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Tisiphone › Koma forte

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Twilight      mercredi 26 août 2020 - 19:30
Richard      mercredi 26 août 2020 - 21:30

vinyl 33t • 6 titres

  • 1Heureux je suis
  • 2Nasty kids
  • 3Atomic tissue
  • 4Exil
  • 5Bully
  • 6Rageux

extraits vidéo

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remarques

https://tisiphone.bandcamp.com/album/koma-forte

chronique

Souvenirs, souvenirs, Twily petit (et pas Zazie) dans le métro… Ce pauvre petit lapin sur l’autocollant qui se fait pincer les doigts à longueur de journée pour nous mettre en garde et nous avertir qu’on risque de se faire ‘pincer très fort’, aïe, aïe… D’autres en conserveraient-ils aussi des séquelles ? ‘Attention à la fermeture des portes’, ‘attention au museau’, ‘heureux je suis’… Attention surtout à la chronique bien difficile à rédiger, celle du second album de Tisiphone, un groupe qui emmène le post punk dans des endroits que tu ne sais même pas qu’ils existent ni si c’est encore du post punk ni si c’est bien encore toi, là dans le miroir. Évidemment, ce ne sont pas les roulements tribaux de ‘Heureux je suis’ qui nous poussent à la méfiance, ni même les guitares tranchantes tandis que la récitation masculine demeure imperturbable (au contraire des voix féminines et leurs chants de sioux en guise de chœurs); on crispe les poings, on devine qu’on aborde des terres où les sentiers touristiques ne sont pas encore balisés mais l’aventurier en nous permet de rester droit. Sauf que la tension à peine instaurée, elle s’évanouit d’un coup, la jungle que l’on se préparait à affronter se charge soudain d’un climat cotonneux, doux, sur lit de basses rondes, de chant féminin tranquille, avec quelques accords éthérés de guitare en guise de lianes. Alors pourquoi ne se relaxe-t-on pas ? Pourquoi subsiste-t-il quelque chose de toxique dans l’air ? Sont-ce ces étranges mini-contrepoints sous forme de boîte supra-étouffée aux roulements vintage, ce médiator qui gratte la corde ? Les raisons de se méfier étaient pourtant là, les roulements d’abord discrets montent lentement et soudain, pan ! Guitare, accords inquiets, batterie plus insistante. Rien d’agressif pourtant, c’est plus subtil que ça. Cet étrange vertige qui avait saisi devient simplement plus étouffant, hallucinogène. Assez pour un trip, suffisamment retenu pour éviter le bad. Intense ? Peut-être. Assez pour éprouver les repères. Avec ‘Atomic tissue’, on renoue avec le post punk torturé comme une bouffée d’air échappée des marais. Ça fait du bien mais il y a toujours quelque chose sur le tranchant du rasoir (les roulements, les étranges sonorités du synthé, les mélodies maladives), impression perdurant sur la chanson d’après, ‘Exil’; de prime abord plus mélancolique de par son synthé, ce dernier se révèle rapidement moins sécurisant qu’escompté et le feeling général se trouble. Beaucoup de suggestion, du grand art. Le groupe va encore plus loin sur ‘Bully’, véritable expérimentation post-punk ambient (ça existe ?); sept minutes de plages sourdes, de guitares nocturnes, de percussions faussement dansantes, de voûtes spatiales au synthé, avec une voix féminine que l’on devine entre la fée et la sorcière sans savoir laquelle on préfère. Pas question de méditer sur ses émotions, les percussions sèches claquent d’emblée, la ligne de guitare sexy as fuck aussi…’Rageux’ ou la cold minimale sur laquelle tu balances des accords bien sentis pour marquer la différence avec final accéléré version synth-punk. C’est fini. T’es où ? Tu te sens comment ? Personne n’est là pour te répondre. D’ailleurs, existes-tu réellement ? Six chansons seulement ? Crois-moi, pas besoin de plus dans un tel labyrinthe émotionnel…

note       Publiée le mercredi 26 août 2020

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Note moyenne        2 votes

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Dioneo › jeudi 27 août 2020 - 09:11  message privé !  Dioneo est en ligne !
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Tiens, je l'ai curieusement pas encore écouté, ce deuxième/premier "vrai album" de mes voisins de ville ! Faudra, vu que ce que j'en avais entendu poussait en effet encore plus loin le brouillage de pistes au-delà des tics de genres (avec le clip neuneu/contre-pied du sérieux plus-ian-curtis-que-moi-tu-meurs qu'affectionne généralement "le milieu", gros nawak en couleur à la vogue des marrons, d'Atomic Tissue - qui leur ressemble bien, pour le pas-tant-que-ça-mais-on-s'est-croisés-un-paquet-de-fois-tout-de-même-quoi que je les connais, hors-scène).