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Mark Lanegan › Whiskey for The Holy Ghost

cd • 13 titres • 49:22 min

  • 1The River Rise
  • 2Borracho
  • 3House A Home
  • 4Kingdoms Of Rain
  • 5Carnival
  • 6Riding The Nightingale
  • 7El Sol
  • 8Dead On You
  • 9Shooting Gallery
  • 10Sunrise
  • 11Pendulum
  • 12Judas Touch
  • 13Beggar's Blues

line up

Mark Lanegan (chant, guitares), Mike Johnson (basse, guitares, orgue, piano, harmonica, chœurs), Frank Cody (piano, orgue), Ted Trewhella (piano), Justin Williams (orgue), Kurt Fedora (basse), Phil Sparks (contrebasse), Dave Kreuger (violon), Mike Stinette (saxophone)

Musiciens additionnels : J Mascis (batterie), Dan Peters (batterie), Tad Doyle (batterie), Mark Pickerel (batterie), Krisha Augerot (chœurs), Sally Barry (chœurs)

remarques

chronique

Un sifflotement point de l'au-delà... Puis Mark gratte gentiment la guitare et gazouille, aussi gentil qu'un boyscout, mais rôdant comme personne dans la lumière folk. Whiskey for The Holy Ghost s'approche aimablement. Une ambiance prend racine, imprègne finement... Un goût de retour au bercail malgré la méforme, afin de forger un nouvel édifice, fragile mais beau, après le joli The Winding Sheet. Un sentiment d'apaisement, des complaintes d'une infinie douceur, relevées par cette voix âpre et nonchalante. Quasiment pas de ces guitares rugueuses-crasseuses (sinon sur "Borracho"), auxquelles on préfère de loin l'acoustique la plus cristalline, subtilement nimbée d'écho. Beaucoup moins broussailleux que Screaming Trees, et troquant l'attirail folk contre l'électrique - quoique ce solo sur le titre éponyme - avec un Mark non plus dilué dans le brouhaha rock de junkies éblouis, mais bien loti dans sa bicoque au fond de la prairie. L'omniprésence du bois face à la rouille n'est plus qu'une miette ; un certain cachet "grunge en grange" se détache de ce disque... Je pourrais presque laisser ici la chronique que j'ai écrite pour The Winding Sheet, en fait. Il me faudrait juste causer d'autres instruments très doux et très choux qui sont venus se joindre aux vagabondages spirituels de Mark. Lanegan était parait-il dans un état assez désastreux à l'époque, et la gestation a été très lente. Mais il a surmonté la procrastination et a touché quelque chose dans cette œuvre-pivot. L'un de ses plus beaux disques, sans l'ombre d'un doute, qui se mérite comme un plat longuement mijoté. Les sens troublés et l'incertitude s'entendent en filigrane, la musique semblant épanouie dans cette mélancolie tiède, au charme très subtil. Tiède mais terriblement attachant, ouais : voilà comment je décrirais au mieux cet album. Et puis cette voix de brave gaillard qui se forge tranquillement mais sûrement aux rivières de spiritueux, qui est déjà quelque chose de très spirituel, d'unique... Il y a cette pochette qui n'en reflète que très approximativement l'ambiance, aussi : "encore un album cliché de rockeur alcoolo à la Thorogood ?" entends-je persifler du fond du grenier. Non, pas exactement, voire pas du tout, amis mésanges : album folk-grunge avant tout, sans la moindre trace de vulgarité. Lamentation à l'image de son morceau-titre, d'un trentenaire aux cheveux longs qui fait une musique "plus-tradition-américaine-tu-meurs" mais solidement ancré dans sa singularité, son charme rien qu'à lui et personne d'autre. Trop délavé diront les âmes chagrines, mais à plus d'un titre merveilleux, comme par exemple sur ces "Kingdoms of Rain", "Riding the Nightingale", "Judas Touch", aussi dépouillées qu'une âme à nu. Magiques. Presque que des chansons comme ça, sur cet album tissé façon singer/songwriter folk des seventies. Des chansons qu'on peut croiser plusieurs fois sans trop y prêter attention, mais avec lesquelles on aura un jour où l'autre à causer, à creuser. Des titres qu'on dédaignera, jusqu'à se rendre compte qu'on les connaît bien, et qu'on les aime. On le réalise en se familiarisant avec ce disque sculpté avec une finesse d'artisan : il contient quelques-unes des plus belles ritournelles jamais enregistrés par Mark, et, même si je n'aime guère le terme, des classiques authentiques, comme "Carnival" ou "Pendulum". Des chansons enluminées par ces cordes de guitare quasi féériques, hantées par ces cordes vocales contre lesquelles on se loverait si on le pouvait. Whiskey for the Holy Ghost est un élixir de vague-à-l'âme. Celui du bellâtre drogué le plus attachant des années quatre-vingt-dix, muant lentement en une tendre rocaille aux songes acajou.

note       Publiée le mardi 7 janvier 2020

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Note moyenne        4 votes

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sebcircus › mercredi 8 janvier 2020 - 10:21  message privé !

Son meilleur album, en tout cas celui sur lequel je reviens.

Note donnée au disque :       
torquemada › mardi 7 janvier 2020 - 20:53  message privé !

Qu'est ce qui fait que je le tiens pour son sommet alors qu'il y en a plein d'autres qui pourrait y prétendre ? j'en sais rien mais c'est tellement bon.

Note donnée au disque :       
nicola › mardi 7 janvier 2020 - 20:10  message privé !

À chaque fois que je vois cet artiste passer ici, je lis Dick Annegarn à la place.