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Papete › Berimbau e Percussão

vinyl 33t • 8 titres • 29:41 min

  • Face A
  • 1A Ova2:27 [Theo de Barros]
  • 2Ponto Do Caboclo Sete Flechas3:12 [Thème traditionnel adapté par Papete]
  • 3Igarapé6:18 [Theo de Barros]
  • 4Bumba Meu Boi3:14 [Thème de Manoel Onça adapté par Papete]
  • 5Cachimbo0:50 [Papete]
  • Face B
  • 6É Assim Que Eu Sou4:27 [Theo de Barros]
  • 7Berimba8:55 [Theo de Barros]
  • 8Maracá3:05 [Theo de Barros]

enregistrement

Enregistré aux Estúdios Vice-Versa, São Paulo

line up

Theo De Barros (Orgue, guitare, cincerro, direction artistique et arrangements), Papete (percussions, berimbau sur la 7, chant), Ana Maria (chant sur la 7), Ayres (viola, cavaquinho), Gabriel (basse), Demetrio (flûte), William (batterie), Balto (surdo), Jorginho (ganzá)

Musiciens additionnels : Oswaldinho da Cuíca (cuica, pandeiro), Felpudo (trombone)

remarques

Attention, Berimbau e Percussão est également le nom d'une compilation d'Universal Sound, filiale de Soul Jazz Records... Il s'agit d'un mélange pur et simple des morceaux de ce disque et du 3ème de Papete (Água De Côco, 1978, également sorti chez Discos Marcus Pereira). Je ne suis pas fan du procédé, Soul Jazz nous avait habitué à mieux !

chronique

Styles
folk
jazz
world music
Styles personnels
folklore percussif afro-brésilien

Berimbau e Percussão est le premier opus de Papete, percussionniste brésilien virtuose qui a naturellement trouvé un terrain d'expression idéal chez Discos Marcus Pereira, du nom du patron du label, un incontournable passeur d'expressions folkloriques brésiliennes et un véritable havre pour certains artistes peu intéressants pour les grosses majors. Papete vient du Maranhão, État périphérique aux traditions musicales peu connues, même au Brésil ; mais pour l'heure, il vient présenter des instruments brésiliens plus globaux, rattachés à la tradition afro-brésilienne.

Berimbau e Percussão est varié, voire dilettante : il oscille sur toute sa durée entre pures expressions afro-brésiliennes et compositions de Theo de Barros, ancien du Quarteto Nôvo qui a révélé le légendaire Hermeto Pascoal, et véritable éminence grise des Discos Marcus Pereira. « Ponto do Caboclo Sete Flechas » est ainsi une adaptation musicale d'un thème d'Umbanda, du nom de cette religion syncrétique brésilienne, émanation directe de la rencontre entre culte de possession et christianisme ; Bumba meu Boi renvoie quant à elle à une danse folklorique présente partout au Brésil, témoin des rapports complexes entre races depuis la création du pays... Les compositions de Theo de Barros se montrent tout aussi variées, entre jazz/baião à la Hermeto Pascoal (la jouissive « A Ova »), samba dans son acception la plus afro-brésilienne (« E Assim que sou Eu », qui dérive en pure batucada à mi-morceau) et maracatu de Recife (« Maracá », chant doux-amer sur un tapis de percussions).

Le sommet du disque est probablement le seul à contenir du berimbau : la dense et passionnante « Berimba ». Cet instrument, une sorte d'arc à une corde et un outil à la fois percussif et mélodique, est indissociable de la pratique de la capoeira. « Berimba » se montre radicale puisqu'elle consiste, après un thème afro-brésilien dans son versant le plus hanté composé par Theo de Barros, en un pur solo de berimbau par Papete, seulement accompagné par une ganzá, venu apporter une pulsation au milieu de tous ces sons aquatiques. Le résultat est démentiel de rapidité et de précision ; Papete y multiplie les variations rythmiques et les descentes harmoniques, jusqu'à bouffer complètement la durée du morceau, l'auditeur étant emporté dans une transe afro-brésilienne. Un résultat rarissime sur disque, peu d'authentiques accompagnements de capoeira supportant le passage à l'enregistrement. Je ne pense guère qu'à Naná Vasconcelos comme instrumentiste ayant exploité à ce point les possibilités de l'instrument, jusqu'à le rendre fascinant par-delà les décennies...

En-dehors de ce moment de bravoure percussive, Berimbau e Percussão creuse insuffisamment les styles folkloriques qu'il aborde. Il ressemble à une piqûre de rappel à destination du public brésilien quant à la richesse de son patrimoine, quelque chose de beaucoup plus respectable que de l'exotica, superbement joué mais quelque peu obsolète en 2020.

note       Publiée le jeudi 27 août 2020

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