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Laibach › Also Sprach Zarathustra

cd | 12 titres | 53:12 min

  • 1 Vor Sonnen-Untergang
  • 2 Ein Untergang
  • 3 Die Unschuld I
  • 4 Ein Verkündiger
  • 5 Von Gipfel zu Gipfel
  • 6 Das Glück
  • 7 Das Nachtlied I
  • 8 Das Nachtlied II
  • 9 Die Unschuld II
  • 10 Als Geist
  • 11 Vor Sonnen-Aufgang
  • 12 Von den drei Verwandlungen

line up

Laibach

Musiciens additionnels : Orchestre Symphonique RTV de Slovénie, Jelena Ždrale (violon sur "Als Geist" et "Vor Sonnen-Aufgang"), Mina Špiler (chant sur "Vor Sonnen-Aufgang")

chronique

Je n'ai pas beaucoup creusé le concept derrière ce Laibach cru MMXVII ; tout juste ai-je compris, au titre puis aux notes du livret, qu'il s'agit de la musique d'une pièce de théâtre adaptant quelque obscur penseur d'outre-Rhin. Quel que soit le matériau de base et bien que Laibach aient déjà prouvé le contraire (Krst Pod Triglavom) une musique de pièce de théâtre moderne reste une musique de pièce de théâtre moderne, c'est à dire une musique qu'on est en bon droit d'imaginer emmerdante... Mais, non : Also Sprach Zarathustra, même si son austérité extrême en laissera plus d'un sur le carreau, est de ces albums qui restent. Il a l'air vide, mais il est plein. Il m'a fait reprendre le train de leur discographie, après les avoir lâchés pendant une dizaine d'années. Et j'ai envie de dire : retour gagnant. Le meilleur depuis Macbeth, en toute subjectivité bien sûr. "Dunkle... Dunkle ist die Nacht..." Noir et glacial, jusqu'à ce que l'angélique Mina ne souffle de sa douce voix les rayons de l'aube, vers la fin... Mais même la lumière a un poids. Même le silence... Entrelacs de sons aux origines confuses dans une brume de plomb, grondements de golem, rythmique comme un pouls immémorial... Subtiles incrustations électroniques, sirènes hostiles, aiguisements de lames... Et autres zones d'incertitude au sein d'un cloître colossal. Des bribes d'orchestre restreint au minimal. Et un titre sur deux, cette voix-trou noir de Milan Fras, qui vous cadenasse dans l'ambiance. Le vieux Laibach espace bien ses phrasés, plus solennels et imposants que jamais, comme des aphorismes abrupts, quasiment du Friedrich en haiku. L'Übermensch selon Laibach ? Gilles Gros-Paquet, version teuton des Carpathes. Image triviale mais sans ambiguïté - même si la musique de Laibach en est toujours gorgée jusqu'à la moelle - pour décrire le genre de présence dont il est question : celle du bon vieux Laibach que j'aime, ogresque et à son plus mystérieux. Sans remodelage crypto-parodique de tube mondial, juste en habit expérimental dark-zen. Captivant, alors qu'il frôle souvent le grotesque et le lénifiant. Also Sprach Zarathustra est, froidement, l'incarnation de sa pochette : impavide comme un demi-dieu sans visage, qui a posé son derche antique dans ton salon et qui te toise, sûr de sa puissance. À écouter en pilonnant l'intégrale de Manu Chao.

note       Publiée le vendredi 17 janvier 2020

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zugal21 › vendredi 14 février 2020 - 10:19  message privé !

Austère, donc, solennel et monotone, c'est un bon disque. Mais à mon sens il n'enfonce pas les joyaux que sont Macbeth et Krst Pod Triglavom .

Note donnée au disque :       
Raven › vendredi 7 février 2020 - 12:57  message privé !
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C'est tout à fait ça, "belle vaisselle", "Grand standing", banquets chargés de bouquets de fleurs. C'est un Laibach qui pourrait passer crème chez les grands-parents, arrière(-arrière)-grands-parents, oui. Conçu pour plaire au peuple de la république démocratique, de 1 à 111 ans.

Note donnée au disque :       
jacques d. › vendredi 7 février 2020 - 11:37  message privé !

Service Après-Vente : reçu et écouté ce "Sound of Music" alias "La Mélodie du Bonheur" en v.f. En effet, ça n'est pas rien. A la première écoute, me sont revenues en mémoire des bribes de ces opérettes que mes grands parents et parents écoutaient les après-midi. On n'est jamais déçu avec le kitsch, pas avare de son talent,il offre toujours bien plus que ce que l'on pourrait bien imaginer qu'il va nous servir. Chez Laibach c'est grand standing, on sait recevoir. Entrées, viande, poisson, garnitures diverses,trou normand, fromages, desserts, café et liqueurs. Le tout servi dans de la belle vaisselle. C'est, en outre, très bien cuisiné, cuisine de chef rouge étoilé dans une mise en scène (en bouche ?) "façon Théâtre du Châtelet" mais laissée aux mains d'épigones des Beach Boys période "pet sounds", des Pet Shop Boys toutes périodes confondues et du Neubauten période "perpetuum mobile" (ce qui est déjà pas mal) et qui aurait pour projet de passer ses vacances d'été chez Kim Jong-un. Dommage qu'ils soient sous terre, j'aurais bien proposé l'écoute de "the Sound of Music" à mes grands parents. Je me demande qui, dans la scène française, aurait l'audace de faire subir à, mettons, "Violettes Impériales" un traitement identique à celui ici effectué par Laibach sur cette douceur ?

jacques d. › mardi 28 janvier 2020 - 16:33  message privé !

Raven ? Bon, "also sprach Zarathustra" étant (après réception) à la hauteur de vos propos, je ne puis que vous suivre aussi sur le suivant ("the sound of music" ?) qui m'a l'air, en effet le verso de la médaille nitzschéenne d'icelui... mais "à coeur vaillant, rien d'impossible !"... bon, en espérant que je ne sois pas condamné au rachat de l'intégrale des gaillards, le truc carrément propice à cintrer les étagères.

Raven › mercredi 22 janvier 2020 - 13:54  message privé !
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De rien. Ne pas zapper le suivant et dernier, très différent, qui a de la matière sous son costume "troll nord-coréen" et ses airs de croûte purement conceptuelle. Tout bien considéré il ressemble à l'aboutissement de leur carrière, comme on dit dans le jargon journalistique.

Note donnée au disque :