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Japan › Adolescent sex

cd • 10 titres

  • 1Transmission
  • 2The Unconventional
  • 3Wish you were black
  • 4Performance
  • 5Lovers on main street
  • 6Don't rain on my parade,
  • 7Suburban love
  • 8Adolescent sex
  • 9Communist China
  • 10Television

informations

Audio International Studio, Londres, Grande-Bretagne.

La réédition cd ici chroniquée propose en bonus 4 vidéos.

line up

Richard Barbieri (claviers, chœurs), Rob Dean (guitare, chœurs), Steve jansen (batterie, percussions, chœurs), Mick Karn (basse, chœurs), David Sylvian (chant, guitare)

chronique

Hé oui, David Sylvian a eu les cheveux longs, un look glam à la New York Dolls (euh…les autres aussi, pardon, c’est juste que c’est lui qu’on verra de plus en plus sur les pochettes), rien à voir avec le dandy en costume des 80’s à l’exception du maquillage. En 78 ? Ben oui, l’ombre de Ziggy Stardust n’avait pas fini d’irradier la Grande-Bretagne (souvenez-vous de Cuddly Toys, Slaughter and the Dogs…), d’ailleurs le timbre du jeune Sylvian dégage parfois quelque chose du parrain Bowie sur certaines intonations. Pour autant, le groupe place déjà pas mal d’éléments qui caractériseront son style, à commencer par le jeu de basse de Mick Karn dont le velouté chaloupé est déjà identifiable mais aussi une véritable audace de composition. Les influences Roxy Music, Bowie sont plus qu’évidentes (je sais, c’est d’un commun) mais aussi un goût très marqué pour le funk qui hante littéralement les rythmiques, tantôt de manière groovy (‘Performance’), tantôt saccadée (‘Wish you were black’), limite sexy (‘Television’). Rien d’étonnant, après tout les Talking Heads s’en inspiraient aussi, sauf qu’ici, le propos demeure plus fluide, sexuel presque. Impressionnant, non ? Sauf que audace n’est pas synonyme de cohérence et on sent que Japan se cherchent encore. Des morceaux comme ‘ Communist China’ et ‘Don’t rain on my parade’ (pourtant une reprise de Barbara Streisand) sonnent plus durement, pas si loin du punk version Television. Ce sont d’ailleurs de fort bonnes chansons. Idem pour l’incroyable ouverture, ‘Transmission’, véritable coup de maître de par ses atmosphères. Très marqué par le Bowie époque Ziggy Stardust, il en conserve quelque chose de glam punk qu’il mêle à une forme spatiale dans le jeu des claviers et les choeurs comme suspendus dans l’éther. Les titres restants sonnent très 70’s au sens noble mais hybridés par une touche plus moderne que nostalgique (l’excellent ‘Adolescent sex’). Au final, nos cinq jeunots brouillent plutôt bien les pistes en demeurant les maîtres du jeu. Il faut bien sûr s’habituer à la voix du David Sylvian d’alors, plus agressive, juvénile sans doute, mais qui finalement colle plutôt bien aux climats dégagés par l’album. Peu représentatif du genre retenu quand on évoque Japan, ce premier essai (plutôt renié hélas par les artistes et boudé par le public) montre un réel savoir-faire musical, une écriture extrêmement riche et complexe servie par une bonne production et sans doute un certain culot quand au métissage des styles d’ailleurs plutôt réussi (une larme de prog sur un beat disco, il fallait le faire, surtout sur plus de sept minutes pour ‘Suburban love’). Même si le combo n’a pas encore dégagé sa patte, il entre dans la place de manière plus que convaincante. 4,5/6

note       Publiée le mercredi 15 avril 2020

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Passe crème anglaise ce premier Japan. Funk à donf en effet, et avec quelques "étirements" de guitare frippiens, bien "entre deux époques", comme le premier Ultravox.

Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Le premier Japan n'est pas le meilleur Japan. Ce n'est peut-être même pas encore un vrai Japan diront certains. Mais ce groupe n'a jamais été plus attachant qu'ici, avec son obsession funk parfaitement assumée. "Suburban Love" est tout simplement génial. Y'a des Blancs qui savent rêver qu'ils dansent comme des Noirs.

Note donnée au disque :       
Dane Envoyez un message privé àDane

Album que je ressors régulièrement. Pas mal de bon morceaux, "Suburban Love" est terrible.

Note donnée au disque :       
Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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Assez raccord avec la chro : les premiers Japan, de celui-là jusqu'à Quiet Life inclut, c'est encore très marqué glam façon Bowie/Roxy, avec - je trouve aussi - un mordant qui rappelle en effet Televison par moments, un groove crispé à la Talking Heads, oui... Et ça bouge progressivement, d'un album à l'autre, vers quelque chose de plus feutré, waveux quasi jazzy... Jusqu'à Gentlemen Take Polaroids, ou ça finit par s'admettre carrément jazzrockeux/jazzfunkfusionneux/progreux derrière le gloss "new-romantic", le dandysme eighties à quatre épingles + maquillage criard. (La basse, fretless, slappée, évidemment, mais aussi dans l'usage atmo des claviers - pas étonnant que Barbieri ait fini dans Procupine Tree - groupe qui me fait à peu près rien, ceci-dit, de mémoire, mais j'en parle pour le côté prog, justement ; m'étonnerait pas non-plus : qu'ils aient écouté Weather Reprt et cie, ceux-là, avant d'en arriver là).

Mais bref : là ces encore bien rock dans le rugueux, sous les néons-fluos. Et ouais : je crois qu'ils sont un peu oubliés ou boudés, souvent, ces disques des débuts, et c'es dommage, parce que dans l'optique, ils claquent plutôt. J'aime bien la voix de Sylvian, en passant, sur celui-là - encore ben loin de la basse dramatique (certains diraient : maniérée) qu'on lui connaîtra plus tard, moins posée, plus agressive, te qui colle bien à ce que joue le groupe.

Bon... Et puis plus tard encore (cf la chro de Raven) y'aura Tin Drums, aussi. Encore autre chose. Perso j'y vais pas aux mêmes moments mais y'en a aucune à quoi je sois réfractaire, ces "périodes" de nos non-nippons-malgré-le-nom.