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Babes In Toyland › Spanking Machine

cd • 11 titres • 36:06 min

  • 1Swamp Pussy
  • 2He's My Thing
  • 3Vomit Heart
  • 4Never
  • 5Boto(w)rap
  • 6Dogg
  • 7Pain In My Heart
  • 8Lashes
  • 9You're Right
  • 10Dust Cake Boy
  • 11Fork Down Throat

line up

Kat Bjeland (chant, guitare), Michelle Leon (basse), Lori Barbero (batterie)

remarques

chronique

"Machine à Fessées". Tu m'étonnes John, qu'y faut assurer derrière, quand tu choisis un titre pareil pour ton premier. Et nos petites Babes In Toyland envoient la sauce soy et la rafale de rouille en pagaille dans les esgourdes, y a pas d'doute, dès cette "Swamp Pussy" aigre et hostile qui donne le ton au maïs sauce mayo maison, entrée en scène revêche et criarde après laquelle tout va s'enclencher comme dans une série B cradoque, dont les dialogues consisteront en grimaces et le scénario en danses de Saint-Guy, tous les morceaux se confondant dans une même énergie, aussi maigre que bestiale, faisant de BiT la grande sœur maudite de Hole. Le rock de BiT, juvénile au sens le plus sale, bondit et brame sans faiblir, déraille pour mieux ré-enclencher à coups de griffes et d'éperons dans les baffles, rayures et bavures. Kat the Brat, gencives saillantes et museau plissé, glapit tout ce qu'elle peut, en délurée bourrée, passant du fielleux au plaintif avec l'aisance d'une hyène dans un charnier, tout en grattant ses vermicelles ferreux. À elle seule elle fait presque tout l'intérêt du groupe - mais elle emballerait moins sans les rythmiques tribales-canailles de Lori et Michelle, qui moulent en beauté cette touffe métallique et juteuse (aaah "You're Right"). Ce Babes In Toyland première giclée sonne vert, acide, rugueux et ultra-cru, "roulé à la main sous les aisselles", volontiers hérissé de sons qui sentent le L7 sous estampille Sonic Youth / Albini ("Vomit Heart"), et surtout ça sonne plus punk qu'un paquet de trucs seventies ("Never", "Lashes"), voire, évoque une tribu de hippies première génération ayant vieilli isolées dans une bicoque insalubre (terrible "Dogg") jouxtant un garage non moins sordide où elles ont disséminé leur collection chérie de poupées, démembrées et énuclées. Mention coup de cœur - enroulé de barbelés - pour "Pain in my Heart". La sensation roborative et tenace, à travers ce cartoon consanguin aux riffs en miettes de casse automobile ? Celle d'un Scratch Acid en version femelle. Qui me donne souvent envie de ressortir la version mâle, plus charismatique et jouissive, OK, mais tout de même, quel délicieux petit disque de sauvageonnes que voilà.

note       Publiée le mardi 7 avril 2020

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Dioneo › jeudi 9 avril 2020 - 12:06  message privé !
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@Raven : Bah tu te doutes sûrement que j'ai écouté ce disque (et les autres d'elles) bien avant d'avoir lu le bouquin cité (qui est au passage un peu plus passionnant - et bien plus drôle, tiens, aussi - que nos présents échanges), dont je causais seulement pour répondre à un point précis d'un commentaire de (N°6) (le côté "ouais mais tu parles à leur place"... ).

Mais bon, en effet je pense qu'on ne va pas se comprendre/tomber d'accord sur ce coup-là (et on y survivra tous) et que ça tourne en rond depuis un moment donc ouais... Laissons tomber.

Note donnée au disque :       
boumbastik › mercredi 8 avril 2020 - 22:23  message privé !

Ah les Babes... Régulièrement, je reviens à To Mother (l'album suivant). Viscérale, cette musique.

dimegoat › mercredi 8 avril 2020 - 20:56  message privé !

Si en plus elles sont rousses.

Raven › mercredi 8 avril 2020 - 20:18  message privé !
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@Dio' : Si c'était des Jean-Louis me demandes-tu ? En gros si ma Tante en avait ? Ben j'aurais pas été moins vulgaire, mais libre à toi de croire le contraire. Si y a des formules lapidaires - comme dit N°6 - c'est parce que je chro d'abord par rapport à ce que j'entends, et pas par rapport à ce que j'ai lu (l'histoire c'est bien joli mais la musique c'est d'abord le son) - instinctivement si tu préfères, et purée, Spanking Machine me fait entendre une nana énervée (j'aurais pu dire hystérique mais tu risquerais d'y déceler autre chose) à l'énergie communicative, et c'est vraiment un disque qui me donne tout sauf envie de lire un bouquin à son sujet, Manon des sources ou autre (et merde j'ai encore renvoyé la femme à son humidité ! Ah non c'est Marcel Pignole, autant pour ouam).

Mais tiens donc - sans envie de faire bisquer, juste par souci de contraster : que dire de la chro de Fontanelle, que tu cites pourtant comme contre-exemple qui ne serait pas dans le même ton - et... qui est en fait bien pire que celle-ci ! T'as pas dû la (re)lire en fait, c'est un festival de phrases agaçantes : "on se pose un instant et puis on se dit que les donzelles, quand elles assurent comme ça dans le rock le plus charnel et le n’roll le plus farouche, ça devient limite rageant" (pffff, quoiqu'on pourrait l'entendre comme une autocritique) sans parler des "La belle demoiselle", "furieuse pouffiasse", "grogne ma belle, éructe ma jolie, crache ma mignonne" et autres expressions vieille France. En douze ans force est de constater que j'ai plutôt adouci et nuancé mon propos sur ces... musiciennes de talent ("de talent" ne sous-entendant pas qu'on doive préciser systématiquement qu'une musicienne puisse en avoir, contrairement à un musicien, hein). Bon j'arrête là, je crois qu'on va commencer à enculer les mouches...

Note donnée au disque :       
(N°6) › mercredi 8 avril 2020 - 19:42  message privé !
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Au passage, Selda était mille fois plus "punk" que toutes les riiiot Giiiirrrls (putain, cette dénomination, c'est con comme un hashtag) réunies avant même l'existence des Sex Pistols. Chanter des conneries sur le peuple et la liberté dans une quasi dictature où l'assassinat politique est un passe-temps, c'est un peu plus chaud que se rebeller parce qu'on a encore pris une main au cul au concert de Black Flag. Just sayin'...