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Hed P.E. › Broke

  • 2000 • Jive 01241-41710-2 • 1 CD

cd • 12 titres • 50:23 min

  • 1Killing Time
  • 2Waiting To Die
  • 3Feel Good
  • 4Bartender
  • 5Crazy Legs
  • 6Pac Bell
  • 7I Got You
  • 8Boom (How You Like That)
  • 9Swan Dive
  • 10Stevie
  • 11Jesus (Of Nazareth)
  • 12The Meadow

line up

Jahred a.k.a M.C.U.D. a.k.a Paulo Sergio (MC, chant), Wesstyle (guitares) Chad a.k.a Chizad (guitares), Mawk (basse), DJ Product © 1969 (scracthes), B.C. aka B.C. The Mizak Diza (batterie, percussions)

Musiciens additionnels : Serj Tankian, Morgan Lander (sur "Feel Good")

remarques

chronique

J... J'ai... J'ai aimé un morceau avec Serj Tankian. Là. Pfiou. Ouais, ça va mieux, on se sent tout de suite plus léger ! An 2000, pétard mouillé du bug... J'avais plus lourd de cheveux que de corps, un Watcha, deux Tamagotchi, un sac à dos customisé au marqueur, et des samplers plein les tiroirs. De Hard Rock Mag, de Hard'n'Heavy, d'Elegy... et de Rock Sound, ceux-là étaient d'ailleurs les plus frais et bienveillants, à défaut des meilleurs, ceux que je me réservais le matin souvent, qui restent liés au gel, au bus, à ses vitres constellées d'empreintes digitales. Y a un de ces samplers que j'ai plus fait tourner que les autres, avec ce tube dans mon monde, "Feel Good" de Hed Planet Earth, d'une bêtise absolue avec son micro-beat pubescent et son riff accro-bourrin ("un bon riff est un riff abrutissant, c'est comme ça depuis les Kinks", me murmure mon mini-Manœuvre), avec le chavrou relou de SOAD en invité (on dit "feat.", connard !) donc, et clito bonus la leadeuse de Kittie (kittikittikitti !!!) Y avait aussi "Waiting to Die" sur un autre sampler, m'souviens plus lequel, basiquement bonnarde avec son groove à capuche Filadidas... 'fin, tout ça pour dire que ces deux merdes cérébro-adhésives étaient issues de ce Broke, évidemment présenté dans le mag des métalleux comme une daube après un premier disque prometteur, livrée par ces gonzes avec leur blase stylisé de façon merdique, mais lucide, puisqu'il restera entre parenthèses même dans l'histoire du nu-metal. Le reste de l'album ? Je l'ai découvert bien plus tard, mais ça se tient pas si mal à défaut d'être marquant ! OK il faut en encaisser la stupidité US fondamentale et sans fond (y a même un bêtisier de studio à la fin - no comment), c'est à la fois du hip-hop ultra-blaireau et de l'alternatif hyper-régressif, oui frère, yes sœur, mais y a de la pugnacité, du bagou, on entend bien nettement la batterie même si c'est plus du Téfal que du Bonham, m'bref ça se défend sous son frontispice universitaire-clodo - rappelant le coût exorbitant des études aux USA ? - plus froissé que l'humeur du leader rastafreak Jahred "MC Underdog" (tout un programme...) Broke est apte à détruire plus de neurones que le pastis, mais, même si on me reprochera une indulgence liée à la nostalgie, peu me chocolat chaut, y a du Golden Graham's en rafale dans les baffles, du beat, du break, du break de beat, de l'esprit californien (et non kornifornien, sauf pour les samples bizarroïdes ici et là) et du teen spirit, y a des chelouteries réussies dans ce bidule, et il y en a même une avec de l'autotune, outil pas encore dominant mondialement mais déjà clivant (sur la trip-hop-tribalo-grimaçante "Pac Bell", nauséeuse comme une overdose de sapin magique à la menthe dans un lowrider aux portes scellées conduite par un MC difforme s'exprimant uniquement par borborygmes). Tiens, j'me souviens soudain de la tronche assez fascinante du frontman, un genre de look rasta-rebeu-alien avec un bandana et des lentilles bleues, limite sorti d'un casting de Luc Besson, style résidu du 5ème Élément reconverti dans le rap-metal, n'importe quoi ! J'attaque le physique, mais le look de tous ces mecs était central dans leur monde, et ici il était sans nul doute - comme leur blase d'ailleurs - fidèle au mash-up "foirefficace" de leur musique, cette énième variation sans cervelle de Faith No More ou Senser, cette fusion jumpy-catchy en bout de course avant le plongeon dans le grand brouillon des années 2000. Flow aussi avant-gardiste que Tomer Sisley, guitares qui font du mal aux fans de Death et Iron Maiden, refrains supra-gogoloïdes à faire passer Limp Bizkit pour des songwriters, "fuck" et "motherfucker" de récré en rafales, et même des "whoop whoop" pour ceux qui auraient encore un p'tit creux (des amateurs de Suicidal et Infectious ?), confusion mentale totale et obstinée ("Jesus of Nazareth") et brutalité toxique, entrecoupée de moments calmes (signature du neo/nu ?) à la fois cool et stressants. Y a aussi un recyclage bien dégueu de Biggie, vous trouverez sans mal où. Si vous arrivez à dépasser la vilaine introduction "Killing Time", RATM-Deftones version discount, vous pourrez savourer un authentique manifeste d'art naïf, brouillant la frontière entre mosh pit et magasin de sport, et atteindrez peut-être ce final encore plus tarte qu'une ballade d'Incubus ou Califourchoncation, soyeux comme une peau de pêche à Sunset Beach.

note       Publiée le vendredi 31 janvier 2020

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E. Jumbo › mercredi 5 février 2020 - 18:54  message privé !

Merde cette chro fait sacrément envie

Damodafoca › lundi 3 février 2020 - 19:34  message privé !

Ahahahahaha !! Le premier était quand même cool !!

Rastignac › samedi 1 février 2020 - 11:42  message privé !
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Je dirais plutôt qu'il fait la manche, tout frais sorti de l'université.

born to gulo › samedi 1 février 2020 - 09:33  message privé !

C'est moi ou il est en train de s'astiquer la mortadelle, sur la jaquette ?