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Yo La Tengo › Popular Songs

  • 2009 • Matador OLE 856-2 • 1 CD
  • 2009 • Matador OLE 856-1 • 1 LP 33 tours

cd/lps • 12 titres • 72:52 min

  • 1Here to Fall5:44
  • 2Avalon or Someone Very Similar3:17
  • 3By Two’s4:28
  • 4Nothing to Hide2:46
  • 5Periodicaly Double or Triple3:53
  • 6If It’s True2:39
  • 7I’m On My Way4:35
  • 8When It’s Dark3:54
  • 9All Your Secrets4:26
  • 10More Star Than There Are In Heaven9:37
  • 11The Fireside11:22
  • 12And the Glitter Is Gone15:51

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré à Hoboken, avec l’asistance de Jim Rock. Enregistrements additionnels au studio Hampton, Nashville. Cordes enregistrées par John Mark Painter au studio IHOF, Nashville. Mixé au studio Blackbird, Nashville, avec l’assistance de Mark Petaccia. Masterisé par Greg Calvi Au studio Sterling Sound. Produit par Roger Moutenot.

line up

Georgia Hubley, Ira Kaplan, James Mcnew

Musiciens additionnels : David Angell (violon), Richard Evans (us) (arrangements de cordes), Pamela Sixfin (violon), Doug Wieselman (clarinette), Monisa Angell (alto), Kristin Wilkinson (alto), John Catchings (violoncelle)

remarques

Les œuvres reproduites au recto de la pochette – At War With the Entropy of Nature/Ghosts Don’t Always Want to Come Back (2002) ; au verso du boîtier – A Dark Day for the Dinosaurs (2000-2001) et à l’intérieur du livret – Sometimes Billie Is All That Holds Me Together, 1998-1999) sont toutes Dario Robleto. En dessous des descriptions de ces œuvres (des matériaux et techniques utilisés), au verso du livret, une « notice » semblable décrit ainsi l’album lui-même, sa « fabrication » : « Popular Songs, 2009 : NordWave, Astelin, espresso, Mackie 1202VLZ, 8-pin Trek pedal, carnitas, 2’x4x1/2’’ plywood, Prince’s hot chicken, recycled denim insulation, Vox Tone Bender, med, gauge flatwound bass strings (manufacturer unknown), duct tape, Fender Princeton Reverb, Sabian 18’’ sizzle, Flying Faders. »

chronique

Leur « coup », blague, canular... réussi – sorti sous le nom de Condo Fucks (Fuckbook… oui), quelques mois plus tôt, avec sa rugosité, son garage dégainé brut de coffre, Yo La Tengo pouvaient y retourner… Il leur fallait peut-être ça, au fond. Une sorte de ménage de printemps (d’ailleurs le truc était sorti au début de cette saison-là). Pour pouvoir ensuite déballer celui-là... Tant-mieux puisqu'au vrai : il est somptueux ! Et immédiat, proche, comme-si-de-rien. Avec ces cordes... De mémoire, jamais entendues ainsi, chez eux, avec cette patte (orchestrale, même s’ils ne sont que cinq ; façon The Verve sur l’horripilant Bittersweet Symphony mais en bien ; c’est-à-dire pas loin du Rolling Stones baroque samplé sur ladite, ou de celui de You Can’t Always Get Satisfied). Et ça prend – porte, souffle. (Ambigu aussi dans le propos - optimiste ou fataliste ?) Ce titre, aussi, qui est tout-eux – à la fois complètement premier degrés et plein de ramifications. "De la pop", donc. Mais comme toujours avec eux : à prendre au sens vaste et plein de recoins, replis et ouvertures en grand, le terme. Et là : comme rarement depuis… longtemps ! Ciselé, fort et net comme en leurs temps les plus constants – en gros pour moi : depuis Painful (1993) jusqu’à Summer Sun (2003), où tout ce qu’ils sortaient sonnait incroyablement juste, pertinent… Beau.

Popular Songs ressemble (et vice-verse) aux œuvres du dénommé Dario Robleto qui illustrent le disque – on se référera aux notes de pochette pour les détails. Des objets plastiques (« items ») fabriqués avec des matériaux chargés d’histoire (pas toujours la plus drôle – il y a des os et du sable fondus par le souffle d’une explosion nucléaire lors d’un test en plein désert sur le territoire national vers la fin de la seconde mondiale, nous dit la notice, dans le corps de la cassette, sur la pochette ; et des marches militaires mixées aux cris de soldats sur « divers champs de batailles » sur la bande, nous dit la notice…). Assez incroyables, au fond, dont on se dit qu’il a dû être pour le moins coton de se les procurer. Des titres/calembours/explications/tranches de vie qu’on peut lire avec un mélange d’amusement, de levage de sourcil façon tout-ça-pour-ça (et ah-oui-c’est-arty-quand-même) mais qui, arrivé au bout de la ligne, révèlent une sorte, aussi, de curieuse poésie. Surtout : avec ou sans notice, lesdits objets dégagent une… beauté (oui... ddecidément) singulière. Déglinguée, matérielle, qui leur est propre. (Pour faire simple : elle a de la gueule, cette cassette défoncée, sur le devant ; idem, cette allumette géante en T-Rex – peut-être en parti littéralement parlant, cf le livret là-aussi). Et, donc : pour la musique c’est pareil. Ils vont chercher partout, du fossile et de l’improbable, de l’actuel (courant, contemporain, flux de leurs jours) ; de la pop (j'insiste ?) ; l’espèce de jazz sans étalage (mais en profondeur et en foison) dont ils ont fait aussi depuis longtemps leur ordinaire (sans que ce soit du tout formellement du jazz ; mais Georgia, tout de même !) ; des textures de claviers de toutes teintes, opacités/transparences/translucidités, grains/viscosités/fluidités… Des voix en strates (More Stars than There Are In Heaven… oh) ; des relâches acoustiques. Rien – cette fois – qui fasse redite. Et c’est assez fou de le constater – encore une fois et à chaque écoute.

Cec-dit : concluons. Eux le font en deux plages – longues. On the Fire Side – un de ces moments de lumière chaude et liquide dont ils se fendent toujours à l’heure adéquate, qui « met bien ». Et puis enfin… And the Glitter Is gone. Celle-ci non-plus je ne l’avais pas vue venir. Un festival – mais à la maison, sans stands de merch’ ni son parasitaire des balances en cour sur une autre scène. Qui le prend aussi, celle-là – le temps. La rythmique en boucle obnubilée – groove court et sec. La guitare d’Ira qui fait du bruit – des : pluriels, prolixes mais jamais "bavardage" sans substance. Merveilleux. Plein-air encore – comme cette version jouée au couchant sur un toit (je vous mets la vidéo en lien, allez). Je la remets. Je m’en remets ? Non. Pas envie. Ce disque – comme Painful, comme I Can Hear…, comme And Then… reste pour moi, des années plus tard, des écoutes par dizaines (centain(e)s ?) l’un de ceux où je reviens toujours rôder, me poser, me mouvoir… Habiter. « Pas mal pour des vieux » ? Bien mieux que ça. De beaucoup. Et pour n’importe qui – autant niquer les stat, de toute façon les sifflements, grondements de l’ampli, couvrent leur crépitement sans âme (comme tout le reste ici, plus tôt sur le disque – traits limpides et arrangements, intrications fouillées, architectures mobiles et coulées de détails minuscules et grandioses).

note       Publiée le samedi 21 mars 2020

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