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Mark Lanegan › Gargoyle

cd • 10 titres • 41:11 min

  • 1Death's Head Tattoo
  • 2Nocturne
  • 3Blue Blue Sea
  • 4Beehive
  • 5Sister
  • 6Emperor
  • 7Goodbye To Beauty
  • 8Drunk On Destruction
  • 9First Day Of Winter
  • 10Old Swan

line up

Alain Johannes (guitare, basse, synthétiseur, harmonium, mellotron, orgue, clavecin, percussions, chœurs), Mark Lanegan (chant), Rob Marshall (basse, guitare, synthétiseur, piano, batterie, programmation, cuivres)

Musiciens additionnels : Greg Dulli (guitzre, synthétiseur, chœurs), Josh Homme (chœurs sur "Emperor"), Jack Irons (batterie), Duke Garwood (cuivres, guitare), Martyn LeNoble (basse), Fred Lyenn Jacques (basse), Jean-Philippe de Gheest (batterie), Aldo Struyf (piano, percussions, harpe), Shelley Brien (chœurs)

remarques

chronique

Styles
rock
new wave
blues
Styles personnels
l.a.negan

Quand on vieillit, paraît qu'on se résigne, qu'on s'en fout de plus en plus des trucs qui avant nous minaient... Qu'on laisse pisser. Lanegan, lui, ça lui réussit plutôt pas mal, la décontraction de la cinquantaine. Il s'en ballec (Baldwin ?), il fuse, il fusionne... Il porte des bouts de new wave de sa jeunesse en bracelets, en collier, comme un vieux mec décontracté. Mais pas pour se la raconter. Comme des amulettes. Il a gardé des cailloux de blues dans ses poches aussi. Pareil. Laisse pisser sa présence, intégrale, sans effort. Même si ça fait un bail que ça dure, certes. Ici moins Stetson et canasson, plutôt Ray-ban et coupé sport - enfin surtout dans les deux premiers titres imparables, façon Twilight Singers chez Michael Mann. Oui, Josh Homme a coloré la musique de Mark : ça a donné Bubblegum, que j'aime bien mais me gonflez pas trop avec. Mais Greg Dulli l'a marqué encore plus, c'est manifeste sur les deux tubes méconnus introduisant Gargoyle, ambiance incroyable. "Death Head Tattoo" et "Nocturne" foncent sans se retourner, en tirant le ciel étoilé dans leur sillage comme un long drap. Flashs fantômes sur la voie rapide. Sublime. Doublé vainqueur sur mon p'tit cœur de rockeur...

Hélas pour une raison qui m'échappe, Mark casse le trip net, avec une chanson de marin mignonne certes et même pas insolite pour qui le connaît mais bordel de merde QUI N'A RIEN À FOUTRE À CET ENDROIT (du coup je la trouve moche alors que si elle avait été mise plus loin...) Et puis il se rattrape avec une adorable "Beehive". Et il faut se résoudre à le suivre, encore, parce que c'est trop bon. Gargoyle reste un disque de vieux mec sacrément... Racé. On criera au facile, au déjà-entendu, peu me show must go on, c'est du pur Mark en habit de zonard tombeur, des chansons simples qui ne s'usent pas et gagnent même à la réécoute. Même si ça reste en-deça du doublé d'entrée flamboyant. Y a une âme qui ronronne sous le chrome. Quand il était jeune adulte, Mark Lanegan voulait faire des albums d'homme mûr, des disques influencés par la folk des années 60, le blues-rock des années 70. Ce genre de trucs qu'on appelle "la musique à Papa". Maintenant qu'il est mûr, Mark Lanegan n'en a plus rien à battre de sortir des albums comme ça, boisés et subtils et tout... Et pourtant il fait toujours du Lanegan. Mais désormais il file dans la nuit, en gangster un peu smart pas trop, reposé sur les lauriers de son gosier, en laissant sa tracklist fleurir au gré de ses envies. Comme un éternel adolescent. Le Lanegan des années 1990-2000 aimait les années 60 et 70 ? Celui des années 2010 aime, logiquement, fusionner les années 80 et 90. Et il fonce à 80-90 miles per hour sur l'avenue d'une ville endormie, au gré de ses deux tubes d'introduction à la cinétique de comète new wave aux flammes glacées. Oui j'y reviens, mais la suite est plus tranquille, on sirote sans stress une "Emperor", qui me faisait un peu grincer de dents avec son côté pop/rock retro-relou au début, mais qui m'a vite emballé. Comme le style plus à la Duke Garwood sur l'atmosphérique "Sister", en suspension, doux songe au milieu du périple. Gargoyle séduit tranquille, composite comme tous les Lanegan, mais avec son truc rien qu'à lui, jusqu'au final "Old Swan". Sélection impecc'. Gargoyle emballe sans heurts, pour peu qu'on soit sensible à U2 ou Depeche Mode période ricaine, Bruce Springsteen, Chris Rea, les rares bons tubes de New Order... Et au pur Lanegan ("First Day of Winter"), voire tout bêtement aux bons vieux Screaming Trees. Qu'on accepte un Lanegan plus néons mais qui n'aie pas perdu de sa grâce au passage à la (Phantom) radio. Un Lord en somme, une épée quoi. "Do you miss me, miss me darling ?"

Du Lanegan Grand Tourisme, rider/ridé, au cuir vintage et au bois noble incrusté, mais avec la finition moderne à éclairage LED pour pouvoir emballer dans la Cité des Anges. Générique de début - Générique de fin... Osez refuser.

note       Publiée le mardi 9 juin 2020

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Demonaz Vikernes › mardi 23 juin 2020 - 10:49  message privé !

Gros rejet initial de cet album, la faute à tous ces bidouillages technoïdes terriblement grossiers. Le sublime Sister enchaîné au très bon Emperor étaient un peu les seules bouffées d'air sur ce skeud moribond. Avec un peu de recul, Blue Blue Sea voir Death's Head Tattoo se laissent écouter avec plaisir, mais le virage hipster déclinant de me parle pas beaucoup.

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Raven › vendredi 12 juin 2020 - 13:50  message privé !
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"Sway now sister sway
To that funeral tone"

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allobroge › vendredi 12 juin 2020 - 12:02  message privé !

Knocking est encore mieux car y a meme du sisters élégant !

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born to gulo › mercredi 10 juin 2020 - 08:44  message privé !

Avec celui-là et Knocking, le mec te rend U2 et New Order élégants - rien que ça ! Excusez du peu, comme on dit dans les milieux autorisés.

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torquemada › mercredi 10 juin 2020 - 08:37  message privé !

Je l'ai trouvé un peu plus plan-plan, comme son successeur d'ailleurs.

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