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Compilation - Guruguru Brain › Guruguru Brain Wash

streaming/téléchargement • 21 titres • 158:33 min

  • 1The 天国畑 Japon (The Tengoku Batake Japon) : かろみのすてっぷ (Karomi No Step)3:01
  • 2Fancy Numnum : Shining Planet6:07
  • 3秘密のミーニーズ (The Seacret Meanies) : 学校を辞めた女の子7:07
  • 4切れ痔のヨーゼフ (Yozef of Kirezi) : Theme8:16
  • 5幾何学模様 (Kikagaku Moyo) : Can You Imagine Nothing?4:25
  • 6Pelktopia : Fierce Wisdom7:52
  • 7Dhidalah : Astro17:20
  • 8水晶の舟 (Suishou No Fune) : おまえの涙 (Your Tears Drop from the Sky)8:28
  • 9Kawaguchi Masami New Rock Syndicate : Dan Dan9:58
  • 10むげんのあらわれ (Mugen No Araware) : 青(Ao)8:17
  • 11Tolchock : Condor10:13
  • 12Yoshino : Sun and Moon5:51
  • 13Bombori : Granule7:55
  • 14Death by Raygun : Atomical Man3:18
  • 15Korakora : Yamabiko In My Life11:22
  • 16Old Man Bondage Machine : Steven Seagal4:53
  • 17Rollo : Disappeared Pieces3:36
  • 18The Icecreams : Tachikurami (Dizzy)10:16
  • 19Nemu : Under My Long Hair4:14
  • 20Deigen : Cosmic Upside Down8:24
  • 21シベールの日曜日 (Sundays & Cybele) : Paradice Lost7:33

extraits vidéo

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line up

Bombori

remarques

La compilation est téléchargeable à prix libre sur le bandcamp du label.

chronique

Bonheur ou travers c’est à chacun de voir… Le numérique, les plateformes (de streaming, de téléchargement) permettent ça, aussi : sortir à moindre frais, « de nulle part », des objets que ceux qui les conçoivent n’auraient même jamais pu rêver « en dur » – trop cher, trop de logistique, pas toujours de circuits existants pour écouler la chose, une fois réalisée... Ainsi Guruguru Brain, label né à Tokyo puis relocalisé à Amsterdam, propose-t-il comme tout premier objet de son catalogue cette manière de marathon : deux heures quarante (ou presque) pour une première ; vingt-et-uns groupes auparavant presque tous inconnus ; un son assez fluctuant, en qualité, en volume (pas de mastering final, global ?) selon les pistes – on se dit que certains morceaux doivent être des enregistrements de répèt’, des démos à peine retouchées, alors que d’autres sonnent nettement plus propres, produits. Une entrée de catalogue qui à la fois annonce la suite – à peu près toutes les déclinaisons imaginables des divers genres « psychédéliques historiques », des années soixante/soixante-dix, en morceaux d’une orthodoxie butée à tel ou tel genre/époque/secteur pour certains ; en synthèses plus "ouvertes", plus ou moins équilibrées, pour d’autres ; et en même temps, peut tromper, si on aborde par là le label, sur ce qu’on s’apprête à trouver. La sélection s’en « tient » au Japon, pour l’instant – dès la deuxième référence du label, les provenances commenceront à varier (Taiwan pour Scattered Purgatory ou Prairie WWWW, l’Indonésie avec Ramayana Soul, le Pakistan avec Nawksh, le Vietnam pour J. William Parker, la Thaïlande pour Khana Bierbood…). De futurs « stars de niche de la maison » y sont déjà – Kikagaku Moyo ou Sundays & Cybele – mais avec un son encore bien cru, tout aussi "scotchés aux classiques" que sur leurs sorties suivantes mais encore un peu excessifs dans le rendu, la manière pas encore tout à fait polie. (Et pour Kikagaku… eh bien je trouve que ça gagne en charme, là, même s’ils se trouveront plus tard, certes, une tout autre finesse). D’autres de ces groupes, on ne trouve par la suite plus aucune trace sur le label (Bombori… avec ce Granule, décidément, qui sort nettement – enfin, plutôt salement – du lot) ; d’une grosse poignée de ceux-ci il semble d’ailleurs qu’il n’existe rien d’autre, au moins officiellement, que le titre ici listé ; d’autres, apparemment, il existe au contraire pléthore de disques, sur supports divers, autoproduits ou pas… Tout y passe ou peu s’en faut : pop azur-rosée plus (Fancy Numnum – qui sonnent ici bien plus garage qu’ailleurs) ou moins (Sundays & Cybele) tordue, torsionnée ; space-rock doomy (la longue plage live de Dhidalah, déjà « du bon gros et rien de plus » – bien éclaté, blindé de tout mais… rien d’autre, donc, une tranche du genre qui finit par manquer de gras, de jus, à force de respecter ledit genre ; pas du tout les seuls « dans le coin » donc, dont on peut d’ores-et-déjà dire ça) ; stoner pour le coup bien chargé, plus qu’un poil plus relevé (Yozef of Kirezi… il faudra que je vois si avec le temps j’arrive à m’envoyer d’une traite leur album, ceci-dit) ; prog, garage, kraut… Un vrai « digest », disais-je, sixties/seventies peu ou prou revisitées. Du planant, du lourd. Du planant-lourd. Granule, donc, au milieu – qui fait réjouissante tâche, disais-je, tant le produit est dosé bien plus fort. Du terre à terre, aussi – quand ça tourne garage qui crisse et craque, donc… Il y en a tout le long, parsemé entre les strates plus sophistiquées – c’est finalement, sur l’étendue, peut-être bien ces moments là qui me causent le plus, pas forcément plus « révolutionnaires » que le reste mais souvent plus frais. Et bon, soyons honnête : dans l’ensemble, malgré le côté petit-doigt-sur-la-couture-du-sari/sarouel/pattes-d’eff’-… il se dégage de tout ça une honnêteté, un enthousiasme, un premier degré quant à ce que ça reprend qui fait plaisir, dans les moments où ça ne fige pas le geste. Tout ce monde – petit, beau, c’est vous qui voyez, pour le qualificatif ; c’est optionnel, hein – a l’air de s’amuser, ici, de ne pas encore chercher la mesure, tradition révérée jusqu’au mimétisme ou pas. Ça fait une bonne bande-son – pour dessiner le spliff ou le buvard ou l’eau filtrée au charbon à portée de main, ça donne envie de jouer avec les couleurs. Ça fait un peu k7 qu’on se filait (dans l’antiquité analogique) entre pote – coqs à l’âne compris, haussements de sourcil genre « euh, qu’est-ce qui lui a pris » (la jam polka-samba-funk AOM de Korakora, plutôt… hmm… pénible) et « ah dis-donc, ça c’est pas mal par contre, faudra que je checke s’ils ont fait autre chose » compris. Ça peut s’envoyer par petites tranches, touches, à l’occasion, en dosettes qui font plaisir, ça peut donner des idées. En fait voilà, en ça plus qu’en tout autre chose, ça résume bien Guruguru Brain : « ça promet », mais souvent… pas plus. C’est du bon – de la « qualité » – mais faut être d’humeur, avec la plupart d’entre eux, d’appétit pour tel ou tel style bien particulier. Pour beaucoup, à parcourir la suite, j’attends encore l’audace, l’affranchissement des canons. (Bon… En vrai pour pas mal je n’attends pas vraiment hein). Pour certains de ceux-là, j’ai l’impression qu’on y est presque – ou que j’y suis presque, allez savoir ! (Kikagayu Moyo… je retourne quand-même assez volontiers à leurs albums – Masana Temple, en particulier, j’ai fini par lui trouver une saveur certaine). Certains, je les oublie entre les écoutes mais j’ai plaisir à retomber dessus – Old Man Bondage Machine, c’est « facile », assez con mais… ça fait le taf, dans l’optique. J’avoue, aussi : dans ce qui viendra, c’est dans leurs sorties « hors-Japon » que je trouve matière à me réjouir plus que ça, souvent – ce qui fait que là, je trouve que ça manque, un peu. Et puis je réécoute le morceau de Bombori. Qui n’y seront plus jamais, je le redis, dans ces parages, ensuite. Et je trouve que tout de même c’était autre chose. Enfin : que C’EST ENCORE autre chose, que là rien ne manque, post-mortem/mutations. Et aux autres, d’ici, j’ai envie de leur dire, un peu : « eh, mais si ça tenait qu’à vous, que non, en fait, c’était pas mieux avant, pas forcément ? » ; je me rends compte alors, outre que la grammaire souffre, qu’ils ne m’entendent pas, de là-bas ; puis que oui, voilà, ça reste du pas-mauvais, tout ça. Mais hop, ensuite : je passe à autre chose. (Et ces foutues guitares – celles de Granule, pourtant depuis un moment hors-champ – continuent de me râper le bulbe… Ça fait une bonne tranchée pour voir s’écouler tranquillement le reste. Et puis HOP – encore – ça fait un bel écart par-dessus quoi sauter jusqu’à d’autres lieu, d’une réjouissance moins tempérée…).

note       Publiée le vendredi 1 mai 2020

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Dioneo › samedi 2 mai 2020 - 18:12  message privé !
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Ouep, Minami Deutsch j'ai réécouté le dernier après mon message de ce matin et en effet c'est pas ouf du tout, sans originalité comme tu dis, contrairement à ce qui me semblait me souvenir... Très kraut-motorik à la lettre et sans idée, comme on en a en effet beaucoup entendu (et de toutes provenances) ces dernières années... Par contre là j'écoutais encore le premier Scattered Purgatory, donc (Lost Ethnography of the Miscanthus Ocean), à la suite d'un Acid Mothers Temple bien perché (celui avec le titre à tapirs), en me concentrant sur mon ouvrage (c'es à dire en gravant du lino) eh ben... Il est vraiment chouette, j'insiste, celui-là.

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › samedi 2 mai 2020 - 15:46  message privé !

Ah marrant, pour moi c'est plutôt PrairieWWWWW (ce nom franchement) qui m'a complètement convaincu, avec leur mix tribalo-postpunk-trad taiwanais, leur dernier album est superbe (ils font une apparition sur le dernier battles d'ailleurs). Minami deutsch j'ai pu les voir en concert, c'était absolument quelconque (resucée de motorik vu et revu, redigestion de can justement).
Je vais checker ramayana et Kikagaku

Dioneo › samedi 2 mai 2020 - 12:01  message privé !
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Ben Scattered Purgatory est vraiment le truc qui se détache, pour moi, dans les trucs du label - alors qu'au départ j'ai failli prendre ça pour un machin d'impro/ambient/dark générique. En fait non, c'est bien plus varié et riche que ça. Sinon l'album de Ramayana Soul est vraiment cool dans le registre - une ambiance assez "sublime frequencies" (les compiles sud-est asiat' du label) avec quelque chose de plus garage sixties, et quelque chose d'indy/lofi (au sens nineties du terme ou va dire) qui tord encore un peu différemment le truc. Y'a aussi des trucs qu'li faut que je creuse, dont à première écoute je me suis demandé si c'était complètement cliché ou finalement assez bizarre (la folk acide solo là aussi assez lofi de William J. Parker, Nawksh... et je ne suis même pas sûr d'avoir écouté les Coréens de Tengger, tiens).

Et puis donc finalement Kikagaku Moyo c'est pas mal du tout une fois que tu as surmonté l'impression que ça cherche tout le temps à rester très équilibré (au point que ça le puisse paraître "trop"). Un morceau comme Nana, sur leur dernier (Masana Temple), c'est quand-même très bon, dans une veine "on s'est bouffé du Can jusqu'à la glotte". (C'est de là que je me suis mis à accrocher davantage à leur truc, perso)/

Et puis... de mémoire Minami Deutsch, de mémoire, c'est aps mal du tout - mais là aussi ça fait partie des "à réécouter".

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › vendredi 1 mai 2020 - 21:44  message privé !

J'ai découvert ce label via les 2 groupes taiwanais susnommés (WWWWPrairie et scattered purgatory) que j'aime beaucoup, pas trop exploré le reste du catalogue du coup. T'en retiens quoi ?