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Johannes Hieronymus Kapsberger (1580-1651) › Libro quarto d'intavolatura di chitarone

cd 1 • 18 titres • 59:39 min

  • 1Toccata Prima5:48
  • 2Capona - Sferraina3:17
  • 3Toccata 9na1:20
  • 4Toccata Xma1:23
  • 5Passacaglia In 1a3:16
  • 6Canario2:06
  • 7Ballo Primo (Uscita - Ballo - Gagliarda - Corrente)4:13
  • 8Toccata 7ma3:17
  • 9Ciaccona5:11
  • 10Passacaglia In Re3:32
  • 11Passacaglia In Sol2:14
  • 12Bergamasca3:08
  • 13Canzone Prima3:40
  • 14Toccata 2da2:29
  • 15Kapsberger2:05
  • 16Battaglia7:23
  • 17Colasione2:20
  • 18Toccata Seconda Arpeggiata1:45

enregistrement

Enregistré en mars 1993 à l'Abbatiale de Beinwil, Suisse.

line up

Johannes Hieronymus Kapsberger (1580-1651) (composition), Rolf Lislevand (théorbe, luth)

Musiciens additionnels : Eduardo Eguez (guitare, chitarra), Guido Morini (orgue, clavecin), Pedro Estevan (percussions), Lorentz Duftschmid (violone)

remarques

chronique

Styles
musique classique
baroque
Styles personnels
baroque moderne

Parler de musique baroque, ce n’est pas seulement disserter sur le contrepoint ou le compromis de la tempérance. Il est aussi question de flux rythmique sur lequel se développe une idée mélodique. Le point de vue anamorphosique, qui aime déplacer les points de vue et lignes de fuite, permet aussi de s’autoriser tout a posteriori ; c’est pourquoi, au fil des écoutes, on cerne parfois des éléments spécifiques à cette époque qui ont l’air d’exister hors du temps. Ce n’est pas un hasard si, du fin fond de son XVIIe siècle, le compositeur germano-italien "Giovanni Girolamo" Kapsberger parvient aujourd’hui encore à surprendre les oreilles avec ses partitions pour chitarrone. Sa recherche d’un jeu de luth fleuri en arpèges aux épines harmoniques, trahissant une excentricité et un goût de l’exotisme oriental, débouche sur des sonorités métalliques – parfois sourdes – qui feraient presque oublier les ornementations typiques du Cinquecento (lire : à la source). Sur ce disque publié par Astrée, « Kapsberger » ou « Bergamasca » s’animent comme des danses aux sonorités arabes. La reconstitution des timbres, en partie picturale, est toujours une affaire d’experts. Les amateurs de compositions pour luth, renaissant ou plus tardif, reconnaissent Paul O’Dette comme l’un de ses grands vulgarisateurs, mais on aura ici plaisir à écouter et à lire un spécialiste du théorbe comme Rolf Lislevand, qui apportait la couleur de ses cordes au somptueux film de Corneau, Tous les matins du monde. La restitution de ce quatrième livre de tablatures fait voyager par l’expérimentation des formes baroques, jusqu’à en devenir confondante. L’inventivité en pédale douce de la « Colascione » pour luth, affermie par la présence d’une percussion, pourrait avoir sa place sur un disque de folk moderne. Flux et rythme… L’interprète prétend même que si le public y avait été préparé, on aurait pu signaler l’apparition d’un Karlheinz Stockhausen ou d’un Chick Corea quelques siècles avant l’heure. La formule a le mérite d’interroger la notion d’avant-garde. Pour Kandinsky, la dissonance d’aujourd’hui n’est rien d’autre que la consonance de demain. Pourquoi ne pas admettre qu’elle est tout autant déterminée qu’accidentelle ? À entendre Malraux, l’horizon d’un artiste serait d’avoir son fragment d’éternité ; vanité bien connue des beaux-arts, qui touche désormais à l’héritage phonographique, comme un écho à la fameuse toile Cockaigne de Vincent Desiderio. Kapsberger, lui, aura créé – sans savoir si ce fut pour le temps présent ou celui à venir. Et c’est ce qui en fait un ingrédient du merveilleux.

note       Publiée le samedi 16 mai 2020

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DukeOfPrunes › dimanche 17 mai 2020 - 17:53  message privé !
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Pour moi, ce disque était à la base assez proche du primitivisme américain de Fahey/Kottke. Une impression de "virtuosité contenue", j'imagine. Mais c'est marrant, j'écoutais du Josquin ce matin, et devant la densité d'idées à la minute carrée, je me suis fait la réflexion qu'il y avait, là aussi, de quoi piocher (piller ?) allègrement pas mal de trucs. C'est pas Noël Akchoté qui dirait le contraire !

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saïmone › dimanche 17 mai 2020 - 16:39  message privé !
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Je suis rentré dans cette musique par un luthier de Rennes bien connu pour ses luths, Laurent Le Guyader, et ce que je trouvais d'une ringardise d'église s'est en réalité montré d'une étrange... modernité ! Y'a des riffs que PNL pourrait utiliser, clairement (et cette phrase n'est même pas de la provoc' !)

DukeOfPrunes › dimanche 17 mai 2020 - 16:38  message privé !
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Pourquoi pas ? Je dois avoir un CD de Nigel North qui traîne, vu qu'il a enregistré pour plein de maisons différentes. Il y a des trucs incroyables chez Naxos, surtout en musique moderne/contemporaine : Schnittke, Messiaen, Penderecki, etc.

Note donnée au disque :       
Sheer-khan › dimanche 17 mai 2020 - 16:30  message privé !
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Vu le prix, tu devrais te laisser tenter par l'intégrale de North (naxos), pour Dowland... il ne s'agit pas de dire que c'est "mieux" ou "moins bien", hein, évidemment...

DukeOfPrunes › dimanche 17 mai 2020 - 16:21  message privé !
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Ah oui, voilà ! Hopkinson Smith est plus "classique" que Lislevand, et comme les deux sont distribués par Naïve, on a tendance à les confondre - ça m'est arrivé. Sinon, l'intégrale de la musique de luth de Dowland chez Harmonia Mundi est extraordinaire. Je considère le coffret comme une pierre angulaire dans ma discothèque (et pour le coup, le jeu de Paul O'Dette convient parfaitement).

Note donnée au disque :