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Magrava › ʭɧ

cd • 2 titres • 35:26 min

  • 1ʭ18:40
  • 2ɧ16:46

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line up

Cyril M (Cyril Meysson) (guitare électrique), Rodolphe Loubatière (batterie)

remarques

Artwork : 若潭 (ruò Tán).

chronique

Larsens grondants, et c’est parti… Encore de l’impro – à deux, cette fois, guitare et batterie. Les cymbales s’en mêlent une fois que le truc commence à déborder vraiment – l’ampli, donc. Toujours difficile de dire de quoi ça peut bien parler – si ça parle de quelque chose, si ça vit autrement qu’en comblant l’absence de parole. (Ce que de toute évidence, oui, ça fait). Jamais facile à décrire sans tomber dans la vaine notation, le relevé. Alors disons : cette fois, ça part noise. Une sorte de free-noise, si ça veut dire quelque chose – on tirera les conséquences, les accointances qu’on veut en rapport au free-jazz, selon que le choix du terme nous sonne ça ou non. Selon, aussi : on prendra « noise » comme une annonce de fracas pur et simple ou quelque chose de plus ouvert. Pour ma part, je n’entends pas ici une violence – en tout cas pas l’avis, la consommation d’une destruction. Une énergie qui bouffe toute idée de structure, certes, qui attaque bien dans le vif, le dur de la matière… Mais rien qui me dicte de m’abandonner à une chute vers un quelconque fond. (Ou alors… en portant assez pour qu’on n’ait pas peur de l’impact, au bout). Difficile de ne pas entendre, aussi, que ces deux-là s’écoutent. Que sans repères posés, c’est pour autant tout autre chose qu’une surenchère mutuelle, continuelle, qui se joue, comme une sorte de concours. Tout au contraire : c’est de « l’ensemble ». Si c’est une machine, elle est transitoire – transition comme mouvement de l’un à l’autre muée en une sorte de Troisième. (Je ne vous refais pas le coup de la valeur ajoutée comptable, façon somme-des-parties-supérieure-au-total-des-termes… Je dis, plutôt, que « l’ensemble », quand ça prend, ces choses-là – l’impro, la jam, s’écouter, y aller à l’intuitive… – devient un « ensemble » nouveau, autre, pas strictement situé à la zone commun, dite « d’intersection »). Elle joue des vitesses, tiens. Je veux dire : pas seulement des variations de tempo (d’ailleurs… allez donc relever des mesures, là-dedans… Non : celle-là aussi est ouverte, se continue sans – jusqu’à ce qu’eux s’émettent, saisissent un signal… eh bien justement, de fin). Parlons plutôt de débit – le grain des conglomérats de fréquences, leur gluant, solidifié, cassant, effrité, amalgamé, mouillé… déterminant que ça semble plus ou moins filer ou se tenir dans un espace, bougeant d’un bloc avec le contour. Ce qui fait que ces deux plages – formellement descriptibles peu ou prou pareil, en même mots – ne sont pas les mêmes, bien au-delà de ce qui seraient de simple « prise untelle puis untelle bis » d’un même geste, d’une même substance. La seconde (mais au fait les gars… COMMENT VOUS PRONONCEZ ÇA ??) me semble toujours une poussé plus ascendante, la tension (avec le poids qui concomitamment se rappelle toujours plus le sol) grandissant avec l’élévation, la montée. Une sorte d’étirement-durcissement. La première me semble toujours d’une élévation, d’une évolution, d’un emplissement davantage liquide, dans toutes les (ses) directions à la fois. Je vous l’ai dit : ça vaut ce que ça vaut, ces définitions, ces descriptions d’écoute. Ça ébauche au mieux, pour qui lira, ce qui se passe pour qui écrit, pendant que qui (que ceux, qu’eux, que ça, décidément) joue. Curieusement, en parlant de jazz : j’ai cette fois de plus l’impression d’en entendre furtivement, aux dernières secondes du disque – quand la guitare « retombe » un peu en volume, que la batterie roule très distinctement. Enfin : j’ai l’impression que ce qu’ils en ont retenu se poursuit, se déroute par eux, qu’ils n’en font pas mais que ça pour ça que ça le rappelle, d’un coup (parce que « au passage », parce que ça s’en rappelle comme passage, précisément, pas comme ensemble de règles, de traits, caractéristiques ou même, plus vaguement : comme d’une « esthétique »). « Bon OK Dio mais sinon : ça raconte quoi ? ». Oh… On y revient. Et bien disons : j’aurais bien aimé y être ; ça sonne « live » sans laisser l’impression que pris hors-public c’est/on serait venu là pour rien (d’ailleurs rien n’indique qu’il s’agisse d’un enregistrement de concert – ou de sortie de résidence ou autre, ni d’ailleurs au contraire) ; c’est comme ça que ces musiques se tiennent et se meuvent – peut-être aussi en essayant (ici : en parvenant) à ne pas trop se poser la question paralysante du « comment passer ça sur un format, sur un album »… Larsens et pierrailles de l’ampli complètement tus, la batterie qui boucle seule quelque secondes, comme on disait. Et c’est fini.

note       Publiée le jeudi 16 avril 2020

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Dioneo › jeudi 16 avril 2020 - 19:04  message privé !
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Merde... Ça s'est vu ?

Note donnée au disque :       
(N°6) › jeudi 16 avril 2020 - 18:53  message privé !
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Ah, ça, tu le sens bien le plaisir de pouvoir coller du caractère spécial vraiment imbitable sur GoD à nouveau !

nicola › jeudi 16 avril 2020 - 17:45  message privé !

Les deux caractères sont utilisés en phonétique (merci la table des caractères) :
Le premier est un claquement de dents, le deuxième, je ne sais pas.