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Troum › Grote Mandrenke

cd • 1 titre

  • 1Grote Mandrenke 44:02

enregistrement

2008-2009

line up

Stefan 'Baraka[H]' Knappe, Martin 'Glit[S]ch' Gitschel

remarques

Artwork par Jesse Peper
Pochette cartonnée type LP. Seconde partie de la trilogie "Power Romantic".

chronique

Styles
ambient
dark ambient
indus
drone
Styles personnels
grande noyade

Une fois n'est pas coutume, Troum s'attaque à un fait historique : l'inondation de la Saint Marcel, un cyclone monstrueux qui frappa le nord-ouest de l'Europe en 1362, emportant dans la mer du Nord plus de vingt-cinq mille personnes et des pans entiers de la côte allemande. Grote Mandrenke, « la grande noyade » comme elle fut nommée alors, enfonçait le clou juste après la petite ère glaciaire détruisant les récoltes et l'arrivée de la peste noire en 1349. Autant dire que ce n'était pas la joie. Cette 'hallucination auditive' est noire, très noire, comme sa pochette monstrueuse, signée Jesse Peper. Un ectoplasme terrifiant, élémental d'une mer courroucée et affamée. La musique est à l'avenant : Troum signe ici une œuvre à la fois accessible et à revers de son prédécesseur. Le mauvais temps commence vite, comme en atteste ces percussions lestes dès la deuxième minute. La météo s'emporte dans des élans grandioses et riffus, avant de retomber. S'ensuit une vingtaine de minutes à observer la mer, noire et menaçante comme jamais, frémir sur elle-même, manigancer, trépigner, s'apaiser, tandis que la nuit tombe... et puis, la fin de la vingt-septième minute, qui nous renvoie au 15 janvier 1362, corps et âme. La vague arrive. Une boucle percussive qui claque. Et les guitares, un énorme ras-de-marée de guitares à l'horizon. Passer de Matthias Grassow à Savage Republic à Dark Buddha Rising en un tour de main, tout l'art de Troum. On monte le son, et on encaisse. Ça déborde de partout. Les églises s'effondrent. Les corps disparaissent. La ville se dissout. La mer emporte tout, sans discrimination, jusqu'au territoire. D'une péninsule, une île. D'une île, trois petites îles. D'une ville, plus rien. Dix minutes durant, Grote Mandrenke dévore, anéantit. Ne reste que quatre petites minutes de plaintes, de voix damnées, de vaines prières en direction d'un ciel vide.

note       Publiée le mardi 9 juin 2020

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