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Mark Lanegan › Phantom Radio

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Raven      dimanche 31 mai 2020 - 23:59
torquemada      mercredi 3 juin 2020 - 17:46
allobroge      vendredi 12 juin 2020 - 11:50

cd • 10 titres • 38:06 min

  • 1Harvest Home
  • 2Judgement Time
  • 3Floor Of The Ocean
  • 4The Killing Season
  • 5Seventh Day
  • 6I Am The Wolf
  • 7Torn Red Heart
  • 8Waltzing In Blue
  • 9The Wild People
  • 10Death Trip To Tulsa

line up

Alain Johannes (guitares, basse, piano, chœurs, claviers, harmonium, flûte, mellotron, synthétiseur, tambourin, saxophone), Mark Lanegan (chant, guitare acoustique), Aldo Struyf (synthétiseurs, guitare, percussions)

Musiciens additionnels : Martyn LeNoble (basses), Jack Irons (batterie), Sietse Van Gorkom (synthétiseur, basse, piano, guitare, clarinette, batterie électronique), Shelley Brien (chœurs), Jean-Philippe De Gheest (batterie), Jeff Fielder (guitares), Brett Nelson (guitare)

remarques

chronique

"Tiens tiens, c'est pas une mélodie d'ABBA, ça ? Gimme Gimme Gimme a Lanegan after midnight ?" Passé ce mignon single d'intro aux saveurs country-wave, on se dit qu'il accroche mais aussi qu'il a quelque chose de trop calibré, ce Lanegan-là... Comme si on avait affaire à un Lanegan "sur des rails", un Lanegan pour l'individu moyen qui s'intéresse pas à Lanegan, 'voyez, mais qui aime bien écouter une ou deux chansons de Lanegan sur Spotify en allant au bureau, ou réclamer des pouces levés sur Youtube en balançant du "I'm here from *colle ici le nom de ta série à la con*". Vous me direz, Mark Lanegan pour beaucoup encore, c'est l'invité à voix grave des Queens of The Stone Age (y en a pour qui Neil Young c'est le vieux qui a joué avec Pearl Jam, alors plus rien ne m'étonne). D'ailleurs il a perdu pas mal de temps sur les disques du Joshua, Papa Mark. La pause a été longue. Fallait revenir aux basiques. Et Phantom Radio c'est un retour solo en forme, le Mark moderne première mouture (Blues Funeral étant un peu une transition entre ces deux phases), qui reprend les choses où il les avait laissées en 2012, laissant le soin au décorateur en chef Alain Johannes d'y ajouter d'exquises saveurs pop eighties/nineties. Ce qui lui donne une fraîcheur très karacho. Mais comme dit plus haut, y a aussi ce goût Lanegan calibré/générique, pour pas dire "de série". Les mélodies têtes-à-claques mais cérébro-adhésives de "The Killing Season" et "Seventh Day", serviraient toutes deux aisément à pléthore de génériques de séries comme il en pullulait dans cette décennie en carton, en effet...

...Il faut pourtant persister avec le faussement basique et un peu trop bien cadré Phantom Radio, pour réaliser à quel point son charme opère à la façon d'une lueur nouvelle, entre Lune et veilleuse au pied du lit, sur les choses du monde laneganien. Et qu'il est sans doute son plus bel album depuis Field Songs. Un pourvoyeur de saudade en sachet fraîcheur dont la joliesse ne se dément pas. Il y a cette "I am the wolf without a pack" qui tape juste, un texte à la Glenn Danzig sur une ambiance de Leonard Cohen post-apocalyptique, qu'il a confectionnée avec son copain le Duke et où on retrouve l'émotion éblouie de la grande "Shade of the Sun" pour tout dire. Un morceau d'une extrême simplicité, presque trop cliché pour du Lanegan, mais ô combien troublant... Il y a sur Phantom Radio du Lanegan réchauffé, "clés en main", du Lanegan qui cherche ouvertement à séduire à la façon d'un Chris Rea (dont il est proche parent vocalement du reste), ou plonger dans une ouate dream pop roudoudou ("Torn Red Heart") en fond sonore pour baisouiller, sans doute, si on s'en limite aux contours... Mais aussi une façon instinctive et racée de fusionner new wave et trip-hop, post-punk et house, en somme 80's et 90's, à la manière d'un Andrew Weatherall (RIP). La très belle paronomase qu'il susurre sur la belle "Floor of the Ocean" - Lanegan est aussi un poète, ne l'oublions pas - donne une des clés pour apprécier ce Phantom Radio au charme planant et frais. Quand Mark nous convie dans le cercle des esprits, ça fait un petit quelque chose. "Harvest"... "I am the Wolf, without a pack", "Waltzing In Blue", "Floor of The Ocean"... le final "Death Trip To Tulsa" avec ces "lonely lonely" prenantset son je-ne-sais-quoi de psychédélique... Ouais, y a quand même de sacrés bons morceaux... Beaucoup de coton et de nuages dans ce Lanegan-là, malgré son côté "work in progress", morceaux encore en chantier, dont on peut presque sentir la peinture encore fraîche si on tend assez l'oreille. Phantom Radio charrie un goût d'inachevé long en bouche, si vous voyez ce que je veux dire : c'est aussi pour lui que j'y retourne, sans cesse, comme à une source bienveillante, comme à un lieu où je me sens bien, même si je vois le placo et le lino, le préfabriqué et les éléments de déco Ikea, les trucs qui sonnent un peu faux et mal collés. Mais une âme grosse comme ça au milieu. Mark nous a sorti une sélection folk-new wave chill-out aux airs de réjuvénation, sans avoir l'air de sortir autre chose qu'un pur album de lui-même.. Un disque inachevé et en même temps un grand disque : c'est tout à fait possible, quand on s'appelle Lanegan. Ce gars est doué, j'y peux rien.

note       Publiée le dimanche 31 mai 2020

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torquemada › lundi 1 juin 2020 - 15:10  message privé !

A acheter en version Deluxe pour l’EP « No Bells On Sunday » en bonus en tout cas.

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Raven › lundi 1 juin 2020 - 12:39  message privé !
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Splendide. Ça doit être le fait d'être à jeûn, justement.

Note donnée au disque :       
dimegoat › lundi 1 juin 2020 - 11:25  message privé !

Il n'a pourtant rien posté dans le topic alcoolique depuis le 28

torquemada › lundi 1 juin 2020 - 10:03  message privé !

« Phantom Lord » c’est Metallica !!

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