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Mark Lanegan › Bubblegum

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born to gulo      dimanche 12 janvier 2020 - 09:35
torquemada      dimanche 12 janvier 2020 - 10:30
Raven      samedi 11 janvier 2020 - 23:59
(N°6)      dimanche 12 janvier 2020 - 10:48
EyeLovya      dimanche 12 janvier 2020 - 19:17

cd | 15 titres | 49:05 min

  • 1 When Your Number Isn't Up
  • 2 Hit The City
  • 3 Wedding Dress
  • 4 Methamphetamine Blues
  • 5 One Hundred Days
  • 6 Bombed
  • 7 Strange Religion
  • 8 Sideways In Reverse
  • 9 Come To Me
  • 10 Like Little Willie John
  • 11 Can't Come Down
  • 12 Morning Glory Wine
  • 13 Head
  • 14 Driving Death Valley Blues
  • 15 Out Of Nowhere

enregistrement

2003-2004

line up

Dave Catching (orgue, guitares), Alain Johannes (guitare, basse, batterie, batterie électrique, synthétiseur, cordes, claviers, orgue, chœurs), Mark Lanegan (chant, guitare), Wendy Rae Flower (piano, voix, chœurs)

Musiciens additionnels : Greg Dulli (chœurs sur "Metamphetamine Blues"), Pj Harvey (chant sur "Hit The City" et "Come to Me"), Josh Homme (guitare, basse, batterie), Duff Mckagan (voix sur "Strange Religion"), Nick Oliveri (basse, chœurs), Mathias Schneeberger (guitare, chœurs, piano), Izzy Stradlin (voix sur "Strange Religion"), Troy Van Leeuwen (piano, guitare), Chris Goss (guitare, piano, voix, chœurs), Mike Johnson (guitare), Tracey Chisholm (bandes, boîte à rythmes), Molly MgGuire (basse, chœurs), Aldo Struyf - (synthétiseur, piano, orgue, bandes, feedback), Keni Richards (batterie), Jim Vincent (batterie électronique), Ian Moore (chœurs), Bukka Allen (orgue), Natasha Schneider (chœurs), Joey Castillo (batterie), John Kastner (guitare, chœurs), Brett Netson (chœurs), Eddie Nappi (basse), Melanie Campbell (basse)

remarques

Sorti sous le nom du Mark Lanegan Band.

chronique

Styles
rock
blues
rock alternatif
Styles personnels
murk lanegan

Y a pas de mauvais Lanegan. Ni de meilleur. Tout dépend de l'heure, de l'humeur. Et au fond, on s'en bat les cowbells : c'est toujours mieux d'avoir plusieurs meilleurs albums qu'un seul. Mais foin de tautologies, on sait déjà quel est le Lanegan le plus garage, et le plus canaille, voire racaille : Bubblegum. Pas mâché pour faire des bulles façon baby doll : écrasé sous la grole. Sale. Pollueur. Un peu la pochette de Buzz Factory sans tons violets, pour situer l'ambiance. Étouffé, concassé. Rugueux comme un filetage de boulon. Mécanique, oui, un peu trop d'ailleurs, métronomique, autant qu'un peu artificiellement cracra-Waits. Il me passe moins fluide dans la caboche qu'à l'époque de sa découverte, je l'avoue. Et puis il a quelque chose qui me rappelle mon premier appart' les lendemains de fête, en l'écoutant j'ai l'impression de claudiquer entre des cadavres de bouteilles, d'avoir à ranger, et mal à la tête... C'est son charme, autant que son carcan. Mais si on passe outre ses airs de boîte à outils en pagaille (ou de sac de femme), y a une pincée de morceaux essentiels du Marko dans ce disque en chienlit. Un blues rock un chouia stoner, mi-laid back mi-rutilant, goût réglisse, de queutard rincé par l'excès mais dont le charisme survit crânement, comme un venin encore actif. La paupière qui tombe mais l'œil narquois, affamé. C'est manifeste rien qu'à sa liste d'invités digne d'un mariage, même si tout ce beau monde que Mark a convié est plutôt décoratif (à l'image de Police Judiciaire, qui fait une fois n'est pas coutume un très joli pot de fleur) sauf bien sûr concernant l'invité d'honneur, qui est aussi maniganceur essentiel : Josh Homme. Mec-clé, encore, le Joshua. Au moins autant qu'Alain Johannes. Bubblegum est plutôt fidèle à sa réputation de 'Lanegan finition Queens Of The Stone Age', enfin sur sa moitié environ pour sûr, et répond en quelque sorte à ceux qui fantasment d'un album de QOTSA dans lequel Mark Lanegan jouerait le premier rôle. Homme est en sidekick pour changer (et le reste des Queens avec lui), même s'il s'est collé au scénar', échange de bons procédés. Il noyaute ce Lanegan Band informe(l), le colore de sa lueur pharmaceutico-robotique. L'alliance déjà bien rodée donne, en climax, "One Hundred Days", slow sublimement interlope, charriant cet arrière-goût médicamenteux typique du rouquemoute. Mais qu'on soit Homme ou femme (applause) la patte Lanegan c'est une séduction spéciale, à la fois très directe et très subtile, qui opère dans la croûte du quotidien, à ras de canapé. Lanegan s'impose comme un accompagnateur des cuites, lendemains de cuites, et même des élans de sobriété maladive qu'il viendra menacer avec son charisme de mâle alpha vétéran du grunge. Le maître-mot ici : l'addiction. Sa maturation avancée, le pourrissement des sensations et des envies, traduit dans ce son aux dents gâtées. Ces moments de déconfiture où tout est brouillé et qu'on sait plus si on veut boire, dormir, baiser... L'album bien cadenassé et bien charbonneux, planté au milieu d'une décennie aride en albums solo. Pas encore post-rehab, Lanegan rôde en loup-garou décharné dans des rues aux tons pisseux. Soudard, soudeur, honky-tonky, guitares imbibées de tabac froid, avec une ou deux berceuses folk dépouillées dont Mark a le secret, glissées comme des petits Polaroid dans son portefeuille au cuir patiné. Un blues-rock de l'alternatif mal dégrossi, souillé avec soin, qu'on écoute comme on écouterait du R.E.M. viril. Même si ce disque m'a un peu gonflé avec le temps, comme je le disais en préambule, faut dire qu'il ronronne toujours aussi bien du transistor cabossé. Et que Mark sait y faire pour nous alpaguer d'un craquement de pierre à briquet, d'un tour de décapotable à tombeau ouvert, entre deux slows testiculaires. Un classique à la gueule de traviole, en quelque sorte, façon pot-pourri catalytique du style Lanegan... Et qui claque son mojo comme il faut sur un "Metamphetamine Blues" toujours aussi imparable, motorisé par les soupapes fumantes de sa cock-locomotive et ses dociles Laneganettes (incluant Greg Dulli !) aux roucoulements sans équivoque. "I'll do it Daddy !" Ou comment passer de Mark Lanegan à Mack Lanegan, et commettre un coup de pute notoire sur cette stéréo en décrépitude, comme tout le reste.

note       Publiée le samedi 11 janvier 2020

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born to gulo › dimanche 12 janvier 2020 - 11:23  message privé !

Field Songs est le feat. de personne, mon gars.

Note donnée au disque :       
(N°6) › dimanche 12 janvier 2020 - 10:48  message privé !
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L'enchainement des trois premiers morceaux est redoutable. Après, y a clairement à boire et à manger. Surtout à boire. C'est le côté Mark Lanegan feat. Desert Sessions qui me parle le plus là-dedans. Comme si y avait toujours la question d'être le feat. de quelqu'un avec Lanegan.

Note donnée au disque :       
torquemada › dimanche 12 janvier 2020 - 10:32  message privé !

Album tournant qui se débarrasse de tout le côté folk. J'aimerais bien que Lanegan nous refasse un virage dans le genre parce que les derniers commencent quand même à se répéter.

Note donnée au disque :