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Bellhead › Unicorn bones

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Twilight      mercredi 11 novembre 2020 - 21:55

cd • 5 titres

  • 1Snuff film 1974
  • 2Unicorn bones
  • 3Always (running after sun)
  • 4Knife
  • 5Sidewinder

extraits vidéo

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line up

Ivan Russia (chant, basse 'high', programmation), Karen Righeimer (basse 'low', chant)

remarques

https://bellhead.bandcamp.com/music

chronique

La solitude, mal éternel et terrible d’une société où chacun se coupe toujours plus des autres, privilégie le virtuel au réel, cancer silencieux choisissant ses victimes dans une indifférence générale…Le duo américain Bellhead a sa solution: ‘Bring me the necromancer, the alchemist, the topless dancer, with the bones of a unicorn you’ll never be alone’. Ca doit bien se trouver sur Amazon, euh non, on privilégie le local ! La particularité du projet est de réunir deux bassistes, un homme, une femme, des vétérans de la scène alternative de Chicago. Tous deux ont beaucoup écouté Nine Inch Nails, du post punk aussi, un peu de goth rock probablement, du punk même. Ce qui est certain, c’est leur plaisir à louvoyer entre tous ces genres sans se faire rattraper complètement par aucun d’entre eux. Oui, il y a certes un fond de rock industriel assez marqué (on songe à des échos de Pigface (tiens, madame en a fait partie), de Ministry version soft, NIN forcément) dans sa version subtile et tendue. ‘Snuff film 1974’ pourrait incarner la face la plus violente du duo, entre Godflesh et Ministry, alternant tension dépouillée et refrain puissants qui ne virent jamais à la franche violence. ‘Unicorn bones’ est encore plus vicieux. Il y a un groove limite grunge mais joué par des mordus de goth industriel; c’est sale, rampant, menaçant, avec quelque chose de très narratif dans le chant comme si un serial killer faisait la voix off du film de ses crimes, les discrets répons féminins accentuant la touche froide. Le duo aime à varier ses structures, l’approche est souvent simple mais subtilement interprétée, avec nombre de petits breaks bizarres, cassures de rythme, chutes de pression…Les chansons sont unies par une même aura noire et malsaine renforcée par les paroles (meurtres, sexe, drogue, passion) permettant au groupe d’explorer un large spectre de styles. Après l’entrée en matière violente des premières pistes, ‘Always’ renoue avec un aspect indie/post punk plus tranquille mais toujours menaçant; inutile d’être violent quand le diable est de votre côté. J’aime beaucoup ‘Knife’, comme si les Sisters of Mercy de ‘Vision Thing’ jouaient du Revolting Cocks, quant à la dernière pièce, elle renoue avec cette étrange tranquillité sale, ponctuée d’éclats de basse crasseux et lourds, avant d’éclater en quelque chose de dansant sans que les vocaux ne perdent leur aspect narratif inquiétant, sauf sur le final où Ivan Russia se lâche enfin. Il n’y a rien de froid dans ce malaise, au contraire, c’est une musique de routes d’Arizona, une b.o pour tueurs égarés du côté du Texas, un paysage de granges abandonnées dans lesquelles quelques salopards se livrent aux pires atrocités pour chercher à comprendre leur rapport avec Dieu ou juste tenir un journal de bord dans l’indifférence la plus générale.

note       Publiée le mercredi 11 novembre 2020

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