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Borgne › III

cdr • 4 titres • 59:31 min

  • 1Akt 1.313:56
  • 2Akt 2.315:53
  • 3Akt 3.321:35
  • 4Akt 4.38:07

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line up

Bornyhake

remarques

L’édition autoproduite (2007) est un CDr présenté dans une enveloppe noire scellée.
L’édition Occultum Productions (2007 également) est un CDr présenté dans un boîtier de DVD, tiré à 300 exemplaires.

chronique

Au vrai, cette partie « à chiffres » de la discographie de Borgne, c’est du faux-indistinct, du faux-générique… Du faux-flou et du faux-vrac. Sous l’impression première possible – qu’on ait connu avant ou pas les disques où « ça » semble devenir autre chose – d’un inlassable défilement de titres black metal cru, à la production sale (ou salie), brute, d’une urgence certes tenue mais qui exclurait tout peaufinement, tout travail de fond, affinement, approfondissement d’un disque à l’autre… sous cette impression « bloc », on perçoit, à y revenir, que non – que peut-être même au contraire. Parce qu’à vrai dire, dans leur succession, chacun de ces disques part sur une autre vitesse, une autre consistance, grave une autre ornière plutôt que de s’y enliser. La toute première cassette – sortie bien avant le reste – sonnait à la fois « true black » et indus-fuite-chimique, son de démo ou presque mais exécution déterminée, aboutie dans sa définition sommaire. Le volume II – sorti neuf ans après le précédent ; enregistré quand ? – partait thrash cru, méchant, d-beat d’enfers gelés…

Celui-ci – le troisième, donc ; et dernier où les titres ne sont que des déclinaisons d’index, « d’actes » (Akt 1.1, 2.1.. 3.2, ici 1.3 à 4.3, et sans « bonus » qui viennent faire douter, de quelle édition serait « ré » ou originale…) – s’étend en plages longues, en passages d’atmosphères. Viciées, bien entendu. Bouffées de brouillards piquetés, grondements électriques lo-fi (ou fidèle à la vision d’un espace troué, déchiqueté, de leur auteur) traversés de lignes flottantes (ou de points rouges furtifs, façon visée de sniper embusqué) électroniques, synthés maigres (mais pas cheap, cette fois, pas « pauvres » comme sur le I – où ça leur allait bien, qu’on me comprenne). Black-stalker, black-geiger, paysager (d’Hiver, oui, certes – mais pas vraiment comme l’autre, de ce nom et d’un autre… bien plus friche – industrielle, oui, encore – ici que névé, vallées, futaies). Cette fantastique descente – chute – d’une fréquence presque « pure » (au sens technique, acoustique, oscillateur), vers le milieu de l’Akt 2.3… Ça vous y transporte – dans ce vide. (A la fois désolé, à la fois comme apaisant dans sa stase, à mesure que le son confine au seuil de l’audible, oblige à y plonger le sens, l’écoute, l’attention). Le retour aux riffs, ensuite – sans prévenir. Le retour au black – avec quelque chose de franchement doom, quand ça ralentit, quand la guitare se met à sonner wah, ou seconde ligne en son quasi-clair, en contrepoint de celle qui crache.

Ça semble se « structurer », oui. Bornyhake insuffle de l’espace, dans son ouvrage, le pousse moins, nous tire moins constamment au bord de l’étouffement, de l’asphyxie. C’est… Pire ? Pas moins éprouvant, en tout cas. Davantage – j’ose, pardonnez le cliché possible mais c’est exactement comme ça que je l’entends – « tripant ». Tripant, même, sans guillemets, allez. Dans le mouvement, on peut trouver que les idées vont encore, par moments, encore un peu trop vite pour la forme, la mise en son, en pièces. N’empêche : encore une fois et d’une façon encore pas entendue chez lui, Bornyhake parvient à faire de cette « limite » qu’il frôle sans cesse un véritable parti-pris. Ce III – comme l’était, mais sous un autre angle, le volume I ; comme ne l’était pas du tout le II – est certes très plein, aéré disais-je mais ployant sous tout ce qui l’agite, le tend… Ça n’est pas que ça s’épuise : c’est que ça se porte déjà vers un encore-ailleurs. Une… Stabilité ? Je ne dirais pas ça. Mais on dirait que Bornyhake, oui, aspire ici à muer, muter sa chose vers une autre forme – pas moins tourmentée mais d’aspect moins biscornu, une autre manière du chaotique, de beauté cassée, de laideur délectée.

Bientôt ?

Eh bien… Encore un album, après ça, dont le titre (mais pas les plages, disais-je) ne se donnera qu’en simple chiffre – en-tête de chapitre, de verset, que sais-je, que sait-on. (Demandez-lui ?)

Ensuite, un drôle d’objet – somme et lancée, tout un. Et puis ce sera, en autre étape, la cohérence toute provisoire d’autres volets, d’une trilogie… Une autre continuité dans l’histoire que Borgne dévide, parcourt, dont il matérialise le plan, les plans, alors que les années glissent.

note       Publiée le vendredi 15 mai 2020

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Demonaz Vikernes › mercredi 20 mai 2020 - 11:58  message privé !

Voilà. Le passage aux albums non-numérotés ça changera encore en effet. J'ai lâché en cours de route.

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Dioneo › mercredi 20 mai 2020 - 09:56  message privé !
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Disons que c'est le premier qui commence à ressembler à ce qu'il fera ensuite (ou "ils feront"... Borgne reste toujours principalement Bornyhake mais à partir de la "trilogie", Lady Kaos devient membre quasi puis carrément officielle du projet... et d'autres gens interviennent aussi).

Ça n'empêche pas que je trouve déjà les deux précédents pas vraiment "génériques" pour autant. Ni d'ailleurs que ladite suite (jusqu'au dernier en date compris - Y) ne se fixera pas vraiment sur une idée/un style immuable - le mec se mettra ensuite à faire des trucs en français (assez articulé pour qu'on comprenne tout ce qu'il dit), autant qu'en anglais, il intégrera toujours ce qui lui chantera dans sa musique, et nettement pas que des "éléments à priori BM", genre... Sur Y y'a carrément des passages qui me font plus penser à Depeche Mode qu'à autre chose. Mais oui... A partir de celui-là (et du suivant) les albums deviennent plus complètement cohérents, disons.

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Demonaz Vikernes › mercredi 20 mai 2020 - 00:02  message privé !

J'avais acheté le LP et il m'avait bien plus... Jusqu'à que je me rencontre qu'il ne comprenait que la moitié de l'album, quelle idée ! Je me suis donc rabattu sur la cassette (j'ai toujours eu un faible pour les K7 un eau cheap de chez Wulfrune Worxxx ou Chanteloup Creations...) et c'est bien mieux comme ça. J'ai vraiment l’impression que Borgne trouve sa patte sur cet album, c'est assez réussi.

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