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Sevdaliza › The Calling

téléchargement | 7 titres | 30:10 min

  • 1 Soul Syncable [3:25]
  • 2 5D [3:19]
  • 3 Soothsayer [5:16]
  • 4 Energ1 [4:06]
  • 5 Human Nature [5:53]
  • 6 VOODOOV [4:06]
  • 7 Observer [4:05]

extraits vidéo

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line up

Sevdaliza (production, chant), Mucky (production), Mihai Puscoiu (arrangement de cordes)

chronique

Styles
trip hop
soul
Styles personnels
trip-hop / r'n'b alternatif alien

Entrer dans l’univers de Sevdaliza n’est pas une mince affaire. Formule un rien cliché utilisée à dessein tellement la jeune néerlandaise née à Téhéran ne se contente pas, pour ainsi dire, de musique. C’est que Sevdaliza est d’abord un corps singulier. Ancienne professionnelle de l’équipe nationale de basket des Pays-Bas, elle est une présence intimidante qui se met en scène dans des clips pour le moins troublants, dans le sens profond du terme. La voir une fois, c'est ne pas l'oublier. Rien de commun chez elle. Chanteuse autodidacte, gérant en indépendante sa carrière d’artiste sur son propre label, autant dire une autarcie artistique qui fait que parfois, il n’est pas évident de digérer ses productions. Comme par exemple son premier album, le très chargé ISON dans lequel se trouvent néanmoins déjà plusieurs pépites d’une sorte de trip-hop contemporain revu à l’aune du r’n’b expérimental qui a émergé durant la décennie. Mais voilà que sous le format plus concentré de The Calling, Sevdaliza distille le meilleur de son art. Pas de doute dès les premiers beats de « Soul Syncable », il y a bien l’évocation d’un certain son bristolien, le plus soul, justement, de l’époque, mais aussi le plus sombre et dramatique, avec la prégnance de ces cordes qui parfois s’orientalisent comme par une sorte d’appétence accidentelle (malgré ses origines, Sevdaliza ne fait jamais référence à la musique iranienne, qu’elle dit ne pas connaître). Mais pas de confusion possible cependant, le son de Sevdaliza ne ressemble pas un instant à un revival trip-hop tellement il est profondément ancré dans sa propre époque et sa singularité. Avec au centre de toute production cette voix d’une extrême sensibilité qui volontiers fleurte avec la brisure, rendue plus étrange encore par les effets de filtre qui plongent aussi les autres (car elle est utilisée comme telle) instruments dans des zones incertaines, floues, à la limite du malaise. A l’image de la pochette, les chansons de Sevdaliza résonnent toujours dans un espace d’inconfort, une seule écoute de l’extraordinaire « Soothsayer » et son apesanteur frémissante suffit pour se retrouver loin, très loin, emporté malgré soi par cette créature androgyne, à la force d’évocation vocale seulement rendue encore plus fascinante si on se retrouve face à elle sur scène, où un étrange ballet des corps a toujours lieu. Avec elle aussi, l’autotune prend toute sa fonction de simple outil de création, « Human Nature » où sur un beat sec des plus minimalistes traversés de flashs de cordes graves, la voix de Sevdaliza franchit les limites de tessitures non-humaines, ouvrant la porte à tout un univers vocal impossible, entre sublime et intranquillité comme il se doit en présence d’une telle créature. Sentiment d’ambivalence renforcé par le traitement sonore du piano, qui semble lui aussi se dérégler à l’occasion, comme passer hors-zone, traversé par quelque chose de trop puissant sous lequel le son se tord. Il y a toujours un peu dans la musique de Sevdaliza ce mysticisme ambigu, même quand elle conclue l’EP sur son morceau le plus direct, le fabuleusement efficace « Observer », plus r’n’b alternatif dans l’approche, avec son beat propulsif et son refrain parfaitement balancé, où elle se dit « défoncée à la lumière », flottante telle une conscience en lévitation, observant les jours qui passent sans prendre part au monde. Si culte de Sevdaliza il devrait être, voilà qui pourrait en constituer son plus beau mantra. Ou plus simplement, un parfait tube contemporain à se faire tourner en rotation lourde dans la tête, jusqu’à se soumettre une bonne fois à son charme le plus ambigu.

note       Publiée le mercredi 19 février 2020

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