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Bombori › Gong

cd • 8 titres • 44:32 min

  • 1GONG2:33
  • 2Kingdom5:18
  • 3Land6:21
  • 4Atomiquake2:07
  • 5Dawning5:58
  • 6Summer7:23
  • 7Granule7:55
  • 8Gang of Six6:54

enregistrement

Enregistré au Kichijoji Studio et mixé par Bombori. Masterisé par Konichi Matsumoto.

line up

Ginga Naka (batterie, voix, percussions), Hikari Sakashita (batterie, voix, percussions), Takuya Iizuka (basse), Ryota Fukushima (guitare, synthé), Shunsuke Kamiya (guitare, Asuka Hamaguchi (vj)

Musiciens additionnels : Bagpipe Blastos (kAchu shiGe) (cornemuse sur GONG)

remarques

Artwork : Bombori.
(L’oiseau bleu est [parfois] ton ami)

chronique

Le Bombori psychédélique, solaire, irradiant ! Celui du début – trois ans avant le gros badtrip métaux-lourds (sludge, doom-stoner mal barré-bardé) de We Are Cured Fuck You, de la disparition de toute trace officielle, des radars, qui suivra juste après – une question si j’ai bonne mémoire de quelques semaines seulement. Deux ans avant le déjà bien bizarre Prayground, travaillé par autre chose, déjà, des lumières moins franches, sorte de stroboscope thermique/visuel/auditif – de mémoire, à vrai dire, je n’ai pas encore remis la main dessus, celui-là. Mais pour l’heure, donc – Gong. Pas pour rien, bien sûr, qu’il s’appelle comme ça – comme le groupe franco-anglo-australien des années soixante-dix, le grand (et grandiose) bazar psychotrope de Daevid Allen/Gilli Smyth & Co., l’entité collective qui avait généré la trilogie folle Radio Gnome Invisible (Flying Teapot/Angel’s Egg/You, en 1973/74). Rares même sont les groupes qui ont sur retrouver ce sens du déboussolement, du grand délire instrumental et vocal – sans perdre en précision de jeu NI en imagination, sans s’enfermer dans la Fresque, l’épopée trop contrôlée, trop allégorique. Un Bombori "solaire", disais-je – mais attention ! Parce que ça brûle, aussi, ce truc. Ça aveugle. Avec ou sans le recul – les disques d’après, les événements, donc – il y a déjà là-dedans, à bien y écouter, quelque chose qui cloche. Qui part trop loin, disons, trop fort pour pouvoir tenir sans dommage la charge. Une très grande intensité dans le travail de ces deux batteries – ça en fait, de la pulsation qui se questionne-répond, qui se poursuit et cercles, qui se bastonne ; dans les lignes de ces deux guitares, leurs textures – magnifiques, certes, impeccables de mise en place et surprenantes de liberté, de versatilité dans l’art d’exploser les enveloppes, de les varier, de faire muter le son, le dessin des particules, à travers les effets. Ce space-rock, ce serait aussi une sorte de space-jazz, à vrai dire – tellement ça joue serré dans le placement, et ample dans le mouvement, sa, ses marges ; ces larsens, aussi, qui viennent grêler les oreilles en scie rouillée, en mitrailles… ; cette basse élastique et lourde, épaisse – space-funk, en plus, alors ? Allez. Puis ces claviers prog-débordé, complètement saturés d’électricité, ailleurs en timbres limpides, partout où ils jouent, s’imprégnant dans la trame, gorgeant, dégorgeant de là. Ça braille, aussi – pas toujours très rassurant, déjà, oui, dès ici… Parce qu’on dirait que les types essayent d’expulser leurs yeux comme ça, par moment, de sortir enfin d’eux-mêmes, de dégueuler l’univers qui se seraient engouffré par mégarde dans leur organismes, serait devenu eux pour se sauvegarder avant reset – comme Rose Tyler puis le type épo à la fin de la saison 1 de Dr. Who, là (celel de la version années 2000, hein, j’entends). Sauf que là c’est plus violent – les couleurs amplifiées en boucle (FEEDBACK) comme le son, les lignes tordues, tout qui ondule, qui éclabousse, qui gicle. (Du dégueulis multicolore/multivers oui… Y’a de ça). L’été – Summer, mais INDICE sur ce qu’ils vivent, cette saison-là : outre les paroles, dans le livret (qui disent que ça va pas le faire, ce cagnard), il y une version du titre, ailleurs, qui s’appelle Bombori vs the Summer (sur l’EP Listentometal, à priori leur première sortie, l’année d’avant – pas encore pu re-choper ça non-plus, ici). N’empêche qu’on ne s’y trompe pas : malgré la rudesse par moments du déferlement (la fin de Granule, avec les batteries qui tétanisent et les guitares qui frottent vitesse hyperespace, là… ouch), tout ça fait… PLAISIR. Ce Bombori version encore hippies, oui : c’est renversant, ça trimbale en cognant nos corps en rebonds sur les parois de la machine mais – nettement – c’est le pied ! C’est beau, ultra-fort, perturbant, radieux (décidément… mais c’était peut-être bien ça, en fait, le mot que je cherchais depuis le début), dézingué, lâché, glorieux dans sa convulsion… Des groupes, des gens, n’importe qui ou quoi – comète ou longue route s’ensuivant – qui commencent comme ça, si entier, si fort et pas en formule déjà close (qu’on sent déclinable à l’envi), dont on ne se dit pas qu’après ça va forcément être la-même-chose-en-moins-bien… Ça ne court ni les rues ni les caves des bars, ni les salles associatives ni les plus grandes et officielles, à vrai dire. Des musiques qui arrivent d’emblée aussi pleines, formées… Peut-être pour ça, en partie qu’ils ont ensuite dérivé – je le disais – vers autre chose ; vers une autre étrangeté puis donc, en l’espace de quelques années, quelques mois, vers l’agression quasiment pure (mais toujours « trippée », au fond). Peut-être pour ça aussi qu’ils se sont « sabotés », après, on y revient – avant de revenir, de renaître sous un autre nom (Granule… ah ben tiens). Enfin, peu importe l’histoire, en dernier ressort, leurs raisons – ce disque n’a au vrai pas besoin de ça pour nous sonner, nous larguer son illumination déglinguée-superbe dès l’intro (avec cette cornemuse qui fond en magma bulles-qui-crèvent autant que le reste). Ce disque – comme tous les Bombori – a officiellement disparu, je le rappelle une dernière fois. N’empêche : s’il vient à rôder dans votre sphère d’attraction – sous forme solide ou pas – n’hésitez pas ! Tendez la main, l’oreille, le et les sens – il y a de fortes chances que ce soit lui qui vous cueille.

note       Publiée le mercredi 29 avril 2020

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Note moyenne        3 votes

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Procrastin › lundi 8 juin 2020 - 00:27  message privé !

C'est de la balle, c'est spontané et jusqu'au-boutiste! Ça ravive des souvenirs de concert de Circle, avec ce même sens du jeu extrémiste, qui t'attrape par la manche et t'emmène dans le trou du lapin, peut être sans le spandex rose et les bracelets à clous... quoi que! Son principal défaut c'est qu'il parait trop court, le vide après fait mal.

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Dioneo › jeudi 30 avril 2020 - 14:00  message privé !
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(Et sinon j'avais casé un autre titre de cet album dans une des émissions de Bagarre Générale...).

Note donnée au disque :       
Dioneo › jeudi 30 avril 2020 - 13:38  message privé !
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Oui, "Granule" est l'un des très rares trucs (le seul ?) d'eux à se trouver encore officiellement sur le net, vu qu'il figure sur la compile Guruguru Brain Wash (du label Guruguru Brain), avec plein d'autres groupes japonais "psyché". Le titre/le groupe (qui n'a rien sorti d'autre chez eux, à priori) tranche d'ailleurs pas mal avec la plupart des autres trucs de la compile - qui sont globalement plus dans l'esthétique "synthèse des différentes tendances historiques du psychédélisme" du label, souvent assez propre, à quelque chose prêt, "équilibré"... Adjectif qui colle déjà nettement moins à l'ambiance Bomborienne en général ! (Y compris sur ce disque où ça reste plus space-rock-jazz-funk-etc. que sur Prayground - qui est donc assez tordax - ou les trucs carrément métal-méchants, We Are Cured Fuck You ou ce qu'ils font maintenant (si c'est encore d'actualité... avec eux on sait jamais trop) sous le nom de... ben Granule, donc).

Note donnée au disque :       
saïmone › mercredi 29 avril 2020 - 21:43  message privé !
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Je ne connais que le titre Granule, qui est Boredomsien à fond, je ne savais pas qu'il y avait un disque associé ! Je fonce

nicola › mercredi 29 avril 2020 - 17:24  message privé !

Il y a une balise pour les pochettes faites par mon gosse ?