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Throane › Derrière nous, la lumière

cd 1 • 7 titres • 32:00 min

  • 1Sortez vos lames, que nous perdions nos poings
  • 2Aussi féroces que nous repentons
  • 3Derrière nous, la lumière
  • 4Un instant dans une torche
  • 5Contre terre
  • 6Nous blâmons la tempête de nous avoir laissés en plaies
  • 7À cette chute

enregistrement

Enregistré aux Severh Studios (décembre 2015 - janvier 2016). Mixé et masterisé au Autoclave Studio à Singapour.

line up

Dehn Sora (tout)

remarques

chronique

Connu surtout en tant que Pochetteur suprême du black metal d’avant-garde, Dehn Sora est aussi, plus récemment, réalisateur de clips (« Ad Arma » de DSO ou « Dissolved Orders » d'Ulcerate, c’est lui). Il se cache derrière presque tout ce qui se fait de bien visuellement autour de Debemur Morti et de la Church of Ra. Avec Throane, le voilà qui se livre, comme tant d’autres avant lui, à la tentation du side-project black metal en solo. A l’image de cette pochette délicieusement contrastée, coupée et scénarisée (encore un mari qui doit faire le bonheur de sa femme), il faut s’attendre à du black d’orfèvre, de mec qui pense sa musique et mâture son concept. Tout est bien disposé, bien arrangé, peut-être un peu trop, mais tout est simple comme bonjour. Chaque titre, une mandale est décochée sans crier gare. Throane ça s’approche à pas de loup, vicieusement, ça t’attrape par le col et ça te fout dans la machine à laver. Une chanson = un riff ou deux. Mais chaque riff te retourne, te plaque au sol, t’aspire dans le vortex, te dissout dans le trou noir. Comme l’atmosphère se fait vite irrespirable, DS a adéquatement ménagé des aires de repos entre les montées en tension, inspirées de son projet dark ambient (Treha Sektori), qui rendent les décollages et les atterrissages plus souples. Les déferlantes cathartiques, quant à elles, offrent un black metal sludgien, boueux, généreux, écrasant comme un bon Neurosis peut l’être. Ça chipe à Blut Aus Nord un certain don pour l’hypnose, à Lurker of Chalice, un peu de brouillard pour les accalmies, à Deathspell, des envolées infernales, à Céleste, de la lourdeur et des titres suggestifs dans un français canines-à-l’air mais propre sur lui. Il faut bien le dire, c’est la grande marmite aux influences. Dehn Sora est autant un carrefour qu’une passoire. Néanmoins, le mélange reste savoureux. Petit défaut qu’on pardonne en montant le volume : la production, un peu faiblarde, pas assez immersive, n’honore pas comme il faudrait cette petite série de machines à étouffer. Sur ce premier essai, le batteur informatique, qui ne branle pas grand chose par ailleurs, manque franchement de présence et de lourdeur. Le chant, ou plutôt l’écho confus et lointain de moult hurlements, borborygmes et autres maugréements, a le bon goût d’être à peine audible, sous-mixé, réduit à un élément d’ambiance, pour ne pas gêner l’effet d’aspiration dans les envolées. Même si le disque, pris dans son ensemble, se montre déjà très linéaire, Throane ne lasse pas. Même si mille fois ça recommence, et que mille fois on sait à quoi s’attendre, on se fait ici prendre à chaque fois. Il est comme ça Throane, surprenant de simplicité. Il ne manque pas de fraicheur même si on sent bien d’où il vient. Derrière nous la lumière est une belle entrée en matière.

note       Publiée le samedi 2 janvier 2021

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