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Astaffort Mods › AK 47

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Membre Note Date
(N°6)      lundi 3 février 2020 - 23:39
kranakov      dimanche 2 février 2020 - 14:21

cd | 12 titres | 59:35 min

  • 1 Piqueboufigue [4:18]
  • 2 Le Shift [6:38]
  • 3 Ville des lumières [4:26]
  • 4 Champignon [4:23]
  • 5 Expectative [4:08]
  • 6 Jeunes du Dimanche [5:51]
  • 7 C'est quoi ces conneries [4:20]
  • 8 Denis [4:14]
  • 9 Le 47 [6:01]
  • 10 Complètement débile [4:09]
  • 11 CR47 [5:11]
  • 12 Sac à puces [5:56]

extraits vidéo

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enregistrement

Enregistré, mixé et masterisé par Astaffort Mods à Astaffort.

line up

Astaffort Mods

remarques

Photo : Pierre Wetzel https://astaffortmods.bandcamp.com/album/ak-47

chronique

Styles
post punk
Styles personnels
minimal gersois post hip punk

Glottophobie mise à part, c’est vrai que l’accent de l’Occitanie c’est chaud. Pour les parisiens, c’est la sauvagerie, ça évoque des contrées inexplorées (déjà faut passer le périph, eh). Et même élevé à Bordeaux où personne n’a jamais été foutu de prononcer mon prénom comme il s’écrit, dans les régions dont on parle ici on passe pour un doryphore (tmtc si tu as passé ton enfance etc…). Anecdote personnelle et véridique, quand je pète un cable, notamment dans ces moments de perte totale de la moindre trace de sens de la vie, perdu entre deux rayons du Proxy (ok, du Franprix, moi qui suis devenu au fil des ans un putain de parigot), je me mets à parler comme Francis Cabrel. Mais si, vous savez. Les accents toniques en milieu de phrase, les e caducs qu’on prononce alors qu’en « bon » français ça se fait pas et puis cette envie de coller les mots « poussière » et « porcelaine » dans chaque putain de phrase. Bon et ben Francis Cabrel il habite à Astaffort, un petit bled du Lot-et-Garonne sur la route des Pyrénées (après Agen, avant Lectoure). Ouais ben y a pas que vos putain d’arrondissements dans la vie, faut sortir. Quoiqu’apparemment y pas grand chose à y foutre, à Astaffort. Comme partout en campagne en fait, et c’est pas Kamini qui disait le contraire. Et même si ça a aussi commencé comme une putain de blague (rapport aux Sleaford Mods, faut vraiment que j’explique la vanne ?), nos trois branques au sprecht-gesang gersois en disent finalement plus sur les errances de la vie rurale qu’un traité de sociologie pondu à Toulouse-Jean Jaurès. Sais pas si le peuple manque, mais il aurait surtout besoin qu’on ne parle pas à sa place. Quoique l’authenticité astafforienne du trio n’est pas non plus garantie « Produit de nos Régions », avec un peu de bol y a des toulousains dans le lot, voir du DJ de JuppéCity qui délaierait sa fondue à la gnôle… En parlant de biture, voilà bien un thème récurrent. C’est dire que quand on se fait chier et qu’on a pas un radis (et surtout pas à planter pour faire des putain de paniers paysans distribués en Amap), s’en coller une constitue toujours une bonne alternative à un peu tout en fait. Surtout quand tout, c’est tellement peu. Astaffort Mods c’est donc du rugueux. Pour accompagner les punchlines tirant à vue sur tout ce qui passe dans le champ (de pruneaux, ah) y a de la boite à rythme plus minimaliste que le pacemaker défaillant d’un Martin Rev en phase terminale, accompagnée de ce qu’il faut de lignes de synthés sordidement simplistes (ah, le refrain de « Jeunes du Dimanche »), ou sinon trois accords basse-guitare post-punkeux de base. Avec ça et ce qu’il faut de grande gueule avé l’accent, on touche au classique parfois comme avec ce « Shift » parfaitement tubesque et hilarant, road-movie en vélo sur la D813, chronique de l’überisation du travail exporté en départementales, ou bien cette décharge de bile balancée à la face de Toulouse, cette ville de merde (elle ou une autre, Lyon c’est pas mieux). Le crew du 4-7 c’est la voix de l’autochtone. Et l’autochtone est hostile. AK47 pour un doryphore, ou pire, un parigot, c’est un peu Délivrance. Fais gaffe si tu pars aux champignons, toi le conneau qui traite les agriculteurs de maraîchers, toi qui trouve tellement chic de bouffer des légumes sans goût parce que c’est tellement meilleur pour ton putain de bilan carbone, toi qui comprends pas que sans bagnole quand tu vis dans un bled pareil, tu peux rien foutre du tout !!! Plus la touche est acerbe, plus c’est drôle. Mais ça ne rechigne pas non plus à l’absurde comme ce lobotomisant « Complètement débile », inventaire à la Prévert synthpop de nos futiles actions quotidiennes, voire largement plus con, ce récit d’un réveil post-biture qui tourne à une version horrifique de Trente Millions d’Amis. Toujours avec gavé de punchlines toute plus brutales (et souvent bien senties, on reparle de celle sur « les tatouages sur le râble, un peu comme les brebis de chez nous » ?) les unes que les autres. Tiens, une dernière pour la route : « Astaffort, sort du Lot et chie dans ta Garonne. On vous laisse mort nés, comme Jesse Garon ». Et le premier qui me parle de pain au chocolat, je lui colle ma main sur la gueule. Une chocolatine putain !

note       Publiée le dimanche 2 février 2020

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Potters field › jeudi 6 février 2020 - 12:11  message privé !

Ca se tente. Ca me changera de Moussu T.

(N°6) › lundi 3 février 2020 - 23:38  message privé !
avatar

Tu l'as dit. Je crois que c'est l'album que j'ai le plus écouté durant les 15 derniers mois. Moderne !

Note donnée au disque :       
A.Z.O.T › lundi 3 février 2020 - 23:10  message privé !

Réussir à pondre des hymnes comme le shift ou les champignons en partant d'uned'un truc blaguesque, faut le faire hé drôle !

kranakov › dimanche 2 février 2020 - 14:20  message privé !

Assurément un de mes coups de coeur de 2019 en live - dommage que l'album n'ait pas été enregistré six mois plus tard : avec le temps, ils sont encore meilleurs.

Note donnée au disque :