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Zothique › Limbo

cd • 1 titre • 19:30 min

  • 1Limbo19:30

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remarques

L’EP est téléchargeable à prix libre sur le bandcamp du groupe.

chronique

Je vous en parlais il y a peu, à propos d’un autre disque : ces jours, j’ai le désir de l’Océan – de falaise, de vaste, d’horizon, d’agitation des flots en face, en bas, qui gronderait à mes oreilles. Le genre de son, ça, la houle – vous avez remarqué ? – qui suscite, convie, fait tout de suite jaillir les autres sensations : l’odeur de l’iode, la gifle du vent, son passage, les remous thermiques… Zothique sont forts à ça, aussi : par un sens, aspirer, faire se mettre en alerte, en état de perception hallucinée – mais plus concrète que rêvée – tous les autres. J’ai toujours trouvée leur musique « environnementale », même dans sa violence matérielle, granulaire – très loin de « l’idée qu’on se fait de l’ambient », en général, mais qui fraye volontiers, quand l’emballement ou la lourdeur metal, sludge, doom… retombent, à de mêmes régions liminales (entre musique et son « naturel », conçu pour s’intégrer à un espace, s’y confondre). Seulement voilà, avec eux : ça tourne rarement au calme, au serein, ça mange et recrache du bruit, cette espèce de biotope/plan sonore. Les voilà, en 2016, qui nous sortent encore – après le Sunless de 2014 – un disque à plage unique, étale. Presque vingt minutes, cette fois. Et précisément, ça commence par ça : le son de l’océan, des vagues, capté sur bandes (ou sur carte numérique) ou créé de toute pièce dans une, dans des machines, je ne sais pas – rien n’est dit de qui joue, là, si le dénommé Jah Excretion (Yu Iwasaki) est cette fois de la partie, à manier le bruit blanc pour faire de telles textures. Un piano s’en mêle, vite – flottant, les notes rares, comme à la recherche. Presque élégiaque, assez juste. Quelque chose vrombit en fond – on se demande encore si c’est de l’électronique, maniée pour ça, si c’est un micro au bout d’une perche qui vibre dans la bourrasque. La progression est lente, des éléments entrent, se densifient, rien ne s’accélère, d’abord, mais on sent que ça s’enfle, s’infuse. Bien sûr : cette sorte de metal mutant, psychédélique, parasité, à quoi le groupe nous avait « habitué » – on l’entend qui rôde, qui se forme dans cet éther palpable, en train de se matérialiser, en particules qui se rassemblent, se structurent. Oui, sur celui-là encore : le moment du surgissement sera puissant, intense… Libérateur. Comme certains « trips » – en même temps qu’ils peuvent remuer parfois trop fort, tétaniser – peuvent être libérateurs. Comme l’Océan – qui est péril, aussi, qui peut tuer, engloutir, si on s’y embarque, si on s’y expose mal, au mauvais point – libère. Parce qu’il va bien plus loin qu’où peuvent porter nos yeux, nos oreilles – nos sens, encore, leur appréhension. Parce que, par ça, il ouvre, insuffle, vivifie et calme. J’y retournerai, nous y retournerons, au sortir de cette Limbe où ces jours on est pris. C’est le titre du disque, tiens – les Limbes. C’est à s’en extraire, pourtant, qu’enjoint cette musique – c’est de cet air libre, serait-il saturé, chargé, que procède son ample mouvement.

note       Publiée le mardi 28 avril 2020

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