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Mark Lanegan › Imitations

cd 1 • 12 titres • 41:21 min

  • 1Flatlands [Chelsea Wolfe]
  • 2She's Gone [Vern Gosdin]
  • 3Deepest Shade [The Twilight Singers]
  • 4You Only Live Twice [Nancy Sinatra]
  • 5Pretty Colors [Nancy Sinatra]
  • 6Brompton Oratory [Nick Cave & The Bad Seeds]
  • 7Solitaire [Andy Williams]
  • 8Mack the Knife [Bobby Darrin]
  • 9I'm Not the Loving Kind [John Cale]
  • 10Lonely Street [Andy Williams]
  • 11Élegie Funèbre [Gérard Manset]
  • 12Autumn Leaves [Andy Williams]

line up

Alain Johannes (guitares, CBG, mellotron), Mark Lanegan (chant), Barrett Martin (vibraphone, tambourin, batterie, percussions), Duff Mckagan (basse), Bill Rieflin (batterie, percussions, orgue, mellotron), Mike Johnson (guitares), Mark Pickerel (batterie), Jeff Fielder (guitares), Drew Church (basse), Andrew Joslyn (violon, alto), Rebecca Filice (violoncelle), Mark Hoyt (chœurs, guitare acoustique), Billy Stover (piano), Jason Staczek (clavecin), Eric Padget (trompette), Tom Yoder (trombone)

remarques

chronique

"Lanegan reprend des chansons qu'il aime et les fait siennes, Acte II". Plus confidentiel que I'll take care of you, Imitations est peut-être un chouia plus délicat encore à défaut d'être aussi beau, même si ça se joue à peu. Les mauvaises langues diront qu'il est soporifique. Et comme j'aime la musique de Mark Lanegan, je dis qu'il est délicat, à l'image de cette superbe "Pretty Colours", ou de sa façon à lui de reprendre un générique de James Bond (d'ailleurs ils auraient dû mettre Markou, pour Casino Royale, excuses à feu Cornell). Sinatra Père ou Fille, Mark te fait du fondant de Lanegan avec. C'est l'équipe du précédent recueil qu'il a conviée, pour le même emballage sobre. C'est la même approche, une ambiance très proche. La même interprétation, hantée, et avec le nuage de lait s'il vous plaît. Ici un peu plus fondante, ce qui n'est pas déplaisant bien au contraire, comme cette mélancolie qui semble nous glisser dessus, dans laquelle on se sent glisser. Un confort de draps presque trop grands, trop tièdes pour être vrais... Un plat trop longuement mijoté, une viande qui se coupe à la fourchette par la seule gravité. Des sucs longuement intégrés, comme ces souvenirs longuement digérés. Douillet, comme une confidence sous l'oreiller. En fait, ça se joue à presque rien qu'une plume d'édredon pour qu'il soit aussi poignant. Oui : Imitations est plus qu'un simple complément à I'll Take Care of You. Ce sont deux disques-frères, dont il est simplement le cadet. Deux albums d'une très grande élégance et que j'aime presque autant, même si Imitations sonne un peu plus pépère, ou plus emprunté par moments, la reprise d'un morceau de Boatman's Call n'y étant pas étrangère (même si Mark embellit cette chanson sans effort). Imitations a aussi quelque chose de quasi lynchien ("Solitaire"), dans son écho, dans sa façon d'étaler les mélodies en nappes molles pour vieux western sans fusillades... Lanegan Mineur ? Lanegan Extra-Fin, plutôt. Doux, tout roudoudou. Lanegan de fin de gala, jouant dans un quatre étoiles aux murs blanc cassé avec buffet à volonté et lounge tamisé. Poignant, au détour d'une vieille ritournelle triste - il en regorge - aux arrangements funèbres. Sous sa modestie d'album de passage dans sa discographie, c'est le recueil d'un très vieux chanteur qui n'a pas encore cinquante ans, mûr de chez rôdé de chez tanné, qui cherche à revenir à la source de l'émotion chanson. "L'Élégie Funèbre" de Gérard Manset, joliment bancale, et la fragilité de cette mélodie désarmante me donnent à chaque fois l'envie d'y revenir ; cet extrait du puissant La Mort d'Orion (en écho à leur duo sur l'album d'auto-reprises de Gégé - que je vous conseille chaudement au passage) y devient une imitation humble au goût de flashback sensuel ; et si on pourra sourire devant le français plus qu'approximatif du beau Mark, aussi propice aux ricanements que celui d'Iggy Pop reprenant Brel ou Piaf, il touche encore, au cœur. La beauté d'Imitations ne se révèle que par caresses, lentement, même si elle est manifeste dès la première écoute. Comme celle de la splendide "I'm not the Loving Kind" (quelle reprise nom de... Mark ?), et son charme plus voluptueux qu'une volute, qui vous gagne comme un bon malt des Lowlands. Imitations se déguste au fil des mois et des années et ne fait que gagner en galons, tranquillou. L'occasion de nous souvenir ensemble de ce que Mark chantait sur Field Songs, comme un avertissement : "When I'm dressed in white, send roses to me."

note       Publiée le vendredi 1 mai 2020

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torquemada › samedi 2 mai 2020 - 09:39  message privé !

La chronique touche bien du doigt la limite de ce disque, par ailleurs très bien fait, à savoir qu'on navigue quand même pas toujours loin de la molesse, ce qui n'était pas le cas de "I'll Take Care Of You".

Note donnée au disque :