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Zombi › Cosmos

cd • 7 titres • 46:31 min

  • I.
  • 1Orion
  • 2Cetus
  • 3Cassiopeia
  • 4Serpens
  • II.
  • 5Gemini
  • 6Andromeda
  • 7Taurus

line up

Steve Moore (2) (synthétiseurs, basse), A.E. Paterra (batterie, percussions, synthétiseurs)

remarques

chronique

Cosmos reste le Zombi le plus cinémat(ograph)ique, même si je suis incapable de me savoir lequel je préfère entre lui et Surface to Air. Le plus ténébreux aussi. À l'image de sa pochette, aussi banale que peut l'être une couverture de musique électronique Berlin school, mais qui comme leur musique laisse libre champ à l'imaginaire. Grands rêveurs devant les étoiles et amoureux des synthétiseurs : cet album est votre jardin d'Eden. Celui d'un Zombi qui n'a jamais été aussi tributaire de Carpenter-Goblin-Tangerine Dream... Enfin surtout Big John, qui semble avoir signé la plupart des mélodies de Cosmos, secondé par les italiens aux finitions et options (funky inclus), les allemands se chargeant du matos et des effets. La différence avec ces trois statues de B.O. de série B qu'on est obligé de citer au sujet du premier Zombi ? C'est que ce duo de geeks, fins connaisseurs des classiques et des fétichistes des machines de l'époque, bénéficient d'une approche plus rock, d'un son gonflé, galbé, dodu, tape-à-l'oreille. Avec cette basse aux ondes profondes, avec cette batterie qui a fait couler beaucoup d'encre et qui prend son pied (et ses mains) à jouer au chat et à la souris avec les claviers. Deux zicos qui se font plaise en studio, mais sans oublier les oreilles voyeuses. Car le côté inquisiteur de leur son, en comparaison aux antiquités sus-citées, ne doit pas faire oublier que Zombi sont eux aussi pourvoyeurs d'ambiances fabuleuses, avides de grosses séquences futuristes (et aussi de féérie, comme me le murmure la petite "Andromeda" de Steve Moore) comme de simples motifs tapageurs qui agrippent direct la cochlée, et creusent leurs sillons dans le cerveau. Qui vous plongent sans tarder - tout en traînant langoureusement comme la vangélisienne "Serpens" - dans des scènes de film envoûtantes à souhait, plutôt du côté anticipation forcément, ou polar fantastique du moins. La pochette nous laisse le soin d'inventer quelle planète sera le théâtre des opérations. Voire quelle galaxie, comme le suggère la tracklist et ses morceaux-constellations. Elle suggère qu'on écoute ce premier Zombi comme on observerait la voûte céleste au télescope, focalisant sur telle ou telle parcelle d'étoiles, admirant les étranges lueurs d'astres déjà morts et les clignotements épars, qui nous questionnent et nous laissent à toutes sortes de scénarii. Cosmos foisonne de trames pour des space operas cloués au niveau du sol, mais dédiés à l'invisible et au lointain. Prisonnier docile du rythme et du Korg ronflant, halluciné comme un tapin dans les phares, l'auditeur prend son pied. Rêveur tel cet enfant de jadis, fasciné par la sonorité de ces grosses bêtes du futur, ou des images aussi colorées que magnétiques, comme le concert hallucino-kitsch de Jean-Michel Jarre à la Défense que sa maman avait enregistré sur VHS (j'sais pas vous mais cet escogriffe mégaloïde m'a pas mal marqué petiot, comme une vision alien, et ça je ne pourrais jamais le dénigrer)... Cosmos, ou l'album qui suit le vaste programme de son titre. Un voyage confortablement tumultueux dans les zones ambivalentes et sombres de l'univers... jusqu'à l'énorme "Taurus", qui vous plonge dans une soupe quantique en ébullition, et enfle progressivement pour envahir l'espace-temps tout en vous dévorant les neurones. Superbe. Ou comme on dit de façon vulgaire : "tripant".

note       Publiée le samedi 14 mars 2020

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notes

Note moyenne        2 votes

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born to gulo › samedi 14 mars 2020 - 13:40  message privé !

Leur meilleur à ma connaissance.

Note donnée au disque :