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John Zorn › Duras: Duchamp

  • 1997 • Tzadik TZ 7023 • 1 CD

cd • 5 titres • 47:23 min

  • Duras
  • 1Premiere livre14:41
  • 2Deuxième livre00:51
  • 3Troisième livre16:46
  • 4Epilogue01:46
  • Étant Donnés: 69 paroxysms for Marcel Duchamp
  • 51 - 6913:17

enregistrement

Enregistré le 1er avril 1997 au Shelley Palmer Studio et le 1er mai 1997 à l'Avatar

line up

Anthony Coleman (piano [1-4]), Mark Feldman (violon), Erik Friedlander (violoncelle [5]), John Medeski (orgue [1-4]), Jim Pugliese (percussions), Christiane Bard (percussions [1-4]), Cenovia Cummins (violon [1-4])

remarques

chronique

Dans sa carrière pour le moins prolifique, John Zorn s'est notamment attaqué à la musique contemporaine dès les années 90. Après avoir débuté avec le "Redbird for Agnès Martin", le voilà qui réalise un hommage musical à deux artistes majeurs français, Marguerite Duras (décédée un an avant l'enregistrement de cet album) et Marcel Duchamp, au travers de ce "Duras: Duchamp", dans un style assez similaire à celui présent sur son premier album de musique contemporaine. L'album est composé de deux parties, une pour chaque artiste, et débute par l'hommage à Duras. Cette première partie contient 4 titres, deux longues pièces calmes et tout en tension, séparées par un morceau court, moins d'une minute, telle une respiration, beaucoup plus rapide. La partie consacrée à Duras se termine par un épilogue tout aussi violent et court que l'intermède. Sur les deux longues pièces, "Premiere livre" (sic) et "Troisième livre", à l'image de ce qu'il se passe sur "Redbird", on a affaire à des notes de violons et de percussions tenues longtemps sur la durée, tout en tension palpable, très cinématographique. Le travail sur l'enchainement entre violons et timbales est vraiment intéressant et permet de tenir en haleine l'auditeur. On est balancé entre cette atmosphère douce et cotonneuse, très relaxante, et cette attente, ce suspense qui nous laisse sur le qui-vive à chaque fois pendant une dizaine de minutes. A noter à la fin de "Premiere livre" l'apparition du piano qui fait retomber légèrement la tension, mais dans un style toujours léger. Il y a tout au long de la trentaine de minutes que dure cette partie un côté hypnotique agréable, amené par un orgue extrêmement discret mais apportant une légère couche douce tout au long des deux livres principaux. Le morceau dans sa globalité est plutôt bien construit, la respiration de "Deuxième livre" permet justement de rendre cette tension moins lourde à encaisser ainsi que de ne pas laisser sombrer l'auditeur dans l'ennui. C'était un peu le souci de "Redbird". Je trouve que cette partie sur Duras est une réelle réussite, elle montre l'évolution dans le processus créatif de Zorn dans ce nouveau domaine pour lui depuis le premier album de cette série. La deuxième partie, intitulée "Étant donné", du nom d'une œuvre de Marcel Duchamp, est un hommage à l'artiste français. Elle ne contient qu'un seul morceau d'un petit quart d'heure, découpé en 69 saynètes musicales courtes. On entre plus ici dans le domaine expérimental, limite bruitiste, même si on reste dans un registre relativement calme. Zorn joue sur les textures, les sonorités différentes que l'on peut créer avec un violon, un violoncelle et quelques percussions. Chaque petite saynète explore, à l'instar des études du "Book of heads", une technique, une manière d'utiliser les instruments. On garde malgré tout une base musicale, il ne s'agit pas de bruits agencés sans queue ni tête, mais on reste dans un registre particulièrement difficile à appréhender. Il reste par moments de bons effets et des parties de quelques dizaines de secondes qu'on peut utiliser pour illustrer un film par exemple, mais le résultat est tout de même moins prenant que sur la première partie de l'album. On a ici, comme sur d'autres albums expérimentaux de Zorn, une sorte de laboratoire sonore au sein duquel on peut piocher des idées ou des bouts de morceaux pour l'intégrer dans un autre domaine, afin d'accentuer une image, une scène de film, une intro, une outro, un intermède d'album. Mais dans le cadre d'une écoute complète du morceau, l'impact de ces compositions est moindre. Au final, j'aime bien cet album, particulièrement pour la partie concernant Duras, mais le titre en hommage à Duchamp propose des choses intéressantes et correspond bien à l'artiste français et à son œuvre décalée. Zorn continue à sa manière son exploration de la musique contemporaine et cet album reste un bel hommage à deux artistes français qui auraient, je pense, apprécié le résultat.

note       Publiée le mardi 14 avril 2020

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