Schira (trompette), Michael Fütterrer (trombone), Patrick Damiani (banjo), Sascha Neuhardt (basse), Tim Ströble (violoncelle), Marcel Millot (batterie), Jörg Dudys (guitare)

remarques

https://soporaeternus.bandcamp.com/

chronique

J’en ai assez de ces transports publics, marre de ces files de voiture qui n’avancent pas, pas envie de rythmes martiaux et fiers, non je veux rentrer et me lover dans une bulle de tristesse, chaude, confortable, un de ces nids douillets que Sopor Aeternus et son Ensemble des Ombres savent tisser mieux que la plus agile des araignées…Il faut dire que je suis en mode love avec ce projet depuis une année. J’avais pris quelques distances, petit ingrat que j’étais, alors que je savais bien que je risquais de revenir dans le giron de Anna Varney. Aucun mauvais disque mais peut-être une impression de déjà vu résultant sur une urgence moindre à découvrir (‘oui, oui, j’y jetterai une oreille plus tard’). Et puis, le chef-d’oeuvre, ‘Death and flamingos’ où le projet se renouvelle comme jamais en intégrant des influences deathrock et plus d’électricité dans sa musique. One shot ? Un peu mais comment ne pas se laisser happer par les premières notes d’une mélancolie à fendre l’âme de ‘Minotaur’ ? Ces arpèges en pleurs, ces carillons en deuil, voilà le spleen dans lequel j’ai envie de me lover comme une couette de coton que je rabattrais sur ma tête pour ne plus voir ce monde moche et ses monstres pas drôles. C’est pas que ce soit joyeux joyeux sur l’île des morts mais au moins la douleur qu’on y ressent fait du bien. Comme le monde moche ne se laissera pas aussi aisément damner le pion, il m’enverra son armée de procureurs avec un document où il sera écrit en lettres de fuel ‘oui mais en fait, le groupe retrouve ses sonorités habituelles’. Ce n’est pas entièrement faux, on retourne des harmonies familières, une tristesse noir corbeau déjà connue mais, comment dire, c’est joué avec une telle maîtrise et une telle fluidité…Sans compter que le combo n’a pas entièrement renoncé à expérimenter des choses nouvelles dans ses compositions, ainsi l’excellent ‘Deathhouse’ avec une basse très présente, des orchestrations néoclassiques plus dépouillées, une batterie très travaillée dans les nuances de roulements et de cymbales, sans oublier quelques synthés rétro à la Moroder des catacombes planqués en 3ème plan sur le refrain. Citons aussi ‘The void’ avec une rythmique moins funky, des guitares électriques qui se cachent peu, une manière d’agencer le chant neuve. Globalement, le jeu de batterie est excellent, efficace, direct mais varié dans les détails et la précision. Une autre chose a changé, la voix est posée de manière plus sincère, débarrassée de certains effets bêlants du passé; elle sonne de manière crédible et forte, sans perdre sa tessiture désespérée. D’une certaine manière l’ange Anna Varney s’est incarné fortement dans notre réalité, il suffit d’écouter les paroles. Malgré l’image gothique de cinéma, l’album entier traite violemment des amitiés trahies, des amours mensongers, du rejet. La fin de ‘Nightbreed’ est d’ailleurs sans équivoque: ‘I'm not your pal, your aunt, or your mother, you asshole, I am your friend but if all that is too much to ask for, then please, don't pretend. If you don't care to have me in your busy, happy life then don't you dare say that you love me. Go and tell that shit to your wife(…) And you knew what it meant to me but you didn't care or you would have been there, so, fuck you for that’. Plus de pose, une sincérité tragique, emplie de colère étouffée, qui renforce la portée de la musique du groupe. Très sombre, très triste, servi par une production impeccable; continue Anna, je suis bien quand je t’écoute.

note       Publiée le mardi 19 janvier 2021

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Richard › mercredi 20 janvier 2021 - 05:42  message privé !

Depuis "Death And Flamingos", les sanglots de la Créature m'étaient nettement moins apparus comme monotones. Cette dernière production revient assurément vers un certain classicisme. Elle n'est pas désagréable même si elle souffre du défaut récurrent soporien : sa longueur.

Note donnée au disque :