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Baustelle › La Malavita

  • 2005 • Atlantic 501011016028 • 1 CD
  • 2015 • Atlantic 5051011011611 • 1 LP 33 tours

cd/lp • 11 titres • 44:26 min

  • 1Cronaca Nera1:36
  • 2La Guerra È Finita4:21
  • 3Sergio4:00
  • 4Revolver4:06
  • 5I Provinciali3:35
  • 6Il Corvo Joe5:25
  • 7Un Romantico a Milano3:51
  • 8A Vita Bassa4:07
  • 9Perché une Raggazza d’Oggi Può Uccidersi ?5:09
  • 10Il Nulla4:40
  • 11Cuore di Tenebra3:27

extraits vidéo

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enregistrement

Pré-produit à La Fabbrica di Plastica (Gattatico), en octobre et novembre 2004. Enregistré par Carlo U. Rossi au studio Transeuropa Home (Turin), en décembre 2004 et janvier 2005. Cordes enregistrées par Carlo U. Rossi, assisté d’Antonio Cupertino, Giuseppe Salvadori et Tommaso Colliva aux studios Officine Meccaniche (Milan), en février 2005. Masterisé par Antonio Baglio au studio Nautilus (Milan) le 15 avril 2005. Produit par Baustelle et Carlo U. Rossi

line up

Claudio Chiari (batterie, cymbale, synthétiseurs, percussions, ordinateur), Claudio Brasini (guitare électrique, e-bow, basse électrique), Fabbrizzio Massara (orgue, clavinet, glockenspiel, mélodica, piano rhodes, synthétiseurs, harmonium, vocodeur, ordinateur), Francesco Bianconi (voix, guitares électrique et acoustique 6 et 12 cordes, synthétiseurs, vocodeur, bol tibétain, orgue, sifflements, ordinateur), Rachele Bastreghi (voix, pianos rhodes et wurlitzer, synthétiseurs, clavinet, shaker)

Musiciens additionnels : Fred Casadei (basse électrique, contrebasse), Carlo U. Rossi (synthétiseur, basse électrique, guimbarde, ordinateur) ; Orchestra d’Archi Edodea Ensemble di Edoardo de Angelis : Luca de Muro (violoncelle), Marcella Schiavelli (violoncelle), Marcello Rosa (violoncelle), Eugenio Silvestri (alto), Nicola Curiani (alto), Valentina Giangaspero (alto), Abigiela Vasthina (violon), Adriano Colomb (violon), Dedoardo de Angelis (violon), Elisa Poletto (violon), Enkelaida Sheshaj (violon), Giacomo Trevisani (violon)

remarques

chronique

« Lalalala, la guerre est finie/En tout cas pour moi »… Bon, en fait, ce morceau – avec son clip qui tue la dynamique, qui fait oublier le tranchant des guitares sur les couplets, postpunk vaguement Gang of Four (la basse enflée mais sèche, aussi), qui fait qu’on loupe un peu le contraste que ça fait avec les arrangements de cordes bien léchés ; et qu’on entend surtout ça, en fait… En fait disais-je : ça cause d’un mot laissé par l’amie suicidée, si j’ai bien compris. De s’être paumé dans le punk et le crack, aussi. Contraste, encore : avec le look classe-dandy, même un peu gommeux de ces gens. Avec cette production exacte – nette, certains trouveront ça bien trop propre, même, ça ne fait pas de doute. Bon… Et pour continuer : ça semble en causer beaucoup, de suicide, ce disque. Ça remet ça en mode pas très propre côté paroles, sur Revolver – cette fois chanté par celle qui s’abolit. (Je baise avec un revolver/Coup de Feu/Je le jure…). Bon, et cette fois c’est posé d’une voix suave – et sur du quasi italo-disco, avec intro-clavecin, wha seventies bien déperlante… Et encore ces violonnades, derrières : gonflées, crémeuses, romantisme vaporeux, meringue symphonique. A vrai dire : impossible de me souvenir : comment j’étais « tombé » là-dessus – eux, ce disque. Un groupe de Montepulciano (province de Sienne, Toscane, Italie) avec un nom allemand qui signifie Chantier (ou Site) de Construction – et qui ne fait pas de l’indus. Je me rappelle bien par contre ce qui m’y avait intrigué – et l’étonnement, aussi, d’avoir envie d’y revenir, parce que ça n’avait pas tant que ça pour prendre, chez moi. Ce contraste, donc : un fond, un imaginaire noir, assez plombé, frôlant ou donnant carrément tête la première dans le gothique (Il Corvo Joe… eh), des textes travaillés mais pas riants, qui ne cherchent pas à déguiser leur matière crue, dure, une approche pas franchement optimiste ; une musique souvent lumineuse, pourtant, très arrangée, encore. Aussi : le soupçon de quelque chose d’assez « naïf », naïvement « rock et poétique » dans la posture, l’angle d’attaque – au risque même d’avoir l’air presque de gommeux clichés, au début ; et pourtant, qui s’affirme très vite, à l’écoute : un ton bien personnel, un sens du détail qui fait que ça verse vers quelque chose de pas du tout bêtement « rock néo pour anciens jeunes en devenir ». Au fond, je crois que c’est ça qui a emporté le morceau, pour moi, aux places où ça me trouve – la bonne distance. Ça raconte l’ennui, la « mauvaise vie » (ou la « vie basse »), en effet – ça taille net et relâché à la fois, tombé nouvelle-vague (pas le groupe/projet qui fait de la muzak avec du ponk et de la Keren Ann hein… plutôt au sens du cinéma, évidemment), néoréalisme de « là-bas » – mais sans tomber dans le piège de la culture, de l’art, qui transcenderait tout ça, sauverait, de la rédemption new-wave, d’une élégance qui rendrait jolie, suffisante, la réalité que ça évoque. Il faut de l’élégance, oui – mais surtout pas devenir une marque, s’absorber dans sons costard pour s’y confondre, devenir un insigne, un signe, « quelqu’un qui sait » et de là prend tout de haut, de dehors, commente. Bon, j’admets, aussi : parfois je décroche – au détour d’une mélodie un poil trop, mmm, disons Rimini pour moi (c’est bon… c’est une image) ; ou simplement parce que je trouve que telle ou telle chanson tire un peu en longueur (Perché une Raggazza d’Oggi Può Uccidersi ?), que ça s’essouffle de justesse. Et pourtant… Pourtant c’est aux moments où ils poussent le plus les curseurs, peut-être, que ça m’attrape le plus – Il Corvo Joe, encore une fois, avec sa voix émo-crooner-ténébreux, le ton jabots-plumes-noires, eh bien… Je marche tout à fait. Je l’aime, cette chanson, je la trouve belle et entière, dans son parti-pris Edgar Alan Poe au Giardino di Poggiofanti (oui… merci les maps virtuelles – vu que je n’y ai en effet jamais mis les pieds, en vrai). Au fil des années, même : j’en aime de plus en plus, de l’album. Je trouve toujours que ça perd en substance après Un Romantico a Milano, d’accord – qu’on se noie un peu sous les claviers, au fil, que ça s’égare un peu le temps de quelques plages, à force d’oser comme ça frayer aux limites, aux marges (de l’artisanat bien singulier et de la variété internationale qui a de la bouteille). J’ai fini par apprécier cette conclusion – où ils chantent réellement « lalala », d’ailleurs, cette fois, Cuore di Tenebra. J’ai l’impression qu’elle ouvre modestement, sors doucement de l’avis morbide, post-mortem, qui ouvrait le disque, du gris qui entache le lustre tout au long, à dessin. Ça parle d’amour, en mots simples. Il me semble que les derniers dits sont « et ça… ». (Mais je peux me tromper – je saisi encore assez imparfaitement l’italien, et les outils communs ne pannent pas grand-chose aux tournures dialectales, familières – tant pis ou tant mieux). Bon, et à la fin, il faut noter… Je veux bien qu’on se rappelle – cette fois-ci encore plus que d’autres – que ça ne raconte pas tout, une notre (« l’officielle » ou les autres) ; que ça veut rarement tout dire, de ce qu’il y a à entendre.

note       Publiée le mercredi 22 avril 2020

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Note moyenne        1 vote

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born to gulo › mercredi 22 avril 2020 - 19:41  message privé !

Oula ! les votes en double, sa sé unterdi et je ne peu le toléré !

Dioneo › mercredi 22 avril 2020 - 19:13  message privé !
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Et @Gulo : attends eh, pour une fois que je rameute pas Oualtéreu...

Note donnée au disque :       
Dioneo › mercredi 22 avril 2020 - 19:11  message privé !
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La fin de la chronique dit (ou essaye de dire) un peu pourquoi, et que la note c'est pas tout, quoi... Et sinon c'est aussi une manière de faire une espèce de moyenne (qui n'est certes pas "comptabilisée" mais du coup la nuance apparaît vu qu'il y a deux notes en effet) les fois où entre 3 et 4 (ou autres notes séparées d'une boule hein), j'ai un peu trop de mal à trancher...

Note donnée au disque :       
born to gulo › mercredi 22 avril 2020 - 19:10  message privé !

Il faut séparer l'homme du chroniqueur.

nicola › mercredi 22 avril 2020 - 19:05  message privé !

Comment se fait-ce ? La chronique dit 3 boules mais ton vote dit 4 boules.