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Gitane Demone Quartet › Past the sun

cd • 8 titres

  • 1Man made God
  • 2Past the sun
  • 3Circle ov air
  • 4Standard upright
  • 5Lorca
  • 6Eva Braun
  • 7Honest cum
  • 8Ghost rider

enregistrement

Kitten Robot Studios, Los Angeles, Californie, USA

line up

Rikk Agnew (guitare, basse, chœurs), Gitane Demone (chant, chœurs), Paul Roessler (claviers, chœurs), Deb Venom (claviers, choeurs)

remarques

https://gitanedemonequartet.bandcamp.com/

chronique

Le feu, le soleil…Enfin, à presque 60 ans, Gitane Demone a SON groupe et son premier essai résonne tel un boulevard dans une galaxie configurée comme Hollywood où les étoiles seraient des enseignes néon ou des feux de signalisation…Du noir, de l’espace, de la liberté…Une virée infernale en Thunderbird interstellaire…En d’autres mots, ce disque est incroyable qui vous cueille par les 10 minutes hallucinantes de ‘Man made God’ ou comment Suicide joué par Hawkwind version deathrock résonne de l’amour du free jazz de Madame. Stupéfiant, ample, sombre, hypnotique dans ses accords en boucles sur lesquels se greffent en arrière-fond un piano fou, des riffs cinglants à la guitare avec ce chant de reine au centre de son royaume. Alors que certains artistes se calment, s’apaisent, se répètent, Gitane, elle, au contraire laisse éclater tout ce qu’elle aime: deathrock, free jazz, indus tribal, cabaret, electro, pour un disque qui commet le crime d’être exigeant, d’éviter la facilité, sans sonner pour autant hermétique. ‘Past the sun’, c’est d’abord des ambiances de ouf, de l’audace, de l’expérimentation dans un cadre; ensuite, c’est cette voix si charismatique, plus appuyée peut-être, un brin colérique même. Des effets de répétitions, un aspect transe électrique évident, comme les liturgies d’une même cérémonie païenne cosmique (le fabuleux ‘Circle ov air’)…Trop évident ? Que dire alors de ‘Upright standard’ dans lequel Lady Demone s’autorise des cuivres sur un rythme tribal sur lit de bruits, effets de voix ? C’est du côté de Lydia Lunch et Foetus qu’on s’aventure. Quatre chansons signées de sa main, une co-écriture, trois reprises qui en disent long: The Screamers, Suicide, Tim Buckley’. ‘Lorca’ de ce dernier en devient quasi terrifiante dans ses loops inquiétantes, jamais dissonantes mais flirtant volontiers avec l’idée, une marche spectrale immuable, en tête de laquelle on imagine aisément Gitane en déesse de la guerre, resplendissante et illuminée dans son char tiré par des pur-sangs piaffants couverts d’écume (oui, je m’emporte mais…). Pour les Screamers, le groupe s’en éloigne moins, conservant l’approche punk synthétique martelante, en accentuant le jeu de percussions pour un rendu nettement plus tribal. Suicide, idem, on conserve l’esprit, on ajoute une touche indus électrique grinçante et des vocaux qui n’ont rien à envier à Diamanda Galas; la reprise la plus effrayante que j’aie entendu de cette pièce. L’unique temps relativement paisible demeure ‘Honest cum’, co-écrite avec Rick Agnew, qui aurait pu figurer sur ‘The Scriptures’, pour vous situer l’atmosphère. ‘Passé le soleil’, un disque déstabilisant, grandiose, dans lequel Gitane Demone se lâche comme jamais et c’est tant mieux car il ne fait pas d’elle une grande mais bel et bien une géante !

note       Publiée le mercredi 22 janvier 2020

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cyberghost › jeudi 23 janvier 2020 - 15:51  message privé !

Autant j'ai pas trop été emballé par le dernier, autant le peu que j'ai écouté de celui-ci donne quand même pas mal envie ^^