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DJ Screw › 3 'N The Mornin' (Part One)

cd • 16 titres • 73:15 min

  • 1DJ Screw - Intro1:03
  • 2Dr. Dre - Hi Power featuring That Nigga Daz, RBX & Rage6:47
  • 3Spice 1 - City Streets6:26
  • 4Too $hort - Don't Stop4:25
  • 5Ice Cube - Good Day4:41
  • 6DJ KJ & MC Kooley C - Big Dick4:31
  • 7Dr. Dre - Dre Day featuring Jewell, RBX & Snoop Doggy Dogg6:27
  • 8Street Military- Agravated Rasta featuring Klondike Kat3:52
  • 9Laid Back - White Horse1:59
  • 10DJ Screw - Commercial2:48
  • 11LL Cool J - Rock Tha Bells4:47
  • 12Dr. Dre - Nigga With A Gun featuring Snoop Doggy Dogg5:39
  • 13Comptons Most Wanted - Compton Thang5:02
  • 14Juicy - Sugar Free5:15
  • 15Street Military- Dead In A Year6:17
  • 16Yo-Yo - So Funky3:28

enregistrement

Enregistré au studio Samplified Digital à Houston

line up

DJ Screw (mix, chopping & screwing)

Musiciens additionnels : Ice Cube

remarques

Version raccourcie du mix "Chapter 108 - 3-n-da Morning", sorti sur cassette en 1994

chronique

Styles
hip-hop
Styles personnels
chopped & screwed

Quoi de mieux, pour commencer à couvrir l'immense et souterraine œuvre du pionnier DJ Screw, que de commencer par ses rares mixes sortis sur CD ? Ce n'est pas sur ces derniers que l'on trouve ses plus profondes failles spatio-temporelles, mais ils ont le mérite d'être relativement denses et suffisamment concis : un CD, c'est 1h20 maximum, ce qui n'est pas le cas d'une cassette...

Débutons par une rapide présentation : Robert Earl Davis Jr., DJ hip-hop texan, commence à créer des assemblages de morceaux de rap au moment où la scène de Houston commence à prendre de l'importance. Il invente la technique du chopped & screwed, censé placer l'auditeur dans un état second proche de l'effet du sizzurp, du nom de ce cocktail à base de soda et de codéine qui commence à ravager les ghettos afro-américains dans les années 90. Screwed pour le pitch vers le bas systématiquement appliqué aux morceaux ; chopped pour les trifouillages, en particulier celui appliqué au kick, qui provoque une cassure rythmique, dure à décrire mais tout de suite reconnaissable.

Il sort des mixes à la pelle à partir de 1991, mais ce n'est qu'en 1995 qu'il semble s'intéresser à son éventuelle postérité, avec trois mixes sur CD plus largement distribués : 3 N The Mornin' Part 1 et 2, et Bigtyme Recordz Vol II. Chacun s'attache à couvrir une partie du registre du DJ, ce 3 'N The Mornin' Part 1 faisant plutôt la part belle au style de remix de DJ Screw, qui passe ici des classiques à la moulinette chopped 'n' screwed. La tracklist est ainsi bourrée de grands noms du hip-hop 90's : Dr. Dre, Snoop Dogg, Too $hort, Ice Cube. L'occasion de se rendre compte que si le Texas semble se situer au centre des Etats-Unis, il n'est surtout ni à l'Est, ni à l'Est...

Comparé à ses deux compagnons, 3 'N The Mornin' Part 1 se montre assez poussif. Paradoxalement, cela est dû à des morceaux trop bons de base, ne laissant pas l'opportunité à Screw de montrer ses talents d'alchimiste ! L'ennui s'installe même en début de disque, qui décolle heureusement enfin à partir de l'hallucinogène version chopped & screwed du "Don't Stop" de Too $hort, auquel succède un remix "d'It Was a Good Day" de folie. Scratching et sons bizarroïdes transforment ce classique doux-amer en kaléidoscope bon pour l’asile, donnant l’impression à l’auditeur d’être assailli par des insectes issus de sa psyché altérée. A partir de là, la magie opère, et on se met à nager dans un monde étrange, sans la moindre stabilité, plein de flows déformés et de sons si modifiés qu'ils en deviennent impossibles à identifier. A partir de Dre Day, je perds généralement tous mes repères vis-à-vis de la tracklist, et le mix devient une immense mélasse toxique de laquelle émergent quelques synthés G-Funk et gimmicks rap célèbres, comme autant de résurgences d'une sobriété passée... Au sein de ce brouillard  "White Horse" de Laid Back se démarque : l'originale est un tube d'acid house dérangeant, qui vire au grotesque une fois métamorphosé par le sorcier DJ Screw.  

Mais l'ennui finit hélas par (un peu) revenir, peut-être parce que 3 'N The Mornin' Part 1 parle insuffisamment aux tripes. DJ Screw, à son meilleur, sait faire se sentir l'auditeur comme un junkie triste, seul et défoncé au fin fond d'une cave glauque de Houston. Mais il ne provoque ici que confusion des sens et plaisir psychoactif. C'est que ce mix est suivi d'une deuxième partie : il faut donc le prendre pour un début de trip, un avant-propos des contrées glauques et tristes visitées par 3 'N The Mornin' Part 2. En tant qu'objet unique, ce premier opus est donc une semi-réussite : il est trop long et DJ Screw n'y montre qu'insuffisamment sa sensibilité, la vraie raison pour laquelle personne à Houston ne l'a oublié, au-delà de ses innovations sonores...

note       Publiée le lundi 10 août 2020

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dariev stands › jeudi 13 août 2020 - 17:19 Envoyez un message privé àdariev stands
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https://www.youtube.com/watch?v=RV5jJrv2kjY

;=)

Shelleyan › lundi 10 août 2020 - 20:58 Envoyez un message privé àShelleyan
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Ooooh, un remix de Laid Back...A vérifier ^^

born to gulo › lundi 10 août 2020 - 11:57 Envoyez un message privé àborn to gulo
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