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Sparks › N°1 In Heaven

cd • 6 titres • 33:43 min

  • 1Tryouts For The Human Race
  • 2Academy Award Performance
  • 3La Dolce Vita
  • 4Beat The Clock
  • 5My Other Voice
  • 6The No. 1 Song In Heaven

informations

1978

line up

Ron Mael (claviers, synthétiseur, chant), Russell Mael (chant)

Musiciens additionnels : Giorgio Moroder (synthétiseur, vocoder, production), Chris Bennett, Dennis Young, Jack Moran (chœurs) Keith Forsey (batterie)

chronique

  • disco-pop perchée

À la fin des années 70, contrairement aux prédictions de la majorité scientifique, l'épidémie disco avait viré à la pandémie. Sa fulgurante propagation ne put être stoppée : cette merde contamina au moins 50% de la population mondiale. Il était logique qu'une bestiole androgyno-perverse comme Sparks y succombe elle aussi, en s'adjoignant les services du DJ-producteur le plus en vogue, tout juste sorti de taule turque et de Donna. Le son de la pop du futur par un rital pur poil. Moroder qui fait le mac pour Sparks, qui font le tapin pour Moroder... Est-ce que N°1 In Heaven a vieilli ? Ouaip, mon p'tit droïde en sucre, et pas qu'un peu. Mais il reste une loufoquerie des seventies agonisantes, à la fois irritante et magnétique. Ce disque, c'est de l'expé-putasse : du Sparks sur un dancefloor tout en néons et en nuages, avec des envies de rencontre du troisième sexe. Du Giorgio Moroder axé FX spatio-vaporeux, strass-SF, bien raide du tube fluorescent. Vu de l'extérieur (comme dirait l'auteur de "Sea Sex & Sun") guère plus que du pur disco upbeat, mais une des prods les plus bidouilleuses de Moroder, avec sa manipulation vicelarde des basses et des aigus, ses effets trafiqués dans les baffles type "aspiration de voix", "zigzag aimanté" ou "bombardement de photons". "Tryouts for the Human Race"/"Beat The Clock" : full rush rythmique dans la stéréo de ta salle de bain, homme-allumette ! Trémousse-toi, c'est d'l'electro... Et gaffe à pas riper comme Cloclo. P't'être que c'est "The Number one song in Heaven" qu'il a entendue en passant de l'autre côté, d'ailleurs, va savoir... Sparks branché sur secteur "paradis artificiel", décor 100% plastique qui tranche net dans la disco(graphie), façon sabre jedi. De l'italo-disco basique plus que du Sparks ? Oui, et non. À défaut d'être l'album le plus fascinant des frères Mael, ce disque a un effet addictif latent (par exemple avec "My Other Voice", et sa balnéothérapie techno-vocodée). Y a un truc débilo-adhésif et un tantinet nauséeux dans cette rythmique bondissante, hautement pulsatile, limite pointilliste. Le son semble découpé en fines lamelles transparentes pour microscope, Moroder cultivant les beats en organismes disco-pathogènes, qui phagocytent le "clavieux" de Ron Mael. Le confinement avec No 1. In Heaven en rotation lourde provoque des effets étranges sur l'organisme. Incubation sournoise. Chatouillis dans les tympans. Compter environ trois tours de platine avant que les premiers symptômes sérieux n'apparaissent. Toussotements de bulles de savon, hyperventilation, petits cris aigus impulsifs. Au second stade : croissance galopante d'une moustache porno-velcro, et crachat spasmodique de lasers turquoises par les yeux (obligeant à porter des lunettes de soleil XXL pour limiter les risques de contamination). Stade trois : besoin irrépressible de faire de l'aérobic avec une reproduction en poupée gonflable d'Amanda Lear (accessoire inclus), et transformation irréversible du derme en élasthanne. Il est ensuite possible d'avoir une sensation d'apesanteur - comme happé par un vaisseau spatial - et d'éveil total, à l'image des infirmières stupéfaites de la pochette (encore un artwork recto/verso rudement cool, ici façon Roxy Music). Ravissement via lumière blanche aveuglante... C'est peut-être ça, au final, le paradis version disco : une séance d'UV en gravité zéro, avec des mannequins aux cheveux argentés, dans un institut tenu par un duo de dadais tordus et un marlou à grosses machines clignotantes. Avec en climax "La Dolce Vita", un des tubes les plus contagieux de ces deux obsédés, idéal pour ceux qui trouvent leur période "glam" trop maniérée et biscornue. L'hybride Sparks-Moroder teste notre résistance au disco radio(hyper)actif. Couleur uranium, parfum poppers.

note       Publiée le mercredi 4 mars 2020

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Alfred le Pingouin Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

Ce qui me rend dingue aussi, c'est que Joy Division puis New Order ont puisé ici. Mon cerveau n'arrive pas à faire le lien entre "l'album des deux frangins à l'humour glacial et sophistiqué qui titillent le disco avec Moroder" et Love will tear us apart.

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Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
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Rien à faire, les Sparks m'emportent là où aucun groupe ne sait m'emmener... Pas à dire, le disco d'époque, ça te percutait niveau dancefloor, avec un vrai feeling dans les sons... On peut reprocher à Moroder quelques tics mais entre l'esprit foldingue des frérots Mael et sa production, la rencontre est explosive... Des nanars de second zone tels que Carpenter Brut lui doivent beaucoup... J'hésite encore entre 4,5 et 5... Le duo d'entrée me tirerait du côté du 5 en tout cas.

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Raven Envoyez un message privé àRaven
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Le papier bulle éclaté sur des mètres ? Vous avez double-chroniqué l'album avec brio, cher Alfred Cobblepot.

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Alfred le Pingouin Envoyez un message privé àAlfred le Pingouin

Que c'est doux et bien packagé. Presque envie d'éclater des mètres de papier bulle juste pour le plaisir.

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Aladdin_Sane Envoyez un message privé àAladdin_Sane

J'ai eu du mal avec cet album au début, lui préférant la période "glam" qui précède mais, finalement, la contagion disco-putassière à eu raison de mes anticorps.