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General Magic › Frantz

cd • 14 titres • 61:09 min

  • 1Tyrell3:42
  • 2Take The Bus5:14
  • 3Rollen Rink6:10
  • 4Close, But Not Quien6:01
  • 5The Official GM Ski-WM Theme1:08
  • 6Temko5:20
  • 7Boom6:34
  • 8Madshoes5:38
  • 9Obvious3:36
  • 10No Ketting5:30
  • 11Blob Return2:12
  • 12Bonden4:54
  • 13Mimi1:42
  • 1411:254:40

enregistrement

Enregistré durant l'hiver 95/96

line up

Ramon Bauer, Andi Pieper

remarques

La réédition de Digital Narcis Corporation inclut une bonus track enregistrée durant l'été 2001 : Habakuk.

chronique

Styles
electro
noise
Styles personnels
expérimental / glitch

Parmi les expérimentateurs ayant repoussé les limites de la musique électronique dans les années 1990, le label autrichien Mego est parfois trop passé sous silence. Peut-être éclipsées par l'IDM anglaise, les œuvres de Peter Rehberg (alias Pita) et du duo composé de Ramon Bauer et Andi Pieper (General Magic) ont pourtant eu une résonance souterraine incalculable, en particulier pour la naissance du glitch, transposition musicale de phénomènes informatiques qui laisse libre court au hasard et à un minimalisme sans précédent. Quelques œuvres majeures du style ont déjà été couvertes par d'autres sur Guts, en particulier l'emblématique Fennesz, d'ailleurs lui-même issu du microcosme Mego ; mais ce qui est intéressant avec ce Frantz, deuxième sortie longue durée de General Magic après une collaboration avec Pita, est qu'il permet d'observer cette démarche avant sa stabilisation autour du monde de l'infiniment petit. Ainsi, Frantz a encore beaucoup de points communs avec les expérimentateurs anglais du début des années 1990, se montrant influencé par les rythmiques hip-hop et techno en quelques-unes de ses parties les plus conventionnelles (comme sur Take the Bus ou Madshoes).

Il s'agit d'une œuvre dense, versatile, parfois incohérente, seulement unifiée par un son de haute précision mais empreint d'une certaine saleté, pas encore dans la neutralité sonique qu'allaient bientôt adopter les artistes du mouvement. Le résultat donne l'impression d'un laboratoire poussiéreux, dans lequel on naviguerait de bocal en bocal afin d'observer le bestiaire électronique élevé par Bauer et Pieper. Certaines sont plus fascinantes que d'autres : Tyrrell est ainsi une succession de micro-sons dotée d'une logique propre dont la compréhension, et donc l'intérêt, semble résister à des écoutes successives ; Bonden est un essai hip-hop/IDM réussi avec un groove à la Autechre période Garbage ; Temko est quant à elle une digression noise sourde et sublimement exécutée, nimbée d'une mélodie mélancolique et théâtre d'une impressionnante montée en puissance, probablement le cobaye que j'observe le plus souvent tant il réussit à allier avant-garde sonore et émotion. Ce qui m'amène au principal reproche que j'ai à formuler à propos de Frantz : beaucoup de ses expérimentations ne parlent qu'à l'intellect, sans se montrer suffisantes de ce point de vue, œuvre précurseuse oblige. Malheureusement, le résultat est que l'ennui pointe régulièrement le bout de son nez, d'autant qu'une bonne partie des morceaux dépassent les cinq minutes. Une collection d'études sonores intéressantes ne suffit pas à faire un disque satisfaisant, et le disque est truffé de bidouillages qui ne pissent finalement pas bien loin... Reste que les nombreuses idées de Frantz ne sont pas restées lettres mortes, des œuvres nettement plus abouties d'un Fennesz à la démarche d'Actress, qui ressemble souvent à une transposition de l'approche des Autrichiens dans le contexte de la dance music anglaise de la fin des années 2000.

note       Publiée le dimanche 2 août 2020

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