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Borgne › II

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Dioneo      vendredi 15 mai 2020 - 16:25
Klarinetthor      vendredi 15 mai 2020 - 17:55

cd • 11 titres • 41:18 min

  • 1Akt 1.23:52
  • 2Akt 2.24:30
  • 3Akt 3.23:16
  • 4Akt 4.24:22
  • 5Akt 5.24:40
  • 6Akt 6.23:24
  • 7Akt 7.24:47
  • 8Akt 8.23:37
  • 9Akt 9.22:33
  • Bonus
  • 10Akt 10.22:51
  • 11Akt 11.23:16

extraits vidéo

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line up

Bornyhake (voix, guitare, basse, batterie)

remarques

chronique

Ça rouste d’entrée ! Tapoum thrash/d-beat, grain caillouteux, gravillon, graveleux, voix black version démon-garroté… Bornyhake, encore, derrière tout – instruments, compositions (pas de reprise de Darkthrone, cette fois – ou de qui que ce soit d’autre), concept et passage aux Actes…

Borgne II – presque dix ans après un premier volet salopé sur bande par son auteur, alors même pas majeur, il semble – remet comme si c’était hier cette impression d’un truc, d’un mec totalement déterminé, sûr de ce qu’il y a à balancer, peu soucieux que ça « se fasse » ou pas, de ce qu’on va en dire, si « on » va trouver ça quand-même trop pété dans le son, trop ou pas assez « black orthodoxe »… Neuf/dix ans, donc, entre ces deux premiers volets – mais pas rien, entre temps, pour le nommé Bornyhake. Le type, il semble bien, avait commencé à jouer « partout » – en Suisse et hors-cantons, en black, en grind, en tout ce qui peut taper fort, la plupart du temps vite et de préférence sale (avec Crakewet, Cryfemal, Krigar… j’en passe, rien que d’après discogs... ou dans un machin certainement pas très straight edge nommé Gerbophilia, d’après la même source).

Bon… Ici, pas de plaisanterie. Sur cette base en buttée, Borgne avoine – avec quelque chose de franchement punk, je dirais, sur celui-là, dans la brutalité, l’indélicatesse, la consistance glaviot-mitraille. Bonyhake n’est certes plus un adolescent – pas plus qu’un musicien tombé de la dernière, donc, à ce stade – mais pourtant : ce volume II sonne encore plus brut, plus écorchant que le précédent. Plus resserré, concentré – pas de scories indus pour ronger autrement la perception, là, pas de synthés « donjon master » pour instiller une sale ambiance d’arte povera kitsch mais néanmoins authentiquement flippée, habitée par un truc pas franchement bienveillant. Les rares « artifices » directement audibles, ici, ce sont ces moments où l’enregistrement, tout ou partie des instruments, des pistes, semble passé à l’envers. On dirait bien que cette fois – ça fait aussi quelque chose d’autre, forcément – ce soit une vraie batterie, principalement, qui envoie ce rythme furax, avec des rares pauses/ralentissements pour rendre les poussées pires. (Quoique… Parfois on doute, tant la régularité de certains blasts, par exemple, confine au robotique, dans la raideur). Rien de « rigolo », là-dedans, non. Rien qui tire sur le « limite » – voulu ou pas, par manque de moyens ou à dessein – au point qu’on ne saurait trop quoi en penser, au début.

Pourtant… Cette fois encore – dans cette « phase », cette partie de la discographie de Borgne où tout au départ peut paraître effectivement très brut, sans arrière-pensée – on commence très vite à entendre, au fil des écoutes, des bizarreries de production qu’on n’avait pas d’abord captées. Des instants où la batterie semble se décaler – pas à cause d’un jeu trébuchant mais comme si l’un ou l’autre élément avait été découpé puis remonté après qu’on en ait légèrement changée la forme, pour faire malaise, déplacement insidieux.

Et puis… Et puis il y a cette neuvième piste – qui sur l’édition d’origine concluait le disque, semble-t-il – en guitare d’abord presque claire mais encore, différemment froide, gelée, cette fois façon cold-wave, goth. Avec cette batterie qui cette fois-ci sonne carrément programmée, boîte, elle aussi club à khôl plutôt que clairière à corpse-paints… Ne serait cette poussée de blast – ici presque molle, par contraste avec les autres pistes… Une espèce d’interlude – à nouveau quasi 8bits/dark fantsy, en guise d’envoi. Et puis…

Et puis les deux « bonus » (… mais à quoi, une seule édition, apparemment, étant sortie, du disque) . L’Akt 10.2 qui, juste derrière la relative retombée du 9.2, assaille dru les tympans, façon averse de pics à glace – le son plus démo crust que jamais, les hurlements complètement désaxés, la batterie qui sature comme si l’appareil qui encaisse tout ça allait cramer dans nos vestibules… Et en « deuxième » conclusion, un Akt 11.2 où – décidément, ce coup ça pousse à fond le tour – tout semble d’abord bien passé dans le mauvais sens, flashback/inversion du défilement de vortex. Classique, le coup ? Sans doute. Mais l’étrangeté demeure – du disque dans son entier. Du pourquoi ça saisit comme ça, alors qu’on connaît tous ce qui se passe, les éléments, les figures de styles…

Peut-être parce que Borgne, alors comme après est une question de matière, de matières, en plein dedans – la forme encore si « primairement » travaillée, élaborée, puisse-t-elle encore être, à ce moment-là – plutôt que bête souci de styles, de style ? Allez savoir… En voilà, en tout cas – de la matière – qui tache bien les mains quand on se pique de l’attraper.

note       Publiée le vendredi 15 mai 2020

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Dioneo › vendredi 15 mai 2020 - 18:11  message privé !
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Nope... Après il a accéléré. Je crois surtout que le I était un premier truc fait sans que le mec sache forcément où il voulait aller/si ça irait ailleurs, alors qu'à partir de ce II ça va devenir à priori son "projet principal", un truc bien régulier et plutôt prolifique, même. (Enfin, relativement - c'est pas Agathocles ou Sete Star Sept, quoi, mais il sortira des trucs - albums, EP, une compile avec une partie de morceau réenregistrés qui "reprend" toute cette phase "de I à IV"... - tous les ans ou tous les deux ans, jusqu'au Y sorti cette année même).

Note donnée au disque :       
nicola › vendredi 15 mai 2020 - 18:03  message privé !

Un album tous les neuf ans ? Boudiou…