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Einsturzende Neubauten › Perpetuum Mobile

  • 2004 • Mute Records CDStumm221 0724359671604 0724359411903 07243599180 • 2 CD digipack

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Twilight      vendredi 5 juin 2020 - 23:02
torquemada      samedi 6 juin 2020 - 08:37
taliesin      samedi 6 juin 2020 - 08:53
Aplecraf      samedi 6 juin 2020 - 16:40
Dioneo      samedi 6 juin 2020 - 11:24
Tallis      samedi 6 juin 2020 - 21:01

cd • 12 titres

  • 1Ich gehe jetzt
  • 2Perpetuum Mobile
  • 3Ein leichtes leises Säuseln
  • 4Selbstportrait mit Kater
  • 5Boreas
  • 6Ein seltener Vogel
  • 7Ozean und Brandung
  • 8Paradiesseits
  • 9Youme & Meyou
  • 10Der Weg Ins Freie
  • 11Dead friends (around the corner)
  • 12Grundstück

dvd audio • 4 titres

  • 1Grundstück
  • 2Ein seltener Vogel
  • 3Ozean und Brandung
  • 4Paradiesseits

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à The Bunker, Saal 4 et Tritonus Studio, Berlin, Allemagne, entre août 2002 et juin 2003.

line up

Blixa Bargeld (chant, piano, loops, choeurs, guitare, flûte, effets), Rudi Moser (percussions, vibraphone, compresseur, batterie), Jochen Arbeit (percussions, accordéon, choeurs, Ebow), Alexander Hacke (basse, choeurs, électronique, cuivres électroniques, guitare), N.U. Unruh (percussions, compresseur, guitare, choeurs)

Musiciens additionnels : Lars Juling, Ralf Zickerick (trombone, tuba ténor), Natascha Zickerick (tuba), Stefano Macor (viole), Claudia Gubisch, Rebekka Richter (violon)

remarques

chronique

‘Bon, Gros, tu nous en chroniques du Neubauten ? Ça tarde.’. J’admets. Jamais évident de chroniquer ces Teutons coupables d’une musique subtile, retorse, en perpétuelle mutation (clin d’oeil grossier au titre, blink !), porteuse de tant d’images pas si aisée à décortiquer avec des mots humains. En l’occurrence, cette oeuvre inaugure un concept spécial pour le combo puisqu’il va élaborer le disque en collaboration avec les fans qui pourront commenter les ébauches des compositions au fur et à mesure, avec à la clef un disque spécial pour eux plein d’inédits et de versions spéciales. Pour les téléphiles amateurs de séries policières, le brillant ‘Ein seltener Vogel’ vous est forcément familier grâce à un épisode des Experts Las Vegas qui enchaîne merveilleusement le bruit de forage des spécialistes en quête de preuves avec les percussions du titre. On y retrouve la technique de ‘Armenia’ (en plus nocturne, moins sauvage) avec des boucles de voix posant l’atmosphère sur laquelle se greffe un subtil jeu de percussions limite mystique…Une transe toute en retenue, hypnotique, guidée par la voix du chamane Bargeld, qui se brise après 5 minute dans un froissement métallique avant de reprendre en douceur, enfler, enfler, pour un final violent mais nullement chaotique toujours dans une forme de retenue percutante. Grandiose. Inutile d’allonger, ce n’est pas la seule pièce de bravoure du disque. L’intro tranquille pas forcément tranquillisante que constitue ‘ Ich gehe jetzt’ permet au spectateur de se poser tranquillement en dégustant le phrasé incomparable du poète Bargeld. Tant mieux car les 13 minutes de ‘Perpetuum Mobile’ vont l’entraîner dans une transe tribale dont la technique évoquera le passé mais avec les intentions d’aujourd’hui; les Neubauten ne se singent pas, l’intensité se joue désormais dans un jeu subtil de retenue, de fausses promesses, de grincements, la mélodie étant désormais un composant fort de cette trame industrielle, plus ‘classique' apparemment dans la forme mais tout aussi déjantée dans le fond. La mélancolie pluvieuse et douce de ‘Ein leichtes leises Säuseln’ agit comme un baume avant de s’engager dans ‘Selbstportrait mit Kater’…Du pur Neubauten cérébral entraînant mais jamais confortable de par ses rythmes cassés, ses montées de basse frappées sur cordons élastiques, ses instants de répit. Les grognons grommelleront que c’est mou par rapport à avant…Moins brut certes, une fois la plaie ouverte, on va s’amuser à gratter dedans car c’est tout aussi porteur. ‘Ozean und Brandung’ et ses nappes de tôle froissée semble clore un chapitre. La suite de l’album sonne en effet plus pop, plus tranquille, sauf que cette notion passée à la moulinette Neubauten revêt un caractère moins caressant qu’il n’y paraît. ‘Paradiesseits’ et ‘Youme & meyou’ dégage une amertume semblable à l’eau ruisselant d’une structure rouillée. ‘Der Weg ins Freie’ dégage un feeling plus mécanique, comme si le combo reprenait du Kraftwerk à sa sauce. J’aime. ‘Dead friends around the corner’ s’écoule comme une forme de procession triste menée par le prêtre Bargeld qui après avoir tenté de consoler préférera se lâcher dans l’intensité (magnifique jeu de percussions en arrière-fond). Une bonne manière de se préparer au spleen en forme de fausse valse de ‘Grundstuck’ qui permet au conteur Bargeld de refermer le livre. Nullement parfait mais excellent, pas novateur mais surprenant, varié mais cohérent, jamais violent ni tranquille, ‘Perpetuum Mobile’ se calque tel un parasite bienvenu sur le rythme intime de chacun dont il ronge et apaise la conscience. Un album pas unanimement acclamé mais qui me compte clairement parmi ses admirateurs.

note       Publiée le vendredi 5 juin 2020

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Note moyenne        6 votes

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Twilight › samedi 6 juin 2020 - 14:18  message privé !
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Personnellement, j'aime beaucoup le dernier Neubauten. Carrément pop mais la mélodie leur sied bien aussi, avec toujours cette drôle de touche décalée, cabaret friche en filigrane....

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Demonaz Vikernes › samedi 6 juin 2020 - 12:26  message privé !

Un des LPs qu'il me manque celui là, et vu le prix, ça risque pas d'évoluer tout de suite...

Dioneo › samedi 6 juin 2020 - 11:55  message privé !
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Ceci-dit j'ai rien écouté de ce qu'ils ont sorti entre temps mais je devrais peut-être...

Après tout je m'étais dit par exemple après Everybody Knows des Young Gods - j'en parle ici parce que j'avais eu une impression voisine de "c'est bien mais... je m'ennuie, ça prend presque mais donc pas, ici" - que j'en avais peut-être bien (et malheureusement) fini avec ce groupe et... Ben non, le Data Mirage Tangram sorti l'année dernière, desdits Suisses, m'a carrément tout de suite plu, sur des "bases" (de son, de jeu, d'écriture...) assez semblables à priori. (Et je fais aussi le rapprochement parce que les deux groupes ont ce statut de "grands de l'indus", même si à vrai dire pour moi il y a toujours eu malentendu à ce propos - les Young Gods sont depuis le départ tout à fait ailleurs, machines et samples, son de métal vivant communs ou pas, avec "l'indus", justement).

Note donnée au disque :       
Dioneo › samedi 6 juin 2020 - 11:34  message privé !
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Moi pas... J'aimerais bien, je le réécoute régulièrement depuis des années et ça me fait toujours pareil. Au début c'est : "Ah mais ouais, il est cool en fait...", les mecs ne se répètent pas (en effet), ils trouvent de nouveaux angles, des manières de jouer (des jouets) qui ne sont pas ceux d'un "glorieux passé", il y a comme dit la chronique une subtilité certaine d'écriture, le son est magnifique (et très idoine) mais... très vite, je m'emmerde. C'est pas tant le côté "c'est mou" évoqué dans ton texte, collègue - j'écoute aussi des trucs "mous" - qu'un truc, je ne sais pas... Qui sonne "ils n'ont pas tant que ça à (me) raconter, là-dedans". Je ne doute même pas que ce soit sincère mais il y a un côté comme "arrivé" qui je trouve fait sonner un peu forcé certains trucs. Les mecs racontent - avec un réalisme certain, encore une fois sans doute aucune frime - la fatigue d'esthètes internationaux désormais reconnus, sommités d'un certain art contemporain sonore, représenté dans les grands festivals, les beaubourgs du monde entier. Et pourquoi pas - et on sent que les gars sont conscients aussi de l'écart avec leurs racines squats et friches indus, et ne nient pas non-plus que depuis le début ils le sont, "arty", que depuis le début il y avait ce tiraillment là ("Grand Art vs scories de ferraille"... littéralement). Mais... Je ne sais pas, à mes oreilles ça sonne trop... Climatisé - voilà, ce serait ça, le mot le plus juste. Et à partir de là (c'est à dire de la plage-titre, en gros), j'ai beau apprécier le "bien fait et imaginatif" du truc, une chanson comme "Youme & Meyou" va me taper direct sur les nerfs, avec son texte introspecto-psychanalo-bidule. Bon... Restent quelques moments qui m'accrochent un peu plus - toujours les mêmes à chaque écoute - l'Autoportrait à la Gueule de Bois, spécialement, où l'humour désabusé prend bien, je trouve, le recul "sur la situation". (Life on other planets/Is difficult...). Ou Place Around the Corner (Where your dead friends live), que pour le coup je trouve toujours pour de bon touchante. Mais... Voilà, je pense que je n'aimerai jamais follement ce disque - certes pourtant admirable, donc, au sens "offrant des aspects qui font qu'on peut éventuellement l'admirer", je ne dis pas.

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torquemada › samedi 6 juin 2020 - 08:37  message privé !

Je fais aussi partie des admirateurs

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