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Larme Blanche › Demain est mort

cd • 9 titres

  • 1Paris la nuit
  • 288Mph
  • 3Nibiru
  • 4Taiga
  • 5L'obscurité de tes doigts
  • 6Seppuku
  • 7Overdose d'Epicure
  • 8Assez !
  • 9le dernier soupir

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remarques

https://hivmusic1.bandcamp.com/album/uprgold-07-demain-est-mort-military-pop-cd

chronique

Paris la nuit, mais oui, bien sûr…Encore un de ces freluquets bobos qui se la joue ‘spectateur nocturne’ de Rétif de la Bretonne essayant de nous faire croire du haut de son dégoût qu’il peut nous asséner les pseudo-philosophies qu’il élabore pour tromper son ennui de blasé mondain…Et si tu t’accroches à ça, mec, c’est que d’emblée tu as choisi la mauvaise pilule…C’est comme ça, justement, il te l’expliquera mieux que moi, l’inconnu aux manettes de Larme Blanche, la vie, c’est faire des choix, ‘on a les héros qu’on mérite’. Oui, il chante parfois des trucs que d’autres ont chantés avant et après ? Le monde a-t-il évolué au point qu’on puisse passer à autre chose ? Tu as compris le malaise ? C’est cette apparente non-originalité musicale qui t’a piégé dès le départ. La cold wave-synthétique de hipster, c’est devenu si cliché que tu t’y es engagé sans réfléchir…Mais tu as bien senti que ça clochait, hein ? ‘Paris la nuit, tu sens la mort, le crack et l’ennui’, ça c’est la façade pour touristes, derrière il y a les sons, les samples…Le clin d’oeil à Daniel et Taxi Girl, les extraits de ‘La 25ème heure’…Facile ? Ok, alors laisse-toi juste porter par la suite, techno minimale froide hédoniste et hypnotique pour ‘88Mph', avec, derrière l’auto-humour noir railleur, une profession de foi qui s’affirme (‘je suis un romantique dépressif, j’aime Joy Division et le spleen des Smiths, j’suis un androgyne compulsif, David Bowie jusqu’au bout de ma vie, j’suis un guerrier subversif, les bottes cirées comme Douglas, Tony et Boyd'…Tu tiltes ? Elle est là la différence). On s’y laisse prendre dans ces boucles électroniques, cette voix qui récite plus qu’elle ne chante, faussement lasse (oui, c’est bien une colère sourde qu’elle dissimule, mais on n’en est pas là encore), les percussions de ‘Nibiru’, elles, sonnent nettement plus martiales. Un aspect froid clairement marqué que l’aspect pop de ‘Taiga’ voile encore mais qui ne donne pas envie de rire. Tout ça est-il si second degré ? Tu hésites, hein ? Normal. L’érotisme noir et dense de ‘L’obscurité de tes doigts’ marque le tournant, la noirceur qui rampait derrière les sonorités s’expose de plus en plus ouvertement, de subtile façon (coucou, les amis de Throbbing Gristle version Paris des beaux jours). L’enchaînement sur ‘Seppuku’ n’est pas fortuit. Le spectateur est devenu guerrier, un berserker immobile mais dont le verbe, les rythmes glacés, vont frapper dur. Un faux regard vers le ciel plus vraiment bleu, comme une dernière clope pour un ‘Overdose d’Epicure’ qui s’offre en unique espace serein de l’album avec son saxo mélancolique, ses nappes nocturnes, son rictus dirigé vers le Père-Lachaise du côté de la tombe de Bashung. Tu as peur, hein ? Tu réalises soudain que la cold synthétique de bobo, tu l’as quittée depuis longtemps, imperceptiblement, sans t’en rendre compte et que ta zone de confort s’éloigne. Le mégot s’éjecte d’une pichenette, on retourne dans l’arène…’Assez’ et le ‘Dernier soupir’ vont à coup d’indus subtile enfoncer les clous de la chambre capitonnée. ‘Quand la racaille rejoint le Front national’, la France républicaine s’effondre, tandis que ‘Jean-Luc et Marine se pignolent’…Sans solution, ‘la peste bolchévique et le choléra nationaliste’ sont renvoyés dos à dos. On dénonce, les solutions, il faudra les chercher tout seul. Sur une piste ambiant indus funèbre, la parole est laissée à André Malraud pour les funérailles de Jean Moulin. Glaçant. ‘Fallait-il gagner la guerre pour en arriver là ? On a les héros qu’on mérite.’, le final minimal ironique, incarnant ce qu’il dénonce, laissant l’auditeur avec un sale goût dans la bouche…Je t’avais dit de te méfier, mec, tout n’est pas si aisément jetable et classable à notre époque.

note       Publiée le vendredi 21 février 2020

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Richard Envoyez un message privé àRichard

Faut dire que pour les sorties de son label, il a les goûts plutôt sûrs l'intransigeant Robles. Cette galette ne déroge pas à la règle.

allobroge Envoyez un message privé àallobroge

Superbe chro du twili pour cet album remarquable !

Note donnée au disque :       
Cinabre Envoyez un message privé àCinabre
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J’ai jeté une petite oreille vite fait pour me faire une idée... bah ça a l’air vraiment cool effectivement. Merci pour la découverte!