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John Dowland (1563-1626) › L'oeuvre pour luth

  • 2006 • Naxos 8.557862 • 1 CD

cd • 17 titres • 66:03 min

  • 1Lachrimae pavan5:24
  • 2Galliard to lachrimae2:41
  • 3Pavan (P16)5:13
  • 4The eral of essex, his galliard1:54
  • 5Pavan (P18)5:40
  • 6M.Giles Hobie's galliard1:55
  • 7Dowland's tears (I saw my lady weep, arr. North)2:09
  • 8Sir Henry Umpton's funeral5:56
  • 9Sir Langton's pavan5:48
  • 10Langton's galliard2:37
  • 11Piper's pavan5:16
  • 12Captain Digorie Piper's galliard1:54
  • 13Dowland's adieu4:58
  • 14Galliard (P30)1:59
  • 15Mignarda (Henry Noel's galliard)3:00
  • 16Lachrimae (alt. Version)5:15
  • 17Semper Dowland semper dolens4:24

enregistrement

Produit par Bonnie Silver et Norbert Kraft. Norbert Kraft (ingénieur). Enregistré du 16 au 19 juin 2005 à Saint John Chrysostom Church, Newmarket, Ontario, Canada.

line up

Nigel North (Luth)

remarques

pour un petit guide des interprétations, c'est ici : https://www.gutsofdarkness.com/god/document.php?doc=6d7bbb531481f7d9f638a39259bfe7a4

chronique

Dowland fut peut-être le plus grand luthiste de son temps. Il demeure en tout cas un des plus grands compositeurs pour l'instrument de l'histoire. A côté de sa somme de « lute songs », il laisse un corpus tout aussi important de pièces pour luth seul, majoritairement composées pour lui-même, et ainsi porteuses d'une désarmante sincérité. Privé du texte et de l'expressivité infinie de la voix, ces pièces instrumentales n'atteignent certes pas les gouffres de tristesses de certaines de ses chansons, mais la solitude du luth, son pointillisme étoilé, la délicieuse fragilité de ses harmonies en font les véhicules d'une émotion sans doute plus touchante encore, plus candide et rêveuse. On y retrouve bien sûr toute la mélancolie propre à cet âge de l'Angleterre, mais aussi, mais surtout, propre à celui qui signait parfois : « Jo. Dolandi Lacrimae ». Ce qui reste de sa correspondance témoigne de fait d'un tempérament difficile, insatisfait... vraisemblablement malheureux. Il fût diplômé d'Oxford et de Cambridge, doublon unique à l'époque, et poussa encore sa formation auprès de maîtres français, allemands, et italiens. De ce perfectionnisme acharné ne lui vint pas seulement une maîtrise technique inédite, mais aussi une diversité d'influence par laquelle il se forgera un style propre, aussi imprégné de la tradition anglaise qu'ouverte aux évolutions en cours dans le reste de l'Europe. Malgré l'adoption d'ornements issus du baroque naissant, principalement dans ses dernières pièces, il garde une écriture d'une très grande clarté, où l'on perçoit un souci constant de perfection et d'équilibre précieux, où les dentelles et joailleries mêlent leurs couleurs et leurs effets sans jamais étouffer l'éclat subtil, toujours solitaire, de la mélodie. S'il est virtuose, Dowland ne craint de fait ni la lenteur, ni le vide. Accords égrenés, arpèges et silence, chacune des notes qui tissent le chant principal est disposée au coeur d'un système limpide, et résonne au plus juste et au plus plein de sa vibration. Sur une trame harmonique tour à tour discrète ou scintillante, d'une merveilleuse poésie, se dessine alors toute la subtilité d'un mélodiste hors du commun et hors du temps, pour qui la mélancolie n'était pas simplement la mode, mais le reflet intime de sa nature profonde. Musique infime et suffisante, à la complexité volontiers cachée, merveille de l'écart harmonique, chaque pièce distille sa beauté subtile, profonde et singulière. Coin du feu, paysage de givre, croissant de lune, l'oeuvre pour luth de Dowland convoque toutes les images chères aux âmes solitaires, qui trouveront en elle une des raisons les plus élégantes et justes de ne pas vouloir changer... et contempler encore, et encore, la douce lueur de la mélancolie.

note       Publiée le vendredi 3 janvier 2020

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Sheer-khan › mercredi 8 janvier 2020 - 14:08  message privé !
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Oui très beau disque celui de North; il s'agit du recueil de pièces pour consort de violes et luth "Seven tears", dont je parlerai à l'occasion. Il y a aussi la version de Savall qui est très belle, et celle du Hather Consort avec Romina Lischka. Ce sont des pièces très particulières, les 7 Lachrimae étant des variations sur l'air de "Flow my tears", une des chansons les plus célèbres de Dowland. Ce qui donne cette impression de modernité est cette "distension" des violes, leur frottement les unes avec autres, parfois presque dissonnant... Ce jeu permanent de montée et descente, cette lenteur mènent à une sorte d'abstraction qui, de fait, sonne presque contemporain. C'est renforcé dans la version North, l'acoustique étant plus "lisse", propre que chez Savall par exemple...

Note donnée au disque :       
dimegoat › mercredi 8 janvier 2020 - 13:23  message privé !

Pas trop branché Renaissance de manière générale, je découvre ce compositeur. Pour l'époque je m'étais seulement penché sur Gesualdo et c'est bien différent. Je suis tombé sur un dixe assez récent intitulé Lachrimae, avec Nigel North accompagné du consort de violes Les Voix Humaines (Atma classique). C'est bien mais ça sonne presque trop moderne à mes oreilles, c'est étrange.

torquemada › lundi 6 janvier 2020 - 19:45  message privé !

Très sympa, le guide pour qui veut s'initier. Faudrait que je trouve le temps de comparer les 3 interprétations en lisant le texte, ça serait sûrement intéressant.

Sheer-khan › samedi 4 janvier 2020 - 23:25  message privé !
avatar

Merci à toi pour ton intérêt!

Note donnée au disque :       
Khyber › samedi 4 janvier 2020 - 14:34  message privé !

Merci pour ces chroniques, et les petits guides que tu as rédigés